En Virginie-Occidentale, Cheri et Bob Smith ont fait installer au fond de leur jardin une tiny house d'environ 33 m² sur le thème des trains pour leur fils Bobby, autiste. Neuf mois plus tard, ils décrivaient une vie de famille transformée.
Le 11 août 2024, Bobby Smith a dormi pour la première fois de sa vie dans un logement à lui. Sa maison mesure environ 33 m² et se trouve à quelques pas de celle de ses parents. Au printemps 2025, le jeune homme a 21 ans et ses parents racontent son quotidien sur Instagram, TikTok et Facebook.
Bobby a été diagnostiqué autiste à l'âge de 2 ans. Il vit aussi avec une déficience intellectuelle, un trouble obsessionnel compulsif (TOC) et une épilepsie. Pendant des années, ses parents décrivent une vie « difficile mais gérable ».
Le confinement a tout fait basculer
Tout change avec le confinement lié au Covid-19. L'école ferme, les repères disparaissent. Les rituels de Bobby, liés à son TOC, envahissent la maison. « Nous n'avions aucun répit les uns des autres », ont confié ses parents à Newsweek.
Les médecins et les travailleurs sociaux évoquent alors un placement en établissement. Cheri n'arrive pas à s'y résoudre. Le couple envisage même de vendre sa maison pour en faire construire une plus grande. Dans une vidéo, la mère de famille raconte avoir lancé à son mari : « Je n'en peux plus. »
L'idée arrive un jour, devant la fenêtre qui donne sur le jardin. Cheri Smith s'en souvient auprès de Newsweek (propos traduits de l'anglais) :
J'ai demandé à Bob si on pouvait installer une tiny house ou un camping-car dans notre jardin. Il a dit oui.
Les Smith tracent l'emplacement à la bombe de peinture sur la pelouse. Ils visitent plusieurs constructeurs avant de trouver le bon. Une heure après le début de la conception, les plans sont prêts. Quatre semaines plus tard, la maison est livrée.
Une façade rouge, un panneau « Train Tickets » et pas de cuisinière
Bobby adore les trains, alors toute la maison s'en inspire. La façade est rouge, comme les t-shirts qu'il aime porter. Au-dessus de la porte, ses parents ont accroché un panneau « Train Tickets » trouvé sur Amazon. Des rampes et des échelles complètent le décor extérieur, selon le site Homecrux.
@bobbystinyhouseworld Our solution to give some independence to our 20 year old son with profound autism is this backyard tiny home. He’s been living here for over 4 months and it’s going better than we could have ever imagined! #autism #profoundautism #autismadult #autismparenting #independentliving #tinyhouse ♬ Home - Matthew Hall
À l'intérieur, la salle de bains se trouve à droite de l'entrée, avec lavabo, toilettes et douche. Le salon accueille un canapé avec rangements et un bureau. Un coin cuisine discret réunit un micro-ondes, un frigo et un évier. La chambre, avec son lit simple, donne sur une petite terrasse.
Certains équipements manquent volontairement. Il n'y a ni four ni plaques de cuisson, ni lave-linge, ni sèche-linge, ni télévision. Des caméras de sécurité filment l'intérieur et l'extérieur pour que ses parents puissent veiller sur lui.
Neuf mois sans une seule crise
Selon ses parents, les effets ont été immédiats. Bobby, qui se nourrissait surtout de nuggets et de frites, s'est mis à manger des fruits, des légumes et des viandes variées. Les crises et l'agressivité ont disparu. Sur TikTok, Cheri a fait le bilan au bout de neuf mois (traduit de l'anglais) :
Bobby vit dans sa tiny house depuis 9 mois. 9 mois sans crise, sans agressivité, 9 mois à goûter de nouveaux aliments sans difficulté. Il est plus heureux, mon mari et moi sommes plus heureux.
Les tâches du quotidien, comme sortir les poubelles, passent mieux elles aussi. Selon sa mère, Bobby coopère davantage parce qu'il est chez lui. Ses parents reconnaissent que cette solution ne conviendrait pas à toutes les familles.
La vidéo qui les a fait connaître dure 14 secondes. Publiée sur Instagram le 13 mai 2025, elle montre Bobby traverser le jardin pour venir chiper une pelle de glaçons dans la cuisine de ses parents. Elle a récolté plus de 117 000 « j'aime ». Pour Cheri et Bob, qui profitaient simplement de leur matinée, cette scène banale était « monumentale ».
