En pleine pandémie, la propriétaire de leur location leur demande de rendre la maison. Edna Dantas et sa fille Maria Gabrielly Dantas doivent trouver un autre endroit où vivre sur l'île d'Itamaracá, au nord-est du Brésil. Elles décident de le construire elles-mêmes, avec ce que les touristes laissent derrière eux : des bouteilles en verre.
Quelques années plus tard, leur Casa de Sal compte sept pièces sur environ 70 m². Près de 8 000 bouteilles sont prises dans ses murs.
Des bouteilles ramassées à quelques pas de chez elles
Mère et fille vivent près de la Praia do Sossego, dans l'État de Pernambouc. Sur cette île touristique, le verre s'accumule sur le sable, dans la mangrove, sur les terrains vagues et au coin des rues.
Edna a longtemps travaillé dans des coopératives de recyclage, rapporte Xataka Brasil. Sa fille vient de la mode durable. Ensemble, elles ont fondé Cabrochas, un projet de mode responsable né d'une friperie il y a une dizaine d'années.
Elles n'ont pas eu à aller loin. Selon un reportage du site brésilien Ecoa UOL publié en 2021 et repris par le média espagnol Ecoticias, les bouteilles posées jusque-là venaient d'un rayon de 500 mètres autour du chantier.
Posées debout, une à l'endroit, une à l'envers
Le chantier démarre le 1er mai 2020. Chaque bouteille est nettoyée, puis posée à la verticale au lieu d'être couchée. Les rangées alternent une bouteille à l'endroit, une à l'envers, scellées avec un mélange de ciment et de sable. Le soleil traverse le verre et projette des reflets colorés dans les pièces.
Mère et fille revendiquent une première mondiale.
La Casa de Sal, d'après nos recherches, est la première maison au monde qui utilise des bouteilles en verre à la verticale dans sa construction.
Maria Gabrielly Dantas l'affirmait au Correio Braziliense en 2025 (propos traduits du portugais). Xataka Brasil rappelle que ce record n'a pas été confirmé de façon indépendante : en Thaïlande, le temple Wat Pa Maha Chedi Kaew utilise des bouteilles posées debout depuis bien plus longtemps.
Un toit en tubes de dentifrice posé avec les voisins
Le reste vient aussi de la récupération. Les cloisons sont faites en bois de palettes. Pour la toiture, elles ont choisi des plaques fabriquées industriellement à partir de tubes de dentifrice recyclés, selon Ecoa UOL cité par Xataka Brasil. Les tubes n'ont donc pas été assemblés à la main un par un.
Ce toit, elles ne l'ont pas posé seules. Amis et voisins sont venus aider, comme pour le sol, a raconté Maria Gabrielly au journal Brasil de Fato. En janvier 2021, un peu plus de la moitié de la maison tenait debout après six mois de travaux, avec environ 5 000 bouteilles.
En juillet 2021, le compteur affichait 6 000 bouteilles et quatre pièces. Il a ensuite grimpé jusqu'à 8 000. La durée totale du chantier varie selon les médias brésiliens, de deux à cinq ans.
13 000 bouteilles ramassées sur l'île
Aujourd'hui, la Casa de Sal sert à la fois de logement, de lieu d'éducation à l'environnement et d'hébergement pour les voyageurs. Edna et Maria Gabrielly leur font découvrir les plages, la mangrove, la cuisine locale et les habitants qui vivent de la mer, comme les ramasseuses de coquillages.
Leur collecte ne s'est pas arrêtée aux murs. Selon le site de Cabrochas, plus de 13 000 bouteilles ont été récupérées entre la construction de la maison et les actions menées sur l'île. Une partie a servi à fabriquer des poubelles collectives, précisait le Correio Braziliense en 2025.
Source : Brasil de Fato & Cabrochas
