Une dauphine chasse avec un coquillage géant : trois minutes plus tard, son petit s'en empare à son tour

En Australie, une dauphine a été vue en train de capturer des poissons à l’aide d’un coquillage. Son comportement a ensuite été imité par son petit, preuve de l’intelligence des dauphins.

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Au large d’Hervey Bay, sur la côte est de l’Australie, une dauphine a remonté une grande coquille contenant un poisson. Trois minutes après qu’elle l’a lâchée, son petit a manipulé le coquillage de la même manière. Filmée le 1er octobre 2025, cette scène offre un indice d’apprentissage auprès de la mère, sans prouver que les deux animaux ont réussi à manger leur proie.

Cette technique de chasse, appelée « shelling », n’avait jusqu’alors fait l’objet de publications scientifiques qu’à Shark Bay, en Australie-Occidentale. Les observations de l’University of the Sunshine Coast, réalisées dans le parc marin de Great Sandy, étendent donc sa présence documentée à l’autre côté du continent. L’étude a été publiée le 8 août 2026 dans Marine Mammal Science.

Une coquille vide utilisée pour capturer des poissons

Concrètement, le dauphin poursuit un poisson jusque dans une grande coquille vide, comme celle d’un escargot de mer géant. Il la remonte à la surface avec son rostre, puis la secoue pour faire glisser la proie dans sa gueule. Le coquillage sert d’outil : ce n’est pas lui que le dauphin cherche à manger.

Une première scène avait été observée le 6 juillet 2025. Une femelle adulte solitaire, identifiée sous le nom de Stevie Nicks, avait manipulé une coquille de Melo amphora et l’avait soulevée hors de l’eau avant de la laisser tomber. La pluie avait interrompu le suivi, sans permettre de confirmer la capture d’un poisson.

Alexis Levengood, spécialiste du comportement animal et des mammifères marins, raconte sa réaction dans le communiqué de l’université :

“Nous étions à bord d’un bateau de recherche au large d’Hervey Bay lorsque nous avons aperçu un dauphin qui sortait quelque chose de gros de l’eau. J’ai commencé à crier parce que je sais à quoi ressemble le shelling.”

Trois minutes après sa mère, le petit reprend la coquille

La deuxième observation concerne une mère, Maserati, et son petit, Bentley. Le 1er octobre 2025, à 9 h 01, la femelle fait surface avec une coquille alors qu’un drone filme la scène. Un poisson s’en échappe ; elle abandonne aussitôt le coquillage pour le poursuivre. La visibilité sous l’eau ne permet pas de savoir si elle le rattrape.

À 9 h 04, Bentley apparaît avec la coquille au même endroit, le rostre engagé dans son ouverture comme sa mère. Le jeune animal la frappe contre la surface. Des photographies montrent aussi un poisson dépassant de l’ouverture, mais là encore, aucun repas réussi n’est confirmé.

Dans son commentaire sur ces images, Alexis Levengood avance une interprétation prudente :

“Nos images constituent la première preuve potentielle de transmission sociale maternelle, un processus par lequel les petits apprennent un comportement en observant les actions de leur mère.”

Le mot « potentielle » compte : l’étude souligne que son petit échantillon ne permet pas de conclure à une transmission maternelle. Des observations supplémentaires seront nécessaires pour déterminer comment cette technique s’acquiert.

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Un comportement déjà étudié à Shark Bay

L’apprentissage auprès de la mère n’exclurait pas celui auprès d’autres dauphins. Une étude publiée en 2020 dans Current Biology, menée par Sonja Wild et ses collègues, avait montré que le shelling pouvait se diffuser en dehors du lien mère-petit. Les chercheurs avaient combiné les données comportementales, génétiques et environnementales pour examiner les voies de transmission de cette pratique à Shark Bay.

Entre 2007 et 2018, cette équipe avait documenté 42 épisodes chez 19 dauphins, au fil de plus de 5 200 rencontres avec des groupes. Selon l’université de Constance, ces chiffres sous-estiment probablement la fréquence réelle du comportement : une manipulation ne dure parfois que quelques instants et peut facilement échapper aux observateurs. Une technique rarement filmée n’est donc pas forcément aussi rarement pratiquée.

À Hervey Bay aussi, son histoire remonte plus loin que les sorties scientifiques de 2025. L’équipe a retrouvé des photographies prises lors d’excursions de Blue Dolphin Marine Tours en 2013 et en 2019. Elles indiquent que des dauphins utilisaient déjà des coquilles dans cette population bien avant la publication de l’étude. La nouveauté tient à sa documentation scientifique hors de Shark Bay, ainsi qu’à cette succession de gestes entre une mère et son petit.

Sources : Marine Mammal Science et University of the Sunshine Coast

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Lisa Guinot

Au sujet de l'auteur :

Journaliste web avec 5 ans d'expérience en rédaction print et digitale, j'assure actuellement le suivi de l'actualité généraliste et des faits de société pour Demotivateur. Spécialisée dans les thématiques liées à l'environnement et à la cause animale, je m'attache à décrypter les enjeux climatiques et sociétaux avec rigueur. Mon expertise couvre également la vie pratique et le journalisme de solutions (Good News).

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