Thomas Parnell était un professeur de physique à l’Université du Queensland, en Australie. Il est à l’origine d’une expérience impressionnante, débutée en 1927, qui est toujours d’actualité.
Le professeur voulait démontrer la viscosité du brai, le fluide le plus visqueux au monde, dérivé du goudron. Pour cela, en 1927, Thomas Parnell a fait chauffer du brai puis l’a versé dans un entonnoir pour le faire couler et montrer à quel point il était visqueux.
Un liquide très visqueux
Le physicien a versé le brai chaud dans un entonnoir en verre et a laissé refroidir le liquide pendant trois ans. En octobre 1930, le fond de l’entonnoir a été découpé pour voir si le brai allait couler, comme le rapporte le site de l'Université du Queensland.
Cependant, ce liquide est tellement visqueux que la première goutte a mis huit ans à tomber. Par la suite, les cinq gouttes suivantes ont chacune mis entre sept et neuf ans à tomber. Si la situation était au départ régulière, elle a commencé à changer au fil des années.
Des gouttes plus longues
La huitième goutte de brai a mis plus de douze ans à tomber de l’entonnoir. Les physiciens estiment que ce ralentissement est dû à la diminution de la pression dans l’ustensile. En plus de cela, une nouvelle climatisation a été installée dans le bâtiment où se déroule l’expérience. Le froid a pu modifier le liquide, qui est devenu encore plus visqueux.
Alors que la neuvième goutte commençait à tomber, elle a heurté la huitième qui se trouvait dans le bécher en dessous. Ainsi, elle n’allait plus réellement tomber mais se poser en douceur sur la huitième goutte, ce qui a modifié l’expérience.
Une prochaine goutte dans 14 ans
La dernière goutte de brai qui est tombée est la neuvième, en 2014. Depuis le début de l’expérience en 1930, il y a toujours du liquide dans l’entonnoir. La prochaine goutte a commencé à se former et pourrait tomber dans 14 ans. Grâce à cette expérience, on estime aujourd’hui que le bitume est environ 230 milliards de fois plus visqueux que l’eau.
De son côté, le professeur Parnell a vécu assez longtemps pour n’enregistrer que deux gouttes. Son expérience s’est poursuivie après lui et est devenue l’expérience de laboratoire la plus longue au monde, selon le Guinness World Records. Le liquide pourrait encore s’écouler pendant un siècle, signe que cette expérience hors du commun est loin d’être terminée.
