Elle touchait le chômage avec plus de 600 000 euros sur ses comptes : la justice la condamne à tout rembourser

En Espagne, une femme a été condamnée à rembourser les allocations chômage qu'elle percevait. L'administration a découvert qu'elle possédait 600 000 euros.

Ajoutez-nous à vos sources préférées

Le tribunal de première instance de Bilbao, dans le Pays basque espagnol, a récemment rendu une décision surprenante concernant une affaire d'aides sociales. Au cœur de ce dossier judiciaire se trouve une habitante de la région, sommée de rembourser la somme de 1 615 euros perçue au titre des allocations chômage. L'administration a exigé cette restitution immédiate après s'être penchée en détail sur le patrimoine financier de la bénéficiaire.

L'histoire commence au début de l'été 2024. Au mois de juin, cette femme obtient une courte mission de travail par l'intermédiaire d'une agence d'intérim. Son contrat ne dure qu'une trentaine de jours. Immédiatement après cette brève période d'activité, elle est placée en arrêt maladie. Cette interruption de travail pour raisons de santé s'étire sur une durée de six mois consécutifs.

À l'issue de cette longue période de convalescence, la travailleuse se tourne vers le Service public de l'emploi espagnol, connu sous l'acronyme SEPE. Elle dépose un dossier officiel pour obtenir une allocation chômage contributive, calculée sur la base de ses anciens revenus. Les agents de l'État examinent sa requête et lui opposent un refus catégorique. Selon les règles en vigueur, les 120 jours d'indemnisation auxquels son court contrat d'intérim lui donnait théoriquement droit ont déjà été techniquement consommés durant son arrêt maladie.

Une seconde demande d'aide validée puis inspectée

Face à ce premier échec administratif, la plaignante décide d'emprunter une autre voie. Elle dépose une nouvelle demande auprès des services sociaux espagnols, cette fois-ci pour obtenir une aide financière spécifiquement destinée aux victimes de violences de genre ou sexuelles. Le SEPE valide cette seconde démarche et lui accorde un soutien financier temporaire.

Les versements sont programmés pour une durée de trois mois. Elle perçoit alors un total de 1 615 euros d'argent public. L'affaire aurait pu s'arrêter là, avec une aide sociale versée à une citoyenne traversant une période difficile. Mais les inspecteurs du Service public de l'emploi décident de procéder à une vérification approfondie des ressources réelles de la bénéficiaire, comme l'exige la procédure standard pour ce type d'allocation soumise à des conditions de revenus strictes.

Le contrôle du dossier révèle une situation financière totalement incompatible avec le versement d'aides sociales. Le SEPE découvre que la bénéficiaire dépasse très largement le plafond de ressources autorisé pour percevoir cette indemnité de l'État. Les chiffres mis en lumière par l'enquête administrative tranchent radicalement avec l'image d'une personne dans le besoin.

Des revenus confortables cachés à l'administration

Chaque mois, la plaignante encaisse 800 euros de manière passive, issus de ses revenus immobiliers. À cette rente locative s'ajoute une seconde source de profit beaucoup plus massive. L'enquête fait état de revenus de capitaux mobiliers générant très exactement 1 834,25 euros supplémentaires. Au total, la chômeuse perçoit plus de 2 600 euros garantis tous les mois, sans exercer la moindre activité professionnelle. L'administration annule immédiatement le versement de l'aide sociale et lui ordonne de restituer l'intégralité des 1 615 euros déjà encaissés.

L'habitante de Bilbao refuse de signer le chèque de remboursement. Elle décide de porter l'affaire devant la justice espagnole pour contester la décision de recouvrement du SEPE. Devant les juges du tribunal de première instance, elle adopte une ligne de défense basée sur l'erreur administrative. Elle assure avoir agi de bonne foi lors de sa déclaration initiale et rejette la faute sur les services de l'État, qui auraient mal instruit son dossier.

Un recours en justice qui se retourne contre elle

Son avocat va plus loin et tente de s'appuyer sur un point de droit précis. Il invoque la jurisprudence dite « Cakarevic ». Ce principe juridique européen permet, dans des situations bien spécifiques, de bloquer le remboursement de prestations sociales versées à tort par l'État. L'objectif de cette jurisprudence est de protéger les bénéficiaires les plus précaires, pour éviter qu'une erreur de l'administration ne les plonge dans la misère financière en exigeant un remboursement impossible à assumer au quotidien.

Les magistrats étudient cet argument et consultent les relevés bancaires de la plaignante pour évaluer sa réelle vulnérabilité économique. Les documents financiers révèlent la présence de plus de 600 000 euros d'épargne cumulée sur ses différents comptes. Face à un tel patrimoine, le tribunal balaye instantanément la ligne de défense de la plaignante. Le juge souligne que le remboursement de 1 615 euros ne représente en aucun cas une charge disproportionnée pour une personne disposant de plus d'un demi-million d'euros de liquidités. L'erreur administrative, même si elle était avérée, ne dispense pas d'un remboursement quand les finances le permettent largement. L'habitante du Pays basque est condamnée à restituer l'intégralité de la somme au Service public de l'emploi.

Source : El Blog Salmón

Suivez-nous sur Google

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

À lire aussi