Shelley Couzins, 58 ans, a d'abord cru avoir déterré un bijou fantaisie. L'objet qu'elle a sorti d'un champ de l'île de Sheppey, dans le Kent, en Angleterre, est en réalité une croix médiévale en or. Selon des estimations relayées en ligne, il pourrait valoir au moins 24 000 euros.
La découverte remonte au mois d'août. Cette grand-mère de cinq petits-enfants, qui vit à Lordswood, prospectait ce jour-là avec son club de détection de métaux, Medway History Finders, rapporte l'agence britannique SWNS. Après cinq heures de recherche, elle n'avait trouvé que des déchets.
Un bip à l'heure du déjeuner
Vers l'heure du déjeuner, son détecteur se met à sonner. Elle creuse. À 30 centimètres sous la surface d'un champ fraîchement labouré, elle découvre une petite croix dorée, intacte.
« J'ai cru que c'était un bijou fantaisie, parce que je ne pensais pas trouver un jour quelque chose comme ça », raconte-t-elle à SWNS (propos traduits de l'anglais).
C'est en rejoignant la tente du groupe pour boire une tasse de thé qu'elle comprend. Les autres membres lui confirment qu'il s'agit d'or véritable. Le club garde secret l'emplacement exact du champ, par crainte des pilleurs qui fouillent les terrains la nuit.
Une croix qui s'ouvre
L'objet pèse 10,6 grammes. Il a été identifié comme une croix reliquaire médiévale. D'un côté figure la crucifixion du Christ, de l'autre la Vierge Marie portant l'enfant Jésus. Une perle est encore accrochée à sa base. Shelley Couzins pense qu'il y en avait trois à l'origine.

Une goupille permet d'ouvrir la croix, qui abritait en général un objet de dévotion. La détectoriste n'a pas osé y toucher, de peur de l'abîmer.
Le London Museum conserve une croix très proche, datée du XVe siècle, avec la même crucifixion, la même Vierge à l'Enfant et une goupille au sommet. À l'intérieur se trouve un fragment de bois pris dans de la cire. D'après le musée, son propriétaire était presque certainement persuadé qu'il venait de la croix du Christ, l'une des reliques les plus recherchées du Moyen Âge.
Pas question de la garder
Comme il s'agit d'or, la croix relève de la loi britannique sur les trésors. Shelley Couzins a dû la remettre à un agent chargé de recenser les découvertes archéologiques. Le British Museum l'examine actuellement et doit lui dire s'il souhaite l'acquérir.
« J'étais complètement dégoûtée, parce que j'aime garder tout ce que je trouve. Je sais que je ne la reverrai probablement jamais », confie-t-elle.
Elle ne repartira pas forcément les mains vides. Au Royaume-Uni, toute découverte pouvant constituer un trésor doit être signalée au coroner, qui tranche. Si un musée veut l'objet, un comité d'experts indépendants, le Treasure Valuation Committee, fixe sa valeur de marché. Selon le gouvernement britannique, la récompense est normalement partagée à parts égales entre celui qui a trouvé l'objet et le propriétaire du terrain.
Les 24 000 euros n'ont donc rien d'officiel. Shelley Couzins dit elle-même ignorer combien vaut sa trouvaille. Elle espère un lien avec Henri VIII et Anne Boleyn, dont l'histoire est associée à l'île, tout en reconnaissant que rien ne permet d'affirmer que la croix leur a appartenu.
Ce n'est pas sa première trouvaille
Passionnée de détection depuis quatre ans, elle avait déjà remis aux autorités un tiers de guinée en or de 1822 et une bague médiévale en argent. Cette fois, elle se dit heureuse que sa croix parte là où elle doit aller, plutôt que de dormir dans son placard.
