La pluie d'étoiles filantes des Draconides atteint son maximum dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 octobre 2026. La Lune est presque nouvelle : aucun clair de Lune ne viendra gêner l'observation, à condition de s'éloigner des lumières de la ville. Et contrairement à la plupart des essaims, pas besoin de veiller jusqu'au milieu de la nuit, car on peut commencer à guetter les premières traînées dès la fin du crépuscule.
Ces météores ont en plus une origine très française : ils viennent des poussières d'une comète repérée pour la première fois à Nice, il y a 126 ans.
Quand regarder le ciel ?
Les Draconides sont visibles du 6 au 10 octobre. Selon le calendrier de l'International Meteor Organization (IMO), le maximum est attendu vers 1 h du matin en temps universel le 9 octobre, soit 3 h à Paris. Mais cette heure ne doit pas décourager les couche-tôt.
Le radiant, c'est-à-dire le point du ciel d'où semblent jaillir les traînées lumineuses, se trouve dans la constellation du Dragon, près des étoiles Eltanin et Rastaban, les « yeux » du Dragon. Vu de France métropolitaine, cette partie du ciel est presque circumpolaire : elle reste visible quasiment toute la nuit. Dans le sud du pays, elle descend toutefois près de l'horizon en seconde partie de nuit. Un créneau intéressant se situe alors entre 20 h et minuit le 8 octobre, quand le Dragon est encore assez haut.
Côté quantité, il ne faut pas s'attendre à un feu d'artifice. Les astronomes parlent de ZHR, le taux horaire zénithal : le nombre d'étoiles filantes qu'un observateur verrait en une heure sous un ciel parfaitement sombre, avec le radiant juste au-dessus de sa tête. L'IMO annonce un ZHR d'environ 5 pour 2026. Dans la réalité, avec un ciel moins parfait, on en verra donc un peu moins.
Leur point fort est ailleurs. Les météoroïdes pénètrent dans l'atmosphère à environ 20 km/s, contre 59 km/s pour les Perséides, soit près de trois fois moins vite. Résultat : on a le temps de repérer une traînée du coin de l'œil et de tourner la tête pour la suivre.
Une comète découverte à Nice
Les Draconides proviennent de la comète 21P/Giacobini-Zinner. Elle a été découverte le 20 décembre 1900 à Nice par Michel Giacobini, puis retrouvée le 23 octobre 1913 par l'Allemand Ernst Zinner, à Bamberg. Elle met environ 6,6 ans pour faire le tour du Soleil, et son dernier passage au plus près de l'étoile date de mars 2025.
Au fil de ses orbites, la comète laisse derrière elle des poussières et de petits débris. Chaque année en octobre, la Terre traverse une partie de cette zone. Les particules s'échauffent en pénétrant dans l'atmosphère et produisent les traînées lumineuses que l'on appelle étoiles filantes.
Un essaim qui peut surprendre
Les Draconides ont la réputation d'être capricieuses. En 1933 et en 1946, la Terre a traversé des zones de poussières si denses que les observateurs ont compté des milliers de météores par heure. Plus récemment, le 8 octobre 2011, les astronomes ont mesuré des taux d'environ 400 météores par heure, avec plusieurs pics d'activité. Selon une étude publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, environ 950 kilos de matière de la comète sont arrivés sur Terre en six heures.
Rien de tel n'est annoncé en 2026 : aucune flambée d'activité n'est prévue. Mais cet essaim reste, par nature, difficile à prédire.
Comment les observer ?
Ni télescope ni jumelles : l'œil nu suffit. Il faut surtout un lieu éloigné de l'éclairage urbain, si possible avec un horizon dégagé vers le nord, et une quinzaine de minutes pour que les yeux s'habituent à l'obscurité.
Inutile de fixer la constellation du Dragon. Les traînées étant assez longues, mieux vaut embrasser une large portion du ciel, y compris à plusieurs dizaines de degrés du radiant, où elles peuvent paraître plus longues.
Source : Meteored & Monthly Notices of the Royal Astronomical Society
