Deux physiciens français ont percé le mystère de la dyslexie ouvrant la voie à un traitement

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Dans une étude publiée dans la revue «The Royal Society», Albert Le Floch et Guy Ropars, deux physiciens à l’université de Rennes 1, expliquent les secrets de la dyslexie qu’ils viennent de découvrir.

Selon ces deux chercheurs, le mystère de la dyslexie est surtout une question de symétrie trop parfaite des taches de Maxwell qui se trouvent dans les yeux. Cette tâche, qui doit son nom à un célèbre physicien du XIXème siècle, a la particularité de ne pas laisser la lumière bleue :

« Dans chaque œil, nous avons ce que l’on appelle une tache de Maxwell (…). Chez les gens non dyslexiques, ces tâches ne sont pas les mêmes. Celle de l’œil directeur est parfaitement circulaire tandis que l’autre a plutôt une forme de patate diffuse » explique Albert Le Floch.

Il poursuit : « Si par exemple vous regardez la lettre «b», votre œil va parfaitement l’imprimer dans une partie de votre cerveau tandis qu’une image inversée fantôme, donc un «d», sera stockée dans une autre partie. Mais le cerveau ne tiendra pas compte de cette lettre fantôme ».

Ouest-France

Et c’est bien là que réside toute la différence puisque les deux physiciens ont découvert que les personnes dyslexiques avaient deux taches de Maxwell identiques et parfaitement symétriques : « Ils n’ont pas l’œil droit ou gauche directeur et l’image fantôme de la lettre ne va pas s’effacer ». Ainsi, leur cerveau ne sait plus quelle lettre il doit sélectionner.

Leur étude a été menée sur deux groupes de personnes : un avec 30 étudiants dyslexiques et un autre avec 30 étudiants non-dyslexiques. Et les résultats leur ont donné raison: « Nous avons compris ce mécanisme et également mis au point un système de lampe de lecture qui permet de corriger cette anomalie. Nous espérons que ça pourra déboucher sur de nouvelles approches de traitement de la dyslexie ».

Pour rappel, la dyslexie est une altération spécifique et significative de la lecture. On parle de dysorthographie quand il s’agit d’une altération spécifique de la production d’écrit de l’orthographe. Une anomalie qui se révèle notamment dès les premières phases de l’apprentissage de l’alphabet.

Dans le monde, 10% de la population est atteinte de dyslexie, soit 700 millions de personnes. Cette découverte pourrait donc permettre d’ouvrir la voie à de nouveaux traitements.

Source : Ouest France
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