Elle vend la lessive près de quatre fois son prix de revient dans son café-laverie : voici ce qu'il lui reste vraiment chaque mois

À Barcelone, Marta Pérez a réuni un café et une laverie. Elle détaille sa marge sur chaque lessive, ses charges et ce qui lui reste vraiment chaque mois.

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Une petite lessive facturée 5,80 euros, pour un coût d'environ 1,50 euro. Dans son café-laverie de Barcelone, Marta Pérez encaisse ainsi plus de 4 euros de marge à chaque machine, soit un prix près de quatre fois supérieur à ce qu'elle lui coûte.

Ingénieure de formation, elle a ouvert en 2018 avec son compagnon et associé, Gerard Navas, ce que Time Out présentait alors comme le premier bar-laverie d'Espagne. Le principe est simple : on boit un café, on travaille ou on prend un verre pendant que le linge tourne. Invitée sur la chaîne YouTube de l'entrepreneur Eric Ponce, elle a détaillé ce que rapporte vraiment son affaire.

Des machines achetées, pas louées

Le premier établissement de LaBar se trouve à l'angle des rues Consell de Cent et Nàpols, dans le quartier de Fort Pienc. Il a demandé environ 110 000 euros d'investissement, et le couple a réalisé lui-même une bonne partie des travaux. Le second a coûté autour de 140 000 euros, rénovation complète comprise.

Chaque local compte trois lave-linge et deux sèche-linge industriels, achetés et non loués, pour 24 000 à 25 000 euros. Sur les grandes machines, le calcul reste le même : 11 euros pour le client, environ 3 euros de coût. Le séchage est facturé 3 euros, pour une dépense comprise entre 50 centimes et 1 euro.

La gérante en tire une conviction (propos traduits de l'espagnol) :

Laver son linge hors de chez soi coûte moins cher qu'on ne le croit.

Le café fait le chiffre, la lessive fait la marge

Le chiffre d'affaires moyen tourne autour de 24 000 euros par mois, selon elle. Le café en assure 65 %, la laverie 35 %. C'est pourtant la partie lessive qui dégage les plus belles marges. Au comptoir, elles sont nettement plus serrées.

En 2018, Time Out relevait un café au lait à 1,90 euro et un lavage avec séchage à 6,50 euros. Le café de spécialité se vend toujours 1,90 euro. Une petite lessive suivie d'un séchage revient en revanche aujourd'hui à 8,80 euros.

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19 000 euros de charges chaque mois

Une laverie classique peut fonctionner sans salarié. Un café-laverie, non. Il faut quelqu'un au comptoir pour servir, et parfois pour aider les clients plus âgés à se servir des machines à pièces. Les deux associés le proposaient déjà à leurs débuts.

L'entreprise emploie au moins trois salariés fixes, pour environ 7 000 euros de salaires par mois. S'y ajoutent les loyers, de 1 100 à 1 900 euros selon le local, et quelque 600 euros d'électricité, de gaz et d'eau. Au total, les charges fixes atteignent environ 19 000 euros. Marta Pérez décrit d'ailleurs la gestion du personnel comme l'aspect le plus usant du projet.

L'amplitude horaire n'aide pas. LaBar ouvre tous les jours de 9 heures à minuit, jusqu'à 1 heure le week-end, et ne ferme que le 25 décembre et le 1er janvier.

Ce qui reste vraiment sur le compte

Une fois les charges payées, il reste environ 5 000 euros par mois. Après la TVA et les impôts, Marta Pérez touche entre 3 000 et 3 500 euros nets. Le premier local a mis quatre à cinq ans à être remboursé, un délai allongé par la pandémie.

Le concept a aussi séduit la mairie de Barcelone. LaBar a remporté le Prix du commerce innovant lors de la 23e édition des Prix du commerce de la ville. Le jury a salué un lieu agréable et accueillant, où l'on peut travailler pendant que son linge se lave. Le second établissement, lui, commence seulement à tourner, selon El Español.

Source : El Español & Ajuntament de Barcelona

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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