Au Salvador, les anciens guérilleros misent tout sur le bio et ont interdit tous les pesticides de Monsanto

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Plus petit État d'amérique centrale, le Salvador défie aujourd'hui les géants de l'agrobusiness. Après avoir débarassé le pays de la junte militaire qui le contrôlait au début des années quatre-vingt dix, les anciens révolutionnaires du FMLN livrent aujourd'hui une nouvelle bataille. 

Le FMLN, composé d'une coalition de 5 guerrillas marxistes qui s'étaient unifiées pour combattre la dictature d'extrême droite lors de la guerre civile, s'est ensuite désarmé pour se convertir en parti politique, après que son existence ait été autorisée légalement, une fois le retour à la démocratie obtenu.

En 2009, le parti parvient pour la première fois à faire élire l'un de ses candidats, Mauricio Funes, à la présidence de la République du pays. Depuis, les ex-guerrilleros, désormais pacifiques, sont passés de la révolution rouge... à la révolution verte.

Leur ambition : viser l'autosuffisance alimentaire et produire une alimentation 100% bio, accessible à tous. Pour cela, ils n'ont pas attendu Nicolas Hulot pour bannir, de leur côté, le glyphosate... et en prime, ils ont aussi interdit l'usage de 53 autres produits chimiques, jugés dangereux ! Parmi eux, la totalité des intrants chimiques signés Monsanto.


Salvador : les pesticides hors la loi

Comme on peut le constater dans ce reportage signé France 2, les choses ne sont pas si faciles qu'elles y paraissent : si certains agriculteurs ont acccepté le fait d'avoir des plants un peu moins productifs mais respectueux de l'environnement et de la santé du consommateur, d'autres préfèrent toujours les semences de Monsanto, encore autorisées pour l'instant, aux semences produites par l'État, moins productives.Pour les autorités, il y a donc aussi tout un travail d'éducation vis-à-vis de la population qui doit être fait. 

Certains voient déjà avec scepticisme la tentative de ce petit pays en voie de développement, à l'économie fragile, de sortir totalement de l'agriculture conventionnelle et de se mettre au 100% bio : en effet, ce mode de culture n'est pas le plus facile à mettre en place pour produire des richesses, ce qui pourrait laisser craindre un appauvrissement de la population.

Mais les pouvoirs publics paraissent plutôt confiants... et de notre côté, on ne saurait leur souhaiter l'échec et on ne peut au contraire qu'espérer qu'ils réussissent à relever le défi, très ambitieux, qu'ils se sont fixés. Cela pourrait motiver certains pays du Nord à faire de même, et à leur emboîter le pas. L'objectif du 100% bio n'est pas aussi irréalisable que l'on peut l'imaginer, comme l'a récemment prouvé une enquête approfondie sur la question. 

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Source : France 2
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