« Il n'y a aucun argument moral qui ne tienne pour infliger des souffrances non nécessaires et des tortures incessantes à des êtres vivants sensibles » : 26 ONG signent un manifeste pour que les souffrances animales cessent

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Droits de l’homme, droit des femmes, abolition de l’esclavage… Même s'il reste encore (évidemment) beaucoup à construire, force est de constater que des progrès significatifs ont été faits au cours des derniers siècles. Pour certains, cependant, il y a un domaine dans lequel notre société humaine reste encore fondamentalement injuste et immorale, dans l’indifférence générale : notre rapport aux animaux, et la manière dont la souffrance animale est présentée dans la loi.

La Fondation Brigitte Bardot, 30 millions d’amis, L214, Peta, la SPA, Sea Shepherd … Au total, ce sont 26 organisations de protection animale qui se sont réunies au sein d’un collectif nommé « Animal Politique » afin de publier un manifeste, destiné aux candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives. Le but : introduire la question de la condition animale dans le débat politique, et pousser les politiques (et futurs politiques) à « prendre publiquement position sur le contenu [du manifeste]», selon le groupe.

eelv - Europe Ecologie Les Verts


Les mesures concernées par le document sont classées en diverses catégories, selon le type d’exploitation animale auquel elles se rattachent : élevage, expérimentation scientifique, spectacle (cirque), animaux de compagnie, mais aussi la gestion de la faune sauvage. Il s’agit d’interroger la place des animaux dans notre société, et d’aborder la notion de « droits des animaux ». Petit passage en revue des différentes propositions :


1. Élevage

L’élevage à des fins alimentaires est le principal mode d’exploitation des animaux : chaque heure dans le monde, nous tuons 120 millions d’animaux — en une semaine, plus d’animaux sont tués que toutes les victimes humaines de toutes les guerres !

À ce sujet, les associations appellent à « interdire les cages et les conditions d’élevage incompatibles avec les besoins physiques et comportementaux des animaux » en favorisant l’élevage en plein air, et en mettant fin à l’exploitation dite « en batterie ». De même, les pratiques d’élevage considérées comme douloureuses et cruelles pour les animaux, tel que la castration à vif, l’arrachage des cornes, mais aussi… le gavage.

Pour ce qui est des conditions de vie et d’élevage des animaux, les associations appellent à « limiter la durée des transports d’animaux vivants» qui subissent un stress énorme entre le moment de l’élevage et celui de l’abattage et sont souvent transportés entassés, sans nourriture ni eau. Cela signifierait qu’il faudrait impérativement mettre un terme à leur exportation hors de l’Union Européenne.


2. Abattage

Après les vidéos chocs de L214 démontrant la maltraitance dans les abattoirs, les associations proposent de rendre l’étourdissement obligatoire et systématique avant la mise à mort. De même, les animaux devront impérativement être morts avant d’être dépecés et découpés, sous peine de sanctions. À l’heure actuelle, ce n’est pas toujours forcément le cas (des vidéos tournées en caméra cachée par L214 montrent des animaux découpés et saignés alors qu’ils se débattent encore)


3. Cirques, combats de coqs et corridas

Là aussi, la proposition est radicale et va droit au but : la pratique de la corrida devrait, pour le collectif, être purement et simplement abolie. Le texte propose aussi de lutter contre les combats de coqs (actuellement encore autorisés dans certaines régions), d’interdire la présence d’animaux sauvages et domestiques dans les cirques


4. Animaux sauvages et animaux de compagnie

Les associations veulent reconnaître à l’animal sauvage des droits similaires à ceux des animaux domestiques : le statut juridique d’être vivant doué de sensibilité, qui jusqu’à présent était réservé aux animaux de compagnie. De même, toujours pour ce qui est des animaux de compagnie, le collectif souhaite prohiber la cession d’animaux par les particuliers « sur les sites marchands et les réseaux sociaux » et les euthanasies « non justifiées médicalement ».

© www.matthieuricard.org


Matthieu Ricard, qui a participé au lancement du manifeste, estime qu’il s’agit d’une mesure nécessaire « C’est le prochain pas de civilisation, après l’abolition de l’esclavage, de la torture et la reconnaissance des droits des hommes et des femmes, affirme le moine bouddhiste, dans des propos rapportés par le journal Le Monde. Il n’y a aucun argument moral qui ne tienne pour infliger des souffrances non nécessaires et des tortures incessantes à des êtres vivants sensibles. »


Et vous, qu’en pensez-vous ? Trouvez-vous que le collectif a vu juste, ou bien pensez-vous certaines propositions trop compliquées à mettre en place
Source : Le Monde
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