Leur maison de quatre chambres était posée sur le mauvais terrain. Juste avant Pâques 2026, David et Melanie Moor, un couple de retraités de Camperdown, dans l'État de Victoria en Australie, l'ont vue partir sur un camion, coupée en deux, pour rejoindre la parcelle qui leur appartient vraiment, à une centaine de mètres.
Selon ABC News, qui suit l'affaire depuis 2025, le couple a déjà dépensé environ 300 000 euros dans ce projet. Et la facture n'est pas close.
Un terrain visité avant même d'être découpé
Tout commence en août 2021. Les Moor cherchent un coin tranquille pour leur retraite. Un agent immobilier leur fait visiter un lot dans un futur lotissement, en périphérie de Camperdown. À ce moment-là, il n'y a qu'un pré de huit hectares, pas encore divisé.
Ils versent un acompte et signent l'acte d'achat en avril 2022. Selon Melanie Moor, la visite avec l'agent et les numéros d'adresse fixés sur les poteaux de clôture les ont convaincus d'avoir le bon terrain. En avril 2023, une allée d'accès est tracée sur le mauvais lot. Le constructeur et les artisans s'en servent ensuite comme point de repère.
Un permis accordé et trois inspections sans alerte
En avril 2024, la commune de Corangamite accorde le permis de construire. D'après ABC News, la photo aérienne jointe au dossier montre que les échantillons de sol ont été prélevés sur la parcelle voisine. Les agents municipaux inspectent aussi à trois reprises, en un mois, les trous creusés pour les pilotis. Personne ne relève l'erreur.
Entre juin et août 2024, la maison, un modèle transportable, est installée sur place, avec l'électricité, l'eau et une fosse septique. En août 2024, des agents de la commune s'aperçoivent qu'elle n'est pas sur le bon lot. David Moor reçoit un appel lui demandant d'arrêter le chantier sur-le-champ. Le couple croit d'abord à une arnaque.
L'agence immobilière, non nommée, assure qu'une enquête interne n'a relevé aucune déclaration trompeuse. Selon elle, c'était aux Moor de vérifier quel lot leur appartenait avant de lancer les travaux.
Quatorze jours pour enlever la maison
Le propriétaire du terrain occupé vit dans un autre État et l'avait acheté en 2023 à son oncle décédé. Un échange de parcelles est discuté en mars 2025, mais ses avocats le refusent : selon eux, les deux terrains ne se valent pas, notamment pour la vue. C'est pourtant la solution qui avait été trouvée en 2024 en Vendée, où un constructeur avait bâti un pavillon sur le terrain du voisin.
Le 22 juillet 2025, les avocats du propriétaire donnent 14 jours au couple pour retirer la maison et remettre le terrain en état, faute de quoi elle pourrait être vendue. Le délai est repoussé. En février 2026, les Moor s'engagent à libérer la parcelle avant le 2 mai. Un premier entrepreneur leur assure que la maison ne survivra pas à un nouveau déplacement. Ils en trouvent un autre, qui accepte le chantier.

Une maison sur des bidons et un an en caravane
Aujourd'hui, la maison repose sur des bidons d'huile vides, en attendant de nouveaux pilotis. Les raccordements ont été coupés, la fosse septique et le câblage électrique arrachés. Le couple n'ose pas encore y entrer.
« C'était un poids en moins sur nos épaules quand nous avons vu le camion transférer la maison sur le bon terrain », a confié Melanie Moor à ABC News (propos traduits de l'anglais).
Il leur reste à retirer les 160 pilotis laissés chez le voisin, à arracher les arbres qu'ils y avaient plantés et à remettre le terrain en état. Ils chiffrent à environ 60 000 euros supplémentaires le déplacement, les nouveaux pilotis, les raccordements et la fosse septique, sans compter l'intérieur et le jardin. Avec leur fille de 20 ans, ils prévoient de vivre environ un an dans une caravane d'environ six mètres, le temps des réparations.
« Si quelqu'un d'autre prend ce genre de décision, ne vous fiez pas seulement aux professionnels, faites vos propres vérifications », conseille David Moor (propos traduits de l'anglais).
Source : ABC News & ABC News (août 2025)
