« La Thaïlande c'est pas fait pour nous » : partis y vivre, ces grands-parents français quittent le pays après seulement 4 mois

Famille qui manque, chaleur insupportable, frais médicaux à avancer : Phil et sa compagne quittent la Thaïlande quatre mois après s'y être installés

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Il y a quatre mois, Phil et sa compagne posaient leurs valises en Thaïlande pour y refaire leur vie. Dans quinze jours, ils reprendront l'avion pour la France. Ce Français, qui avait lui-même raconté son projet d'expatriation sur sa chaîne YouTube, s'est confié à William, le créateur de la chaîne william&thai, lors d'une interview tournée à Koh Tao, quelques jours avant le départ.

Pas de colère dans son récit, plutôt un bilan sans détour. « J'ai fait des erreurs, je les reconnais », admet-il. Il a d'abord vécu ce retour comme un échec, avant de le voir autrement : « une expérience qui n'a pas marché ». Il cite trois raisons.

Des petits-enfants qui pleurent devant la caméra

La première, et de loin la plus lourde, c'est la famille. Phil parle d'« un gros tiers » de la décision. Le couple échange chaque jour en visio avec ses enfants, et les petits-enfants « pleurent devant la caméra parce qu'on est loin », raconte-t-il. Les repas partagés et le contact physique avec les petits-enfants leur manquent bien plus qu'ils ne l'avaient imaginé.

On pensait pas que ça nous manquerait autant.

Le couple était pourtant venu plusieurs fois en Thaïlande avant de s'y installer. Mais toujours pour de courts séjours, et Phil reconnaît aujourd'hui s'être fait des illusions sur ce qui l'attendait.

Une perfusion à l'hôpital chaque semaine

La goutte d'eau, c'est sa santé. Phil explique que son corps « ne supporte pas la chaleur ». Maux de ventre, maux de tête « affreux », déshydratation : il décrit des allers-retours hebdomadaires à l'hôpital pour se faire poser une perfusion, alors qu'il boit beaucoup d'eau. Interrogé sur le plus gros point noir du pays, il répond sans hésiter : la chaleur, même s'il reconnaît être tombé en pleine saison chaude.

Au départ, le couple s'était donné jusqu'à la fin de l'année pour décider. Puis sa compagne lui a confié qu'elle non plus n'en pouvait plus, et la décision a été prise à deux.

Ses soucis de santé ont aussi révélé un piège qu'il n'avait pas anticipé. Son assureur lui avait promis qu'il n'aurait aucun frais à avancer. Sur place, on lui a pourtant présenté un devis de 35 000 bahts, soit près de 900 euros selon lui, à payer d'avance. Sa compagne, tombée malade début février, n'a toujours pas été remboursée. Il conseille désormais de privilégier l'hôpital public, moins cher. En Thaïlande, les cliniques privées exigent souvent un dépôt avant les soins, sauf si l'assureur leur envoie directement une garantie de paiement.

Langue, argent : une adaptation plus dure que prévu

La troisième raison tient à l'adaptation au pays. Dès l'arrivée, le couple estime s'être « fait un peu avoir » sur l'appartement, puis avoir été sollicité pour de l'argent à répétition. S'y ajoute la barrière de la langue : Phil se débrouille en anglais, mais sa compagne ne le parle pas. Il met en garde contre des personnes qui, selon lui, voient les étrangers comme « un porte-monnaie sur pattes », en précisant aussitôt que ce n'est « pas tous » les Thaïlandais.

L'argent n'est pas la raison principale de leur départ, mais la déception est réelle. Entre les courses au supermarché et les marchés, le couple s'est rendu compte qu'il dépensait autant qu'en France pour se nourrir. Les prix de l'essence, qui ont flambé avec la crise autour de l'Iran, les ont aussi poussés à limiter leurs excursions. Début avril 2026, le litre d'essence dépassait les 50 bahts en Thaïlande. Phil l'assure : « on a perdu pas mal d'argent » dans l'aventure.

Un parcours à l'opposé de celui de ces parents qui racontaient avoir vendu leur maison 400 000 euros pour une villa avec piscine à 815 euros par mois en Thaïlande.

« Viens juste 3 mois »

Quand on lui demande ce qu'il dirait à celui qui bouclait ses valises quatre mois plus tôt, Phil répond en riant :

Viens juste 3 mois.

Selon lui, trois mois sur place suffisent pour savoir si l'on peut rester. Ne pas avoir fait ce test est la « grosse connerie » qu'il reconnaît, même si beaucoup de gens les avaient prévenus. À ceux qui hésitent, il conseille de se renseigner longuement, de regarder des vidéos d'expatriés et de bien vérifier les conditions de leur assurance santé.

Il n'en garde pas moins de bons souvenirs : les amis rencontrés sur place, le snorkeling avec des requins le matin même à Koh Tao, un tigre aperçu, et des services qu'il juge « en avance » sur la France. En Thaïlande, on peut manger à toute heure du jour et de la nuit. La porte n'est pas complètement fermée. Le couple a un billet retour pour la Thaïlande et passera d'abord un mois en France avant de trancher. « Pour l'instant, on est dans l'optique de rester en France. »

Source : william&thai (YouTube)

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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