Voilà ce qui se passerait au commissariat si l'on traitait un homme de la même manière qu'une femme, agressée sexuellement

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Lorsqu'une femme porte plainte au commissariat pour viol ou agression sexuelle, il arrive souvent, si l'on en croit les témoignages des victimes, qu'elles doivent faire face à des questions déplacées, des réactions condescendantes ou paternalistes, voir des réflexions insinuant qu'elle porte une part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé.

C'est un comportement malheureusement assez banal, et qui n'est d'ailleurs pas le propre des commissariats ni de certains fonctionnaires de police : cela s'appelle le « victim blaming », tout le monde s'y adonne (hommes comme femmes) et il y a déjà eu un bon nombre d'études sociologiques à ce sujet. Il s'agit d'une tendance humaine à vouloir expliquer de manière logique et morale un acte inqualifiable et incompréhensible moralement (le viol, par exemple), en rejetant une partie de la faute sur la victime, en la désignant de facto comme ayant une part de responsabilité, comme pour mieux s'expliquer l'inexplicable.

Comme l'explique très justement cet article de Psychology Today, le « victim blaming » nous permet aussi inconsciemment de nous sentir nous-mêmes moins vulnérables car, en mettant en cause l'imprudence ou la tenue soi-disant provocante de la victime, cela nous permet de nous rassurer et se dire que cela ne pourra pas nous arriver, à nous aussi. Cela nous permet, d'une certaine manière, de préserver en nous l'illusion que le monde est juste, logique, qu'il récompense les gentils, punit les méchants, et que chacun récolte ce qu'il mérite.

Voilà pour l'explication psychologique. Le problème, c'est que lorsqu'on est victime d'une agression sexuelle, ce type de comportement et de discours est extrêmement destructeur.

Nos confrères du HuffPost ont sous-titré en français cet excellent sketch de la BBC, diffusé vendredi dernier, qui montre par l'absurde à quel point ces réflexions sont en fait malsaines lorsqu'on les reçoit du côté de la victime. En transportant avec humour les réflexions dans une autre situation (un homme qui se fait racketter sa montre), on voit bien tout ce que ces réflexions ont de malsain et de ridicule :



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Source : H.T Huffington post / BBC
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