La compagnie des eaux lui dit que l'égout est à sa charge : il emprunte 9 200 euros pour les travaux, quelques mois plus tard elle revient creuser au même endroit

À Bristol, un père seul a emprunté pour réparer un égout que sa compagnie des eaux disait privé. Quelques mois plus tard, elle a creusé au même endroit.

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Nik Westgarth a payé près de 9 200 euros pour réparer l'égout de sa maison, sur la foi du diagnostic de sa compagnie des eaux. Quelques mois plus tard, cette même compagnie est revenue creuser son jardin, là où s'étaient arrêtés les travaux qu'il avait financés.

Ce père célibataire de 39 ans vit à Greenbank, un quartier de Bristol, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Il est aujourd'hui en conflit avec Wessex Water, l'entreprise qui gère les égouts de sa région.

Un problème « privé », selon les techniciens

Tout commence en février 2026. Les eaux usées refoulent dans sa maison. Nik Westgarth demande à Wessex Water de venir contrôler le réseau. D'après lui, les agents concluent que le problème est privé. La réparation revient donc au propriétaire.

Il fait creuser son terrain et réparer la canalisation à ses frais. Facture : près de 9 200 euros. Il n'avait pas cette somme. Il a dû l'emprunter et se dit aujourd'hui endetté.

Cinq mois plus tard, les voisins sont touchés

Cinq mois après, selon son récit, le même problème surgit dans une maison voisine. Les eaux usées refoulent à leur tour chez ses voisins. Wessex Water vient enquêter.

Cette fois, toujours d'après Nik Westgarth, la compagnie constate une défaillance majeure sur son propre réseau, qu'elle doit donc réparer elle-même. Le père de famille découvre alors que le tronçon d'égout public endommagé passe juste sous l'endroit où il avait eu ses problèmes en février.

Wessex Water a ensuite mené une nouvelle excavation de grande ampleur, à l'endroit où ses propres travaux s'étaient terminés. Les photos qu'il a fournies à l'agence britannique SWNS montrent une large tranchée au fond de sa propriété. Il décrit la scène (propos traduits de l'anglais) :

« Ils ont abattu chacun des murs de mon jardin, et c'est après que j'avais déjà tout fait. Ils ont donc dû refaire absolument tout ce que j'avais dû faire à titre privé. C'est exactement au même endroit. »
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Il réclame les preuves du premier diagnostic

Pour lui, il n'aurait jamais dû payer. La panne de février se situait, selon lui, juste au-dessus ou tout près de la conduite publique défaillante. Il affirme que, d'après les documents qui lui ont été transmis, Wessex Water n'a pas inspecté cet égout par caméra en février avant de classer le problème dans le domaine privé.

Depuis le début de la nouvelle excavation, il a déposé une réclamation. Il demande à l'entreprise les éléments techniques sur lesquels elle s'est appuyée. Seul avec un enfant de 3 ans, il dit traverser une période de déprime et d'épuisement.

« Je sens que j'ai dû pousser Wessex Water encore et encore, simplement pour établir ce qui s'est passé et pourquoi. »

Une frontière fixée par la loi depuis 2011

Tout le litige tient à une question de tuyaux. En Angleterre et au pays de Galles, la répartition a changé le 1er octobre 2011. Ce jour-là, les compagnies ont hérité des égouts privés et des branchements situés hors des parcelles, soit environ 224 500 kilomètres de canalisations selon le régulateur Ofwat.

Depuis, le propriétaire ne reste responsable que de la conduite qui se trouve sur son terrain et ne dessert que sa maison. Ce qui va de la limite de la parcelle jusqu'à l'égout public, ou ce qui dessert plusieurs logements, relève de la compagnie. Le diagnostic posé en février décidait donc, à lui seul, de qui devait payer.

Interrogée par SWNS, Wessex Water indique que des membres de sa direction examinent le dossier, conformément à sa procédure habituelle de traitement des réclamations. Aucune décision n'a été rendue publique à ce stade.

Source : Ofwat

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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