Entre menaces et provocations, les États-Unis et la Corée du Nord sont à l'aube d'une guerre nucléaire

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Alors que l’ONU vient d'adopter un durcissement sensible des sanctions contre la Corée du Nord, le pays asiatique a rejeté ces décisions et a même émis la possibilité de «faire feu» autour d’une île du Pacifique abritant une partie de la flotte américaine.

Après le lancement, ces derniers mois, de missiles balistiques intercontinentaux par la Corée du Nord, la tension est à son comble entre Trump et Kim Jong-un. Aucun des deux leaders ne desserre les dents et n’envisage une possible réconciliation. Bien au contraire, chacun pense faire feu sur l’autre. Sommes-nous à l’aube d’une guerre nucléaire ?

Crédit photo : Facebook D.J.Trump

Le mardi 8 août, Trump a oublié sa diplomatie en répondant de façon cinglante à Kim Jong-un, président de la Corée du Nord. Face aux menaces de Pyongyang, capitale du pays, de faire de Séoul une « mer de flammes » et de « faire payer un millier de fois les États-Unis », le président américain a répliqué brutalement et annoncé une réaction d’une ampleur « que le monde n’a jamais vue jusqu’ici ». Il lui promet même le « feu et la colère » si celle-ci continue de menacer son pays. « La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis » a-t-il déclaré. 

Ce mercredi, c’est au tour des Nord-Coréens de répondre aux menaces américaines. Ils envisageraient de bombarder l’île de Guam, dans le Pacifique, à l’aide de missiles à portée intermédiaire. Cette île est chère aux États-Unis puisqu’elle accueille une partie de l’armée américaine regroupant un escadron de sous-marins, une base aérienne et un groupe de gardes-côtes.. Cette annonce a été relayée par KCNA, l’agence de presse officielle nord-coréenne, qui confirme qu'« actuellement, le pays étudie avec attention le plan opérationnel afin de faire feu sur les zones situées autour de Guam avec une fusée balistique à portée intermédiaire Hwasong-12 ». Ce projet sera réalisé « dès que Kim Jong-un, le commandant suprême de la force nucléaire, le décidera ». 

Des propos très inquiétants de la part d’un pays menaçant qui a déjà montré la puissance de sa force militaire et de son programme nucléaire. Actuellement, le pays aurait « la totalité du territoire américain dans son champ de tir » selon KCNA.

Pour autant, comme à son habitude, Donald Trump ne s’est pas laissé démonter et a lui aussi menacé la Corée du Nord cet après-midi sur son compte Twitter. Selon lui, « l’arsenal nucléaire américain est plus fort et plus puissant que jamais auparavant ». Il espère qu’ils n’auront jamais à utiliser leur puissance et il a ajouté qu’ils seront toujours la nation la plus puissante du monde.

Cette guerre d’ego et ces menaces inquiétantes sont fortement critiquées par la scène internationale. Comme l’Allemagne, certains pays appellent même « à la retenue ». Notre capitale prône la « désescalade » face à ce risque. Avec cette situation, nous retomberions presque dans la course à l’armement que se menait les États-Unis et la Russie (l’ancienne URSS) durant la guerre froide. Espérons que cela ne soit pas le cas et que la Corée du Nord, considérée comme « une menace mondiale », adopte une certaine retenue et refrène ses ambitions démesurées et ses menaces.

Les sanctions de l'ONU pourraient coûter à ce pays 1 milliard de dollars de revenus annuels. Cela va-t-il être suffisant pour stopper les plans de la Corée du Nord ? Seul le temps nous le dira. Si ce n’est pas le cas, une démilitarisation du pays pourrait être envisagée. Alors que le maire de Nagasaki incite le Japon à participer aux négociations sur la limitation des armes nucléaires, le désarmement nucléaire pourrait, dans le futur, être une solution pour stopper ces confrontations américano-nord coréennes.

Source : Le Monde
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