À Paimboeuf, les pensionnaires et le personnel d'une maison de retraite ont entamé une grève pour dénoncer les mauvaises conditions de vie et de travail

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La maison de retraite de Paimboeuf, en Loire-Atlantique, est en pleine souffrance ! La semaine dernière, les 5 agents de l’établissement et les 58 pensionnaires ont entamé une grève, pour dénoncer leurs conditions de vie et les conditions de travail. Leurs témoignages décrivent un quotidien, qui ne permet pas de gérer convenablement le fonctionnement de la maison de retraite et pose de nombreux problèmes.

Depuis déjà quelque temps, les employés se retrouvent débordés, en manque d’effectif, et travaillent à la chaîne. Notamment au moment des bains, comme l’explique l’une des aides-soignantes auprès de Ouest France : «  En gros, nous disposons de quinze minutes pour la toilette de chaque personne. C’est la chaîne. On n’a pas le temps de discuter et pourtant, elles sont très en demande. S’il y avait plus d’échanges, il y aurait moins d’antidépresseurs et de somnifères . Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’établissement des Opalines, qui avait entamé la grève « la plus longue de France » il y a quelques semaines.

L’une des pensionnaires, Juliette Abellard, est dépendante des aides-soignantes pour se lever, se coucher et se laver, depuis qu’une maladie atrophie ses muscles. Elle raconte que sa dernière douche et son dernier shampooing remontent à il y a trois semaines. Une éternité, qui montre bien les conditions de vie déplorables dans la maison de retraite, qui facture ses résidents 2 000 € par mois.

Crédit photo : Femme âgée avec son soignant à la maison / Shutterstock

Les résidents critiquent ce triste quotidien qui n’équivaut pas à une vie selon eux. Jeanine Pichavent décrit, à 84 ans, des horaires variables, des conditions insupportables : « On ne me lève jamais à la même heure  9 h, 11 h 30… Tout dépend de la tournée du jour. Le soir, je suis couchée à 19 h 30. Je ne vois pas très bien, alors la TV, je ne la regarde pas trop. Je reste là à attendre. Attendre le sommeil ».

Crédit photo : Ouest France

Les aides-soignantes sont bien conscientes des dysfonctionnements et ne sont pas satisfaites de cette réalité. L’une d’entre elles confie ressentir de la honte en raison du travail mal fait : « C’est très dur de rentrer chez soi avec le sentiment du travail mal fait. Maintenant j’ai honte de la manière dont on les traite. Dans quelques années, c’est moi qui serai résidente ici. Et je n’ose pas imaginer dans quelles conditions ». Guillaume Gandon, qui est animateur permanent, décrit un quotidien d’ennui : «  On estime qu’un résident dort huit heures, a quatre heures trente de soin et, au mieux, deux heures d’animations. Le reste ? C’est un ennui que nous-mêmes, on ne supporterait pas  ».

Crédit photo : Infirmière qui sert de lanourriture dans une maison de retraite / Shutterstock

La direction a annoncé avoir engagé des employés supplémentaires pour que les soignants puissent prendre leurs vacances. Trois jeunes en contrat de service civique ont été recrutés pour renforcer l’animation des personnes âgées.

Source : Ouest France
Maison de retraite Grève
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