Ils devaient partir un an en camping-car. Dix ans et plus de 170 000 kilomètres plus tard, Karen et Myles Davies, 58 et 59 ans en mars dernier, n'ont jamais repris leur ancienne vie.
Leur véhicule de 7,5 mètres, baptisé « Scoobie », est leur seule résidence. Avec lui, le couple britannique a traversé une trentaine de pays, de la Norvège au Maroc et du Portugal à l'Estonie.
Des années de travail jusqu'à l'épuisement
Karen et Myles se rencontrent en 1988 dans une compagnie d'assurance de Cheltenham et se marient l'année suivante. Ils passent ensuite près de vingt ans sur l'île de Man, puis s'installent en 2012 à Milverton, dans le Somerset. Ils y mènent plusieurs activités de front, dont une maison d'hôtes.
Nous travaillions constamment de longues heures. On en est arrivés à un point où on ne pouvait tout simplement plus continuer à vivre comme ça.
Ces mots de Karen, traduits de l'anglais, ont été recueillis par le Wellington Weekly News. Le déclic arrive en 2015, lors d'un voyage de six semaines en Nouvelle-Zélande dans un camping-car de location. Myles propose ensuite un tour d'Europe d'un an. Karen accepte, et le couple prend la route début 2016.
Six mois pour décider de ne plus rentrer
L'année sabbatique n'a pas tenu longtemps. En septembre 2016, le journal local donnait déjà de leurs nouvelles. En six mois, ils avaient parcouru environ 12 000 kilomètres dans six pays et annonçaient leur décision de devenir voyageurs à plein temps.

Pour financer cette vie, ils s'appuient sur plusieurs revenus. Myles gère un bien locatif dont le couple est propriétaire, ainsi que des investissements. Karen est professeure de yoga, écrit des récits de voyage et des livres numériques, et propose du coaching. Le couple raconte aussi son périple sur son blog, The Motoroamers.
Moins de 2 300 euros par mois, tout compris
Sur la route, Karen et Myles dépensent entre 1 700 et 2 300 euros par mois, selon SWNS. Avant leur départ, la location de leur logement leur coûtait à elle seule environ 1 560 euros mensuels. Au Maroc, où ils ont passé l'hiver pour la quatrième fois, une place de camping leur revient à environ 8 euros par jour, d'après Karen.
Je pensais avoir besoin de la sécurité d'une maison, mais je me suis rendu compte que non. Nous avions notre foyer avec nous, simplement sur roues.
Tout n'est pas idyllique pour autant. Karen évoque sans détour les pannes, le mauvais temps et les jours où rien ne se passe comme prévu. Le Brexit a aussi changé leur façon de voyager. Comme tous les Britanniques, ils ne peuvent plus séjourner que 90 jours sur une période de 180 jours dans l'espace Schengen. Karen explique que l'Espagne et le Portugal, saturés de camping-cars, les ont poussés vers des destinations moins fréquentées.
Prochaine étape : les Balkans
Le couple ne compte pas revenir à une vie classique. Pour marquer ses dix ans de route, il a publié un livre, Heels, Wellies and Flip Flops. Après l'Estonie, la Lettonie et l'hiver marocain, Karen et Myles visaient la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, le Monténégro, le Kosovo et la Serbie. La Serbie est déjà cochée : en septembre, leur blog racontait leur passage à Subotica, dans le nord du pays. À plus long terme, ils évoquent même les Philippines.
Source : Wellington Weekly News
