Une ado de 14 ans creuse une mare dans le jardin de ses parents : neuf ans plus tard, crapauds, rainettes et colibris s'y sont installés seuls

Maggie a creusé une mare de 3,7 mètres dans son jardin. Neuf ans plus tard, la nature y a recréé un écosystème foisonnant et autonome.

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En 2017, Maggie Johnson a 14 ans. Elle vit en Virginie, aux États-Unis. Son professeur d’agriculture lui donne un devoir pratique. Elle décide de créer une mare dans le jardin familial. Armée d’une pelle, elle attaque la terre. L’idée est simple : construire un petit point d’eau naturel. Neuf ans plus tard, en 2026, ce bassin accueille des amphibiens, tandis que papillons et colibris fréquentent ses abords.

Le projet prend naissance à l’automne 2017, dans la vallée de Shenandoah. Son père en raconte l’évolution dans le magazine National Wildlife, le 26 mars 2026. Il décrit une faune variée, sans donner de dénombrement précis des animaux. Ce petit refuge ne s’est pas constitué en un jour : les premiers visiteurs sont arrivés rapidement, puis la famille a poursuivi les aménagements.

3,7 mètres de diamètre creusés à la force des bras

Maggie délimite un cercle d’environ 3,7 mètres de diamètre. Elle creuse la terre pour créer le relief de son bassin. Une fois le trou terminé, elle dépose une bâche au fond pour retenir l’eau. La famille participe ensuite à l’aménagement des contours avec de la terre, des pierres et des plantes.

La jeune fille soigne particulièrement la végétation. Elle sélectionne des plantes d’eau douce et des variétés mellifères. Ses parents, Anna Maria et Steven David Johnson, apprennent eux aussi à utiliser les plantes indigènes pour accueillir la faune. Au printemps 2018, la mare se remplit d’eau au rythme des pluies.

Les plantations ne s’arrêtent pas aux berges. La famille ajoute ensuite des nénuphars blancs dans le bassin pour offrir des abris aux amphibiens et aux petits invertébrés aquatiques. L’eau et la végétation environnante constituent ainsi deux composantes du projet : les animaux fréquentent aussi bien la mare que les fleurs qui l’entourent.

Crapauds, colibris et rainettes : un refuge naturel inattendu

La nature réagit très vite. Quelques semaines après la mise en eau, de premiers crapauds détectent ce nouvel habitat. Ils s’y installent pour pondre leurs œufs. Selon le récit familial, il s’agit de crapauds d’Amérique, arrivés alors que l’aménagement des berges n’était même pas terminé.

Au fil des mois, la population s’agrandit. Des grenouilles rejoignent la mare. Des rainettes versicolores, de petits amphibiens capables de changer de couleur pour se camoufler, colonisent les plantes autour du bassin. Les fleurs mellifères attirent également une faune volante variée. Les papillons et les colibris viennent y butiner.

grenouille dans la marre

Le père de Maggie, Steven David Johnson, est photographe professionnel. Il documente l’évolution de ce point d’eau au fil des années. Ses images montrent un écosystème foisonnant. La famille n’a acheté et introduit aucun de ces animaux. Tous ont trouvé le chemin de la mare par leurs propres moyens.

Ses photographies permettent aussi de voir ce que ces visiteurs viennent chercher. Un colibri à gorge rubis se nourrit du nectar des fleurs cardinales ; un papillon sphinx visite une lobélie. À la surface du bassin, Maggie remarque également une araignée pêcheuse, que son père photographie.

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600 dollars pour protéger les amphibiens

Dans son témoignage, Steven David Johnson explique que la mare fonctionne sans filtre. Cela ne signifie toutefois pas que la famille a cessé de s’en occuper. Après environ 160 dollars dépensés pour la bâche, les plantes et les outils de jardinage, les Johnson ajoutent chaque année pour environ 100 dollars de végétaux.

En 2025, la famille Johnson décide de sécuriser cette oasis. Les chats du voisinage menacent les petites grenouilles. Maggie et ses parents investissent 600 dollars pour installer une clôture protectrice autour de la zone. Le père situe cet aménagement à l’été 2025 et indique qu’il a aidé la population de grenouilles.

Maggie

Le jardin des Johnson est également certifié « Certified Wildlife Habitat » par la National Wildlife Federation. Il s’agit d’une reconnaissance associative, pas d’un classement public en réserve naturelle. Le programme porte sur les ressources offertes à la faune : nourriture, eau, abris et lieux de reproduction. La démarche passe par une demande de certification, et non par une récompense spontanément décernée au jardin.

Une colonisation rapide, qui dépend aussi des alentours

Comment des animaux trouvent-ils si vite un nouveau point d’eau ? Les travaux de Marceau Minot apportent un éclairage sur les libellules. Dans sa thèse soutenue le 2 octobre 2020, le chercheur a étudié leur colonisation de 20 mares normandes pendant les trois années suivant leur création ou leur restauration. Les taux de colonisation étaient élevés dès la première année, avec davantage d’espèces généralistes au début.

Le paysage environnant comptait aussi : la composition des communautés variait selon le caractère forestier ou ouvert du milieu. L’abondance des libellules était liée à la densité des plans d’eau alentour. Ces résultats ne mesurent pas la réussite du bassin de Maggie, mais éclairent une limite concrète : une mare ne fonctionne pas indépendamment de son voisinage. Chez les Johnson, le récit, également présenté par Futura Sciences, décrit un bassin dont la végétation et les visiteurs continuent d’évoluer au fil des années.

Sources : National Wildlife, récit de Steven David Johnson et thèse de Marceau Minot, résumé sur theses.fr

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Céline Gautier

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Journaliste

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