Elle voyait des jeunes femmes quitter leur famille d'accueil à 18 ans sans logement : elle veut leur construire un village de tiny houses, une maison chacune

À Shreveport, une association prépare un village de petites maisons pour les jeunes femmes qui quittent leur famille d'accueil à 18 ans sans logement.

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Elle les voyait quitter leur famille d'accueil à 18 ans, sans personne vers qui se tourner. Pour certaines, Christi Robinson ne sait toujours pas ce qu'elles sont devenues. À Shreveport, en Louisiane, son association veut leur offrir un endroit bien à elles : un village de tiny houses, avec une seule occupante par maison.

Christi Robinson a fondé Faith and Fostering après avoir vu combien certaines jeunes femmes peinaient à s'adapter à la vie une fois sorties du placement.

« J'avais le cœur brisé, parce que j'avais peur qu'on les perde », a-t-elle confié à la chaîne locale KTAL (propos traduits de l'anglais).

Des tiny houses pas si petites

Les plans présentés en février 2025 prévoient 18 maisons. La plupart mesureront entre 46 et 56 m² et n'accueilleront qu'une personne. Quelques-unes iront jusqu'à 74 m², avec une chambre, pour une jeune mère et son enfant.

Le terrain, lui, n'a rien coûté. En 2023, l'association a reçu en don une maison et environ 2 hectares dans le sud de Shreveport. La maison a été rénovée pour devenir le bâtiment administratif, avec un logement pour le personnel présent à plein temps. Elle a été inaugurée le 14 février 2025.

Deux ans pour apprendre à vivre seule

Faith and Fostering existe depuis mars 2020. L'association accompagne des jeunes de 18 à 24 ans sortis du placement, garçons et filles, avec un logement meublé, une aide aux études, des cours pour gérer le quotidien et une formation à l'emploi. Le but est qu'ils deviennent autonomes en deux ans.

Christi Robinson y tient : son association est un programme de formation, pas un hébergement de longue durée. Elle n'accueille que des volontaires, jamais de jeunes envoyés par un tribunal. Dans le futur village, les résidentes apprendront à tenir un budget, à faire leurs courses, à entretenir leur maison et à obtenir leurs papiers d'identité ou leur acte de naissance.

Barbara Lewis, chargée des relations publiques de l'association, a elle-même grandi en famille d'accueil. Beaucoup de ces jeunes ne peuvent pas rentrer chez eux, explique-t-elle, parce que l'environnement familial y est dangereux ou que les liens sont rompus.

« Notre objectif ultime, c'est qu'elles deviennent autonomes et stables », résume-t-elle (propos traduits de l'anglais).
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En France, un sans-domicile sur quatre est passé par un foyer

La sortie du placement n'est pas un problème américain. En France, l'enquête de l'Insee et de l'Ined sur les sans-domicile, menée en 2012, a montré qu'un sans-domicile né en France sur quatre avait été placé en foyer ou en famille d'accueil.

Le plus dur reste à financer

Le village n'est pas encore sorti de terre. En juin 2024, l'association annonçait avoir réuni près de 82 000 euros pour la première phase. En février 2025, Christi Robinson expliquait qu'il faudrait trouver près de 1,9 million d'euros avant de lancer la construction des maisons.

La collecte avance. Début mai 2026, Faith and Fostering a organisé sa toute première soirée de levée de fonds, un loto en tenue de soirée dans un country club de Shreveport. D'après KTAL, la première phase du projet est terminée et l'argent va désormais à la deuxième. Le nombre de maisons annoncé oscille entre 12 et 18 selon les étapes, et aucune date d'ouverture n'a été fixée. Pour aider, l'association accepte les dons en ligne et cherche des bénévoles pour assurer des trajets.

Source : KTAL & KTAL (mai 2026)

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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