« Bienvenue en enfer » : À Hambourg, bastion anticapitaliste et libertaire, un G20 sous haute surveillance

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Alors que le sommet du G20 organisé à Hambourg s'apprète à se dérouler dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, tout porte à croire que les frictions ne se cantonneront pas à la table de décision des dirigeants.

Outre la récente dégradation des relations diplomatiques entre la Chine et les États-Unis, outre les divergeances de fond sur la question du réchauffement climatique, outre la crise des migrants et la menace d'un terrorisme global, un autre bras de fer risque de se jouer... dans la rue, entre manifestants et forces de police.

À l'approche du coup de départ officiel du sommet, ce vendredi 7 juillet, la gronde commence à monter dans les rues d'Hambourg et d'ailleurs — et pas moins de trente manifestations se profilent pour les deux jours de l'évènement. L'évènement a appelé une mobilisation policière exceptionnelle, la ville a entièrement été sécurisée et tous les périmètres bouclés en prévisions d'affrontements potentiellement violents.

En effet, Angela Merkel a choisi Hambourg, sa ville natale, pour recevoir les délégations internationales. Mais dans cette ville, qui est aussi l'un des principaux bastions allemands de l'activisme de gauche et des mouvements libertaires, les manifestants promettent « l'enfer » aux organisateurs du sommet... Pour cause : le sommet est installé justé à côté du « Rote Flora », ancien théâtre transformé en squat autogéré à la fin des années 80, et qui abrite l'une des plus fameuses communautés libertaires du pays.

Un choix qui est vécu, notamment du côté des millieux libres et anarchistes, comme une véritable provocation à leur encontre.

Crédits photo : Manifestation contre le G20 à Hambourg / Shutterstock

« Bienvenue en enfer » 

Depuis quelques années, et notamment depuis 2009, des tensions grandissantes se cristallisent en marge des rassemblements du Groupe des 20. Militants écologistes, anarchistes, mais aussi pacifistes, humanitaires ou altermondialistes, tous ont leurs raisons de vouloir interpeller les dirigeants des délégations internationales.

Parmi leurs principales reproches, le caractère hégémoniste et non-représentatif du G20, ou encore le fait qu'il caractériserait un symbole du pouvoir mondial et de la puissance financière. Ils critiquent aussi le principe même de ce genre de sommet qui est, selon eux, « de rassembler les vingt pays les plus riches au mépris de tous les autres pour s'autoproclamer garant de la stabilité économique et financière mondiale ». 

Mais outre ces différents chefs d'accusation, les manifestations autour du G20 sont aussi et surtout l'occasion pour les militants d'interpeller les dirigeants et de faire entendre leur mécontentement sur différents sujets d'actualité : alliances douteuses entre pays, urgence climatique ignorée, non-respect des droits de l'homme... Les choses ne s'arrangent pas avec les récents événements en Tchétchénie, les tensions dans le Golfe, les frictions dans les eaux territoriales chinoises, et bien sûr la présence de Donald Trump, dont les choix politiques très controversés ne font qu'alimenter encore plus les tensions.

Rajoutez à cela le fait que le sommet se tiendra à proximité de foyers historiques de l'activisme de gauche et de zones fréquentées par les millieux anarchistes, chose que certains vivent comme une véritable provocation : vous obtenez un cocktail explosif.

Berlin se défend pourtant de toute volonté d'attiser volontairement les affrontements : les raisons du choix de cette ville pour organiser l'évènement seraient surtout logistiques, à en croire Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement Allemand. Étant donné le nombre d'invités, seules les plus grandes villes du pays sont, selon lui, en mesure d'accueillir un tel sommet international. De plus, la ville aurait été choisie parce qu'elle est un symbole du libre-échange, avec son imposante zone portuaire, surnommée l'« entrée du monde de l'Allemagne ».

Mais malgré cela, certains observateurs s'interrogent de la pertinence du choix de ce lieu, étant donné le contexte général — d'autant plus tendu que la menace d'un attentat terroriste n'est pas à écarter, tout comme des affrontements entre Kurdes et Turcs liés à la venue du président turc Erdogan.


« Bienvenue en enfer »
: c'est le mot d'ordre du regroupement qui aura lieu ce jeudi soir dans les rues d'Hambourg. Les manifestants sont déterminés à faire regretter leur choix aux organisateurs, et malgré la forte présence policière et la situation tendue, plus de 150 000 d'entre eux sont attendus en ville.

Du côté des forces de l'ordre, un dispositif exceptionnel a été déployé, et la ville a été transformée en véritable forteresse. Un foyer d’accueil des réfugiés a été transformé pour l'occasion en prison de campagne haute sécurité, qui pourra retenir jusqu’à 400 personnes. Une équipe de magistrats a même été installée à proximité, pour prononcer des peines sur le champ. Les manifestants sont pistés dans la ville, et ceux qui s'installent dans les parcs pour attendre sont systématiquement délogés.

Des heurts violents sont attendus, et certains habitants du centre-ville ont déjà commencé à barricader leurs vitres avec des matériaux de protection afin de limiter les dégats colatéraux. 

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