« It's Over » : Les États-Unis sortent de l'Unesco, suivis aussitôt par Israël

Par
2 057
Partages
inscription newsletter

Newsletter

partager sur twitter

Partager sur Twitter

Les États-Unis ont annoncé aujourd'hui, jeudi 12 octobre, leur retrait de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Le retrait prendra officiellement effet à partir du 31 décembre 2018 : à partir de cette date, Washington conservera seulement un statut d'observateur.

Selon le bimensuel américain Foreign Policy, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson aurait pris cette décision il y a plusieurs semaines à l’Assemblée générale de l’ONU, mais le département d’État aurait vivement recommandé à Washington d'attendre la désignation d’un nouveau président avant de quitter l'organisation.

Pour l'instant, il semble que deux raisons principales aient été avancées pour expliquer le rétropédalage des États-Unis : d'un côté, des raisons financières, de l'autre, un désaccord avec la politique internationale de l'organe de l'ONU — accusée d'aller à l'encontre des intérêts d'Israël. Benyamin Netanyahou, premier ministre de l'État Hébreu, a salué la décision de Donald Trump, et a annoncé la sortie parallèle d'Israël à l'Unesco

Donald Trump, le président étasunien, saluant ses partisans / Shutterstock

Le département d'État américain déclare ainsi que « cette décision n’a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des États-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants »

L'étincelle qui a mis le feu aux poudres ? La décision de l'Unesco, il y a quelques mois, de déclarer la vieille ville d'Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Cette protection met un coup d'arrêt aux ambitions d'Israël dans la région, car elle empêche la construction de nouveaux bâtiments à la place des anciennes constructions. Pour l'État hébreu, il s'agirait que d'une simple stratégie pour stopper son expansion, plus que d'un réel besoin de protection du patrimoine.

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco. L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, n'a pas pesé ses mots pour montrer son désaccord avec la décision d'accorder à Hébron le statut de « zone protégée », la qualifiant  d' « affront à l’histoire ».

Israël, de son côté, fait partie des États membres de l'Unesco depuis 1949 et n'avait jusqu'alors pas annoncé de sortie de l'Unesco. C'est désormais chose faite, ce jeudi 12 octobre, en fin d'après-midi.

La vieille ville d'Hébron, récemment sanctuarisée par l'Unesco /DR

Les États-Unis, grand allié d'Israël, avaient déjà pris leurs distances avec l'Unesco. Ils avaient ainsi décidé d'arrêter de participer à son financement en 2011, lorsque l'agence a admis la Palestine parmi ses États membres... Un signal fort, puisque la contribution de l'Oncle Sam représentait une part non négligeable de son budget (environ 22 %).

Ce ne sera pas la première fois que les États-Unis quittent l'institution. En 1984, sous la présidence de Ronald Reagan, les États-Unis s'étaient retirés de l'Unesco, là aussi pour dénoncer sa gestion. Le pays était revenu au sein de l'organisation... en 2003.

Commentaires