Retweetée plus de 30 000 fois, cette lettre était en réalité une fausse. L'adolescente souhaitait juste « qu'on s'intéresse à elle »

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Mardi dernier, une lycéenne d'Epinal a dénoncé sur Twitter des menaces qu'aurait reçues sa nièce de 11 ans. Plusieurs journaux et médias nationaux, dont Demotivateur faisait partie, ont relayé l'histoire. Finalement, l'enquête a révélé que la jeune enfant avait tout inventé « pour que l'on s'intéresse à elle ».

Capture d'écran Twitter

Le 28 novembre 2017, une lycéenne d'Épinal (Vosges) publiait sur Twitter les lettres d'insultes et de menaces reçues par sa nièce Manon, âgée de 11 ans et élève de sixième. « Vous trouvez ça normal qu’à 11 ans ils aient des propos pareils ? » avait inscrit Ophélie Dodeman (19 ans) en guise de commentaire sur le réseau social. Bariolé de coups de surligneur et de petits dessins sur une feuille à gros carreaux et à marge rouge, le message, prétendument glissé dans le casier de la collégienne, semblait être le parfait exemple de la cruauté dont les enfants peuvent être capables.

« Tu vas crevé sale pute », « Suiscide toi » ou encore « crève meure mes fait quelque choses (sic) » : il va sans dire que le contenu des lettres en question, d'une violence et d'une méchanceté terrible, a eu tôt fait de faire réagir. Le tweet a été partagé près de 30 000 fois en l'espace de quelques jour seulement, et l'histoire est relayée par une bonne partie des médias français. Interpellées par les internautes, plusieurs personnalités médiatiques ayant à cœur le problème du harcèlement scolaire, dont Jerem Star, se sont à leur tour mises à réagir.

La machine s'emballe, Ophélie reçoit plusieurs centaines de lettres de soutien à sa petite nièce, et les parents de l'enfant portent plainte. La direction du collège où elle est scolarisée recherche activement les coupables, et une enquête est ouverte par la police.

Mais voilà : cette lettre d'insultes et de menaces avait en réalité été rédigée par... la collégienne elle-même, révèlent ce week-end nos confrères de Vosges Matin ! Le quotidien local, citant une source policière, évoque un « appel au secours ». Se sentant sans doute délaissée, l'enfant avait tout inventé afin qu'on s'intéresse à elle. Et sur ce dernier point, elle a plutôt bien réussi, bernant tout son monde — famille, internautes et journalistes compris ! 

Ophélie Dodeman, la tante de la fausse victime de harcèlement, a rapidement supprimé son tweet ainsi que son compte Twitter lorsqu'elle s'est rendu compte de la supercherie.

Une histoire fictive pour un problème malheureusement bien trop réel

S'il s'avère, heureusement, que l'affaire se termine bien (puisque la pré-adolescente n'était pas réellement menacée), cette histoire ne doit pas non plus occulter les véritables victimes du harcèlement scolaire. En effet, ce fléau des couloirs et des cours de récréation n'a, pour le coup, rien d'une fiction — il concerne près de 12% des écoliers et 10% des collégiens, et de nombreuses affaires tragiques de suicides liés aux faits de harcèlement scolaire ont émaillé l'actualité au cours de ces derniers mois.

Les victimes craignent parfois de témoigner de peur de ne pas être, justement, pris au sérieux, et peuvent également avoir tendance à minimiser eux-mêmes les faits dont ils sont victimes. Plutôt que de se confier sur les réseaux sociaux, il existe des solutions plus adaptées, anonymes et gratuites : un numéro vert, le 3020, a été mis en place afin de les aider, ainsi que la plate-forme en ligne Stop-Harcèlement.

Source : Vosges Matin
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