Les résultats ADN sont formels : les « amants de Pompéi » étaient en réalité... deux hommes

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Les « amants de Pompéi » étaient-ils homosexuels ? Ces deux moulages de deux personnes tuées lors de l'éruption du Vésuve en l'an 79 n'ont pas fini de faire parler d'eux. L'un ayant la tête reposée sur la poitrine de l'autre, on a voulu y voir un homme et une femme, tendrement enlacés… Mais selon une récente découverte rapportée la semaine dernière par l'agence Ansa, au vu des résultats d’analyses génétiques réalisées à partir des restes organiques emprisonnés dans le moulage, il s'agirait en fait de deux jeunes hommes !

Lorsqu'il a été découvert en 1914, le moulage présentait une scène si frappante et si émouvante que les deux personnages ont rapidement été surnommés « les amants ». Pour le régime fasciste de Mussolini, il ne pouvait bien sûr s'agir que d'un homme et d'une femme… Au-delà de cela, de nombreuses autres suppositions ont été faites sur ces deux personnages surpris par l'éruption du Vésuve, sur leur sexe mais aussi sur la nature de la relation qui les unissait. Ainsi, l'archéologue italien qui avait découvert les célèbres ruines avait d'abord imaginé qu'il s'agisse de deux femmes, une mère et sa fille par exemple.

Et depuis le 6 avril 2017, le voile a enfin été levé : on sait désormais avec certitude que les « amants de Pompéi » étaient en fait… deux hommes.

Image d'archive


Étaient-ils un couple homosexuel ? Même si pour l'heure rien ne permet d'affirmer la nature exacte de leur relation, les archéologues n'excluent pas cette possibilité. En effet, c'est plus que plausible, compte tenu la présence importante de l'homosexualité dans la société romaine de l'époque.

Tout ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'ils ne sont pas de la même famille, si l'on en croit leurs ADN, et qu'ils étaient deux jeunes hommes âgés d'environ 18 et 20 ans.






Évidemment, qu'il s'agisse d'un homme et d'une femme ou bien de deux hommes, dans un cas comme dans l'autre, rien ne prouve qu'il s'agit d'un couple, dans l'absolu. Il est bien difficile de deviner par leur simple position ce que ces deux personnes étaient en train de faire juste avant leur mort : les deux corps semblent être tendrement enlacés, mais il peut aussi s'agir de deux amis qui sont morts côte à côte, ou même de deux personnes en train de se battre…

On ne le saura sans doute jamais avec certitude, même si pour un souci de romantisme évident, on préfère pour notre part imaginer une dernière étreinte passionnée plutôt qu'une bagarre !

Ceci dit, la thèse du couple homosexuel n'est pas écartée par les historiens, loin de là, elle est même extrêmement plausible : dans la Rome antique, l'homosexualité était très présente, comme en attestent de nombreux écrits, et elle était en fait bien moins taboue que dans la société actuelle. Elle était pratiquée par Cicéron, Jules César, et même Néron qui prendra publiquement l'un de ses esclaves comme époux. En réalité, on peut considérer les romains comme bisexuels : le distinguo entre hétérosexualité et homosexualité n'avait pas vraiment de sens dans la civilisation romaine, puisque dans leur conception de l'amour et du sexe, il y avait une différence très nette entre le plaisir charnel, le devoir reproductif pour les besoins de la patrie, et la passion amoureuse proprement dite. Plus que l'orientation sexuelle, c'était davantage la position adoptée par les amants suivant leur statut social qui pouvait être condamnée comme étant « contre nature » : ainsi, s'il était normal (et même obligatoire) pour un esclave de se soumettre aux désirs de son maître, il était en revanche très mal vu qu'un homme libre soit sexuellement passif, puisque de leur point de vue le citoyen romain devait par essence se montrer dominateur, et donc actif.

Image d'archive

Mais dans le cas de nos « amants de Pompéi », qu'il s'agisse d'un maître et de son esclave, de deux hommes libres, d'amis, d'amants, d'ennemis ou même de parfaits inconnus que le hasard à fait mourir côte à côte, on risque de spéculer encore longtemps sur la nature exacte des relations qui unissaient ces deux trépassés restés figés à jamais dans la roche. Une seule chose est certaine : il s'agit de deux jeunes hommes.

« On ne peut pas affirmer que les deux personnages étaient amants, mais compte tenu de leur position, on peut le supposer. Cependant, il est difficile de le déterminer avec certitude », indique Massimo Osanna, le directeur des fouilles de Pompéi, au Corriere del Mezzogiorno.
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