Ne culpabilisez pas de « glander » : ne rien faire est vital, et ce médecin nous explique pourquoi

Par
34 676
Partages
inscription newsletter

Newsletter

partager sur twitter

Partager sur Twitter

 
Ce n’est pas un scoop : au quotidien, notre cerveau reçoit de nombreuses sollicitations qui proviennent d’acteurs extérieurs. Quelquefois, pour notre bien, il serait bon de tout éteindre, d’appuyer sur mute afin de faire le vide en soi. Mais ce n’est pas si simple… Difficile en effet de ne rien faire dans un monde où les bourreaux du travail sont couronnés de reconnaissance. Pourtant, selon ce scientifique, ne rien faire de temps en temps serait nécessaire, sinon vital.
Le monde dans lequel nous vivons fourmille de personnes successful et inspirantes. Ces mêmes personnes jurent à qui veut l’entendre qu’elles n’ont jamais le temps de rien, qu’elles sont passablement débordées, car sollicitées de toutes parts. Perfectionnistes, passionnés, volontaires et enthousiastes, l’ambition à toute épreuve de ces travailleurs effrénés leur permet de déplacer des montagnes. Le travail, souvent considéré comme une charge, devient alors un véritable hobby.

On ne peut s’empêcher de regarder ces accros au travail avec une pointe d’envie. Nous aimerons nous aussi ressentir toute cette considération nous parcourir, mais surtout cette passion dévorante… mais où trouvent-ils donc toute cette motivation ?

Vêtus de notre pyjama Winnie L’Ourson et emmitouflés dans notre plaid, nous aimerions nous aussi suivre le chemin d’un Steve Jobs, d’un Mark Zuckerberg, d’une Mariah Carey ou bien d’une Beyoncé. Et finalement, on se sent un peu comme une grosse patate, à force de binge watcher une énième série Netflix. À l’instar du paresseux, icône absolue du royaume sacré des internets, perché sur son hamac et le visage éternellement amusé, nous glandons sur notre petit canap’ Ikea, dans l’espoir secret de changer nous aussi la face du monde. Comme Beyoncé, oui.
@Polygram
Si vous nous lisez encore, sachez pourtant que nous allons ébranler d’un revers de la main tout votre univers fait de plaisirs coupables et de soirées sous la couette. Selon le neurochirurgien Caennais Francis Eustache, ne rien faire le dimanche aprèm est une chose absolument vitale pour votre moral, mais aussi pour votre mémoire. Oui, VITALE.

Le scientifique, qui officie au CHU de Caen, en Normandie et qui travaille principalement sur la mémoire traumatique (Il s’est récemment lancé, avec son équipe, dans une étude qui se déroulera pendant 12 ans sur le cas des survivants aux attentats perpétrés le 13 novembre 2015 à Paris) explique, dans un reportage consacré à l’art de ne rien faire pour France Télévisions, que lorsque l’on ne fait rien, une activité cérébrale vitale se met en place. Ce phénomène, nous l’appelons le « mode par défaut ».

Le « mode par défaut » désigne ces instants d’oisiveté, faits de voyages de la pensée, ces pensées qui vont et qui viennent, ces mêmes instants qui nous permettent de consolider notre mémoire : « On se tourne vers nos pensées, on se tourne vers des informations récentes, auxquelles on a été confronté. Notre cerveau va permettre de faire en quelque sorte une synthèse entre ces informations nouvelles ou relativement nouvelles et des informations plus anciennes. […] C’est un des temps indispensables à la création de notre autobiographie. Si on n’a pas ces moments, notre autobiographie va manquer de pages, mais surtout une cohérence d’ensemble » explique le neurochirurgien.

Chill 8000

Vous adorez ne rien faire et vos proches ne le comprennent pas ? On vous a trouvé une excuse pour chiller 8000, sans complexe. On se relaxe devant « Plus de temps, moins de stress » : http://pluzz.francetv.fr/videos/plus_de_temps_moins_de_stress.html.

Posted by francetv zoom on Monday, December 5, 2016


Nous sommes stimulés en permanence par des éléments extérieurs.
Constamment sollicités par nos responsabilités personnelles et professionnelles, mais aussi par nos ordinateurs et nos smartphones, nous croulons, parfois sans le savoir, sous un flux astronomique d’informations.

Et si vous mettiez fin, pour quelques heures seulement, à l’hyperstimulation que vous vivez au quotidien ? Et si, le temps d’un dimanche après-midi, vous fermiez le robinet des informations ? Cette fois, ne culpabilisez plus : c’est pour la bonne cause. Protégez votre « mode par défaut ».

Pour visionner le reportage dans son intégralité, rendez-vous ici.
Commentaires