Il découvre un serpent dans son abri de jardin en plein hiver : en France, la loi lui interdit d'y toucher, sous peine de jusqu'à 150 000 euros d'amende

Tas de bois, garage, vide sanitaire : les serpents s'y abritent pour l'hiver. En France, les tuer ou les déplacer est interdit et lourdement puni.

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En ce moment, les serpents cherchent où passer l'hiver, et le tas de bois, l'abri de jardin ou le vide sanitaire d'une maison font partie des cachettes qu'ils recherchent. En France, les tuer, les capturer ou les déplacer est puni par la loi, jusqu'à trois ans de prison et 150 000 euros d'amende.

Pourquoi ils doivent se cacher sous terre

Un serpent ne fabrique pas sa propre chaleur. Sa température dépend de celle de l'air, et une chute brutale du thermomètre peut la faire descendre à un niveau mortel. Dans les régions où l'hiver est rude, il ralentit donc tout son organisme et se met au repos. Chez les reptiles, les scientifiques parlent de brumation plutôt que d'hibernation, car le mécanisme diffère de celui des mammifères. Matt Goode, chercheur à l'université d'Arizona, en résume la logique : quand il fait trop froid pour chasser ou se reproduire, autant ne rien faire.

Pourquoi gaspiller de l'énergie ?

Selon la société Rentokil, spécialiste de la lutte contre les nuisibles, cette pause peut commencer entre septembre et décembre et durer jusqu'en mars ou avril, selon la météo. Un redoux peut réveiller un serpent plus tôt que prévu.

Encore faut-il trouver le bon abri. Le serpent doit descendre sous la limite du gel, explique Jeff LeClere, spécialiste des reptiles cité par le département des ressources naturelles de l'Iowa : sinon, des cristaux de glace se formeraient dans son corps et le tueraient. Comme il ne sait pas creuser, il emprunte ce qui existe déjà : fissures profondes dans la roche, terriers abandonnés, vieux puits, grottes. Un même gîte d'hiver peut accueillir un seul serpent ou des milliers.

Les cachettes qu'ils choisissent près des maisons

Autour des habitations, un espace calme et abrité vaut bien un terrier. Rentokil cite les vides sanitaires et les caves, les chaufferies, les garages, les abris de jardin, les tas de bois, les tuyaux restés ouverts et les zones de stockage. On en retrouve aussi dans le compartiment moteur des voitures ou dans les cartons de décorations de fêtes qu'on ne déplace presque jamais.

En France, la LPO rappelle que les murets en pierres sèches, les tas de bois et les haies servent d'abris à de nombreux animaux, notamment pour hiberner. Certaines espèces passent l'hiver à plusieurs : une étude publiée en 2018 dans The Herpetological Journal a suivi des gîtes d'hiver collectifs de vipères aspic en Italie et en France.

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Interdit de les tuer ou de les déplacer

Découvrir un serpent dans son garage en plein hiver ne donne aucun droit sur lui. L'arrêté du 8 janvier 2021 protège treize espèces de serpents présentes en métropole, des couleuvres aux quatre espèces de vipères. Il est interdit de les tuer, de les mutiler, de les capturer ou de les enlever, partout et en toute saison. Pour dix d'entre elles, dont la vipère aspic, la couleuvre verte et jaune et la couleuvre d'Esculape, détruire ou dégrader leurs lieux de repos est aussi interdit.

Les vipères figurent parmi les espèces menacées des listes rouges nationale et régionales. Un plan national d'actions leur est consacré pour la période 2025-2030.

Ce qu'on peut faire avant les grands froids

La parade consiste à rendre la maison moins accueillante avant qu'un serpent ne s'y installe. Un serpent ne perce pas de trou, il profite de ceux qui existent. Rentokil conseille de boucher les interstices autour des tuyaux, des câbles, des fenêtres et sous les portes, de tondre l'herbe court et de tailler les arbustes loin des murs. Le bois de chauffage se range sur une palette, à au moins 30 centimètres du sol. Limiter les souris et les rats, qui attirent les serpents, aide aussi. Inutile de compter sur la naphtaline : selon Rentokil, aucun de ces répulsifs n'a fait ses preuves.

Si un serpent est déjà entré, la LPO recommande de ne pas le toucher, de rester à environ 1,5 mètre, d'éviter les gestes brusques et de le prendre en photo pour faire identifier l'espèce par une association naturaliste locale.

Source : Iowa DNR & Plan national d'actions Vipères

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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