Ils montent les murs de leur maison de 140 mètres carrés avec des blocs de polystyrène remplis de béton : à 26 ans, ce couple estime économiser 114 000 euros

Dans le Somerset, Hannah et Charlie Bird empilent des blocs isolants comme des Lego, puis les remplissent de béton. Ils ont réalisé 80 % du chantier eux-mêmes.

Ajoutez-nous à vos sources préférées

Pas de briques ni de parpaings : à 26 ans, Hannah et Charlie Bird montent les murs de leur maison avec des blocs creux en polystyrène, qu'ils remplissent ensuite de béton. En réalisant eux-mêmes 80 % du chantier, ce couple du Somerset, en Angleterre, estime économiser 114 000 euros.

Hannah est blogueuse voyage, Charlie golfeur professionnel. Leur future maison de 140 m² s'élève à Burnham-on-Sea, une petite ville balnéaire du sud-ouest de l'Angleterre, sur un terrain d'environ 1 000 m² acheté 80 000 euros en juin 2022. Au départ, le couple voulait rénover. Dans le secteur, les maisons à retaper se vendaient autour de 228 000 euros, parfois sans toit.

Le neuf ne les attirait pas davantage. Dans les lotissements récents du coin, une maison de deux chambres démarre à 428 000 euros. Et plusieurs de leurs amis avaient vu leurs escaliers ou leurs canalisations céder deux semaines après l'emménagement.

Des blocs qui s'emboîtent comme des Lego

Le déclic a lieu en décembre 2023, dans un salon de la construction. Hannah et Charlie y découvrent le système ICF, pour « Insulated Concrete Formwork ». Les blocs en polystyrène expansé s'empilent à sec, sans mortier. On glisse des armatures en acier dans le creux, puis on y coule du béton. Le polystyrène reste en place et isole le mur des deux côtés.

Hannah Bird sur la maison en construction

Le couple envoie ses plans au fournisseur, qui calcule le nombre de blocs nécessaires et dépêche un technicien sur le terrain pour leur montrer la pose. Le reste, ils l'apprennent en route, en vérifiant leurs gestes sur Instagram et TikTok. Les premiers rangs, jusqu'à la barrière anti-humidité, sont montés en quelques jours. Hannah a décrit la différence à l'agence britannique SWNS (propos traduits de l'anglais) :

Ce qu'un maçon mettait une semaine à faire, nous le faisions à deux en une heure.

217 000 euros, terrain compris

Le chantier démarre en avril 2024, une fois accordé le permis pour une maison de deux chambres avec bureau. Premier travail : défricher, clôturer et refaire l'accès, un chemin de deux mètres de large où Hannah passait tout juste avec sa Mini. Le couple le recouvre d'enrobé recyclé, que Lauren, la sœur de Hannah, aplanit au volant d'un rouleau compresseur loué.

En prenant en charge l'essentiel des travaux, les Bird évitent environ 34 000 euros de main-d'œuvre. Hannah chiffre le projet complet à environ 217 000 euros, terrain inclus. Dans le détail publié par SWNS, la structure en blocs, béton et acier représente environ 46 000 euros, la toiture et les fenêtres environ 25 000 euros. Au bout : 140 m², deux chambres, un bureau, un garage et huit places de stationnement. Charlie tient à sa goulotte à linge, et le couple veut un plancher chauffant.

La suite après cette vidéo

Plus cher que la brique à l'achat

Le polystyrène n'explique pas à lui seul l'économie. Selon le magazine britannique Homebuilding & Renovating, une construction en ICF coûte en général 5 à 15 % de plus qu'une construction classique en briques et blocs de béton. L'écart se resserre grâce au temps et à la main-d'œuvre gagnés. Le même guide observe que la plupart des autoconstructeurs confient le coulage à des spécialistes : mal étayés, les blocs peuvent se déformer ou céder sous la pression du béton liquide.

En France, le procédé porte le nom de bloc coffrant isolant. Un constructeur spécialisé, Toki France, évalue les blocs seuls entre 25 et 70 euros par mètre carré de mur, sans compter le béton, les aciers et la pose.

Un emménagement repoussé

Fin novembre 2025, la maison était à mi-parcours. La toiture devait être posée sous peu et les tranchées pour l'eau et l'électricité étaient presque terminées. Le couple, hébergé chez ses parents entre deux voyages, espérait emménager à l'été 2026. Mi-octobre 2026, l'agence de presse italienne AGI rapporte que les Bird en sont aux dernières finitions.

Ils ne comptent pas y passer toute leur vie. Revendre avant deux ans leur coûterait une lourde taxe, explique Hannah. Le goût du chantier les a déjà gagnés : ils ont commencé à repérer des maisons à rénover dans le secteur.

Source : SWNS & AGI

Suivez-nous sur Google

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

À lire aussi