Un maçon installé en Suisse casse le mythe des 8 000 francs par mois : voici ce qu'il faut vraiment faire pour en toucher 7 000

Beaucoup rêvent des salaires suisses à 8 000 francs par mois. Rafael Cubero, un maçon expatrié, dévoile la vraie rémunération du secteur de la construction.

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Les réseaux sociaux regorgent de vidéos vantant des salaires mirobolants chez nos voisins européens. La Suisse fait figure d'Eldorado absolu.

Sur TikTok ou Instagram, de nombreux créateurs de contenu affirment qu'il suffit de traverser la frontière pour s'enrichir rapidement, particulièrement dans le secteur du bâtiment. La réalité des chantiers est nettement plus nuancée.

Fuir la précarité pour le salaire moyen suisse

En Espagne, la précarité de l'emploi pousse de nombreux professionnels qualifiés à s'expatrier. L'impossibilité d'accéder à la propriété, la stagnation des salaires et l'inflation contraignent les jeunes actifs à chercher un avenir hors de leurs frontières. La Suisse s'impose comme une destination de choix. Actuellement, 136 225 citoyens espagnols y vivent, selon les dernières données officielles du Registre des Espagnols de l'étranger.

Les chiffres officiels expliquent cet engouement. L'Office fédéral de la statistique situe le salaire moyen suisse entre 6 700 et 7 024 francs suisses. Cela représente environ 7 000 à 7 300 euros par mois. Ce montant brut fait rêver de nombreux travailleurs européens. Le coût de la vie dans les cantons suisses est très élevé, mais le pouvoir d'achat reste supérieur à la moyenne du continent. Ce contexte chiffré sert de terreau aux rumeurs les plus folles sur Internet.

Une offre d'emploi qualifiée d'arnaque

Rafael Cubero connaît parfaitement les chantiers suisses. Ce maçon espagnol s'est installé dans le pays et documente son quotidien sur sa chaîne TikTok. Face à la multiplication des fausses promesses salariales dans son secteur, il a pris la parole dans une vidéo devenue virale. Les montants partagés par certains internautes ne correspondent pas à ses propres fiches de paie.

Le maçon illustre son propos avec une situation vécue récemment par un proche. Un de ses amis a publié deux offres d'emploi pour recruter des charpentiers de coffres dans la région de Fribourg. Les conditions proposées étaient claires : un contrat à durée indéterminée (CDI), et non un simple contrat de travailleur saisonnier. Le salaire affiché oscillait entre 5 300 et 5 800 francs suisses bruts par mois.

Les réactions des internautes ont stupéfié le recruteur. Un utilisateur l'a violemment pris à partie. Il l'a accusé d'être un escroc, affirmant avec aplomb que les salaires en Suisse pour des ouvriers qualifiés commencent au minimum à 8 000 francs suisses. Pour appuyer son attaque, l'internaute a assuré que son propre frère gagnait 7 600 francs suisses sur les chantiers, tout en ayant son logement payé par l'entreprise.

« J'aimerais bien voir la fiche de paie »

Rafael Cubero n'a pas laissé passer cette désinformation. Dans sa vidéo, il remet directement en cause ces affirmations extravagantes.

« J'aimerais bien voir la fiche de paie d’une personne embauchée en CDI, sans responsabilités, sans qualifications, et qui ne possède que son expérience, et qui gagne plus de 8 000 francs suisses bruts par mois. »

L'ouvrier utilise l'ironie pour recadrer les spectateurs. Il ne nie pas l'existence de très hauts revenus dans la construction, mais il en détaille le véritable prix humain. Un maçon peut effectivement atteindre 7 000 francs suisses par mois, voire légèrement plus. Les conditions pour y parvenir sont cependant drastiques.

Pour s'approcher de ces sommets salariaux, un ouvrier doit sacrifier son temps et sa santé. Un contrat classique de 40 heures par semaine ne suffit pas. Rafael Cubero précise qu'il faut enchaîner 42 à 45 heures de travail hebdomadaires pour gonfler la fiche de paie. Le travailleur doit également renoncer aux majorations pour les congés payés ou accepter de multiplier les heures de nuit. L'effort physique demandé sur les chantiers alourdit considérablement ce rythme, brisant l'illusion d'un argent facile et accessible à tous.

Source : Okdiario

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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