Plus de peur que de mal.
Raul Correa, biologiste spécialisé dans la faune sauvage, est récemment venu en aide à un jeune perroquet en danger critique d’extinction alors qu’il était prisonnier de l’étreinte d’un serpent invasif connu pour étouffer ses proies.
Grâce à ce sauvetage in extremis, l’oiseau a pu retrouver le ciel et ses compagnons, rapporte le magazine People.
Un perroquet en danger d’extinction piégé par un boa
La scène s’est déroulée dans la forêt d’État de Maricao, à l’ouest de Porto Rico, dans les Caraïbes. Cette réserve forestière naturelle est située dans une zone montagneuse. Elle abrite une faune et une flore variées et constitue un terrain de jeu idéal pour les scientifiques.
Ce jour-là, Raul Correa, qui travaille au sein du service américain de la pêche et de la faune sauvage, se trouvait dans la forêt lorsqu’un groupe de perroquets de Porto Rico (Amazona vittata) s’est mis à pousser des cris.
Le biologiste a alors découvert un jeune oiseau, piégé au sommet d’une tige de bambou, avec un boa constricteur à queue rouge enroulé autour de son corps.
Un biologiste vole à son secours
Face à cette situation, il a décidé d’intervenir pour lui venir en aide. Et pour cause : endémique de l’île, cette espèce est menacée de disparition.
Comme le précise l’US. Fish and Wildlife Service sur Facebook, Raul Correa a agi sans perdre une seconde. Il s’est empressé de couper le bambou. Résultat : le boa a desserré son étreinte et l’oisillon a été libéré.
L’agence a ensuite surveillé le perroquet afin de s’assurer qu’il ne gardait aucune séquelle de son affrontement avec le serpent. Par chance, il n’avait subi aucun dommage.
« Après une nuit d’observation, ce petit survivant, qui avait quitté le nid depuis à peine un mois, a retrouvé la forêt et volait de nouveau avec son groupe », a écrit l’organisme dans sa publication.
Une espèce de serpent invasive
Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGC), le boa constricteur à queue rouge (Boa constrictor) est originaire d’Amérique du Sud. Il est considéré comme une espèce invasive à Porto Rico.
La présence de ce serpent sur cette île des Caraïbes proviendrait du commerce illégal d’animaux de compagnie. En l’absence de prédateurs naturels capables de réguler leur nombre, ces serpents non venimeux, qui mesurent en 2 et 3,5 mètres, se sont répandus à travers le territoire.
Ce qui devait arriver arriva : ces reptiles ont eu des conséquences néfastes sur la faune locale, notamment sur le perroquet de Porto Rico, une espèce menacée.
« L’expérience a montré que les écosystèmes insulaires sont vulnérables aux invasions de serpents et que Porto Rico ne possède aucun prédateur naturel capable de réguler le nombre de ces reptiles prolifiques », déclarait en 2013 Marcia McNutt, alors directrice de l’USGS.
Avant d’ajouter :
« Les humains sont responsables de l’introduction de ce fléau sur l’île et sont les seuls à pouvoir espérer enrayer le problème avant qu’il ne soit trop tard pour les espèces indigènes ».
