Il achète une vieille coque de bateau 575 euros sur eBay et en fait un navire pirate pour y vivre : 41 000 euros plus tard, il pourrait devoir tout démolir

Un Britannique de 35 ans vit dans une vieille coque de bateau de pêche devenue navire pirate, au bord de la Severn. Il l'a construite sans permis.

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Sam Griffiss a payé 575 euros une vieille coque de bateau de pêche sur eBay. Deux mois de chantier plus tard, il vivait dedans, au bord d'une rivière anglaise, dans un navire pirate qu'il croit unique au Royaume-Uni. Il n'avait jamais demandé de permis de construire.

Ce Britannique de 35 ans, ancien ouvrier du bâtiment, a baptisé sa maison The Daisy May. Elle est posée sur un terrain de 100 m² au bord de la Severn, à Bewdley, petite ville du Worcestershire. Il y vit depuis janvier 2026. En février, le conseil du district de Wyre Forest confirmait que la propriété faisait l'objet d'une enquête.

Une coque des années 1970 dénichée sur eBay

Tout commence par une séparation. Sam Griffiss vend sa maison en juillet 2025 et décide d'investir presque toutes ses économies dans une vie hors réseau. Il possède déjà le terrain, acheté quelques années plus tôt pour environ 32 000 euros. Il y avait d'abord imaginé une simple cabane pour ses canoës, mais le conseil réclamait trop de détails et le projet n'a jamais vu le jour.

Le navire pirate The Daisy May construit par Sam Griffiss sur son terrain au bord de la Severn, à Bewdley, en Angleterre

Sur eBay, il repère un petit bateau de pêche des années 1970, à coque à clin, qui travaillait dans l'estuaire de la Tamise. Un Londonien avait commencé à le restaurer sans jamais finir. Sam Griffiss va le chercher avec une remorque. Un ami lui prête une pelleteuse pour déblayer le terrain et rehausser les berges, afin de protéger le bateau des crues. Il explique son choix sans détour à l'agence SWNS :

J'ai choisi un bateau parce qu'on m'avait dit qu'il n'y avait pas besoin de permis de construire.

Un sauna au feu de bois et une cabine sur pilotis

La transformation lui coûte environ 29 000 euros. L'ancien bateau devient un navire pirate habitable, complété par une cabine perchée sur pilotis. Il s'offre aussi un sauna mobile chauffé au bois, à près de 12 700 euros. Au total, environ 41 000 euros, sans compter le terrain.

À bord, aucun raccordement. Il récupère l'eau de pluie et tire son électricité de générateurs et de panneaux solaires. Il cuisine et se chauffe avec des poêles à bois, des réchauds de camping et un chauffage au diesel. Toilettes et salle de bains se trouvent dans un cabanon. Seule l'eau chaude au robinet lui manque : il la fait chauffer à la bouilloire.

Le décor compense. Ses caméras de surveillance ont déjà filmé des muntjacs, de petits cerfs venus d'Asie. Depuis la berge, il dit même entendre rugir les lions du West Midlands Safari Park, tout proche.

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Une adresse pour accueillir sa fille

Le trentenaire reconnaît avoir construit sans autorisation, faute d'autre endroit où vivre. Il a lui-même signalé son navire au conseil en janvier et espère obtenir un permis a posteriori. Sans lui, pas d'adresse officielle, et pas de logement fixe où recevoir sa petite fille.

Il rêve aussi d'ouvrir le site au public sous le nom de Connection Club, un lieu de bien-être en plein air avec tir à l'arc, lancer de hache, pêche et canoë. Il a déjà tout le matériel.

Auprès de l'agence Jam Press, il affirme n'avoir reçu aucune plainte à sa connaissance. Les promeneurs, dit-il, s'arrêtent souvent pour discuter. Il s'attend malgré tout à ce que le conseil exige la démolition, et prévient qu'il ne lâchera rien.

D'autres ont gagné dans des situations similaires, alors je vais continuer à me battre.

Interrogé en février, le conseil de Wyre Forest refusait de commenter un dossier en cours, au nom de la confidentialité. Aucune décision n'a été relayée depuis par la presse britannique.

Source : SWNS & Need To Know

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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