« L'autre campagne électorale » : 10 affiches percutantes réalisées par un collectif d'associations pour démystifier les fantasmes et les idées reçues sur la pauvreté et les étrangers

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Alors que la campagne présidentielle bat son plein, une victime collatérale est à déplorer : la vérité, souvent bafouée au profit des phrases choc, du sensationnalisme électoral, par la pratique décomplexée de l' « alternative fact », cette propagande des temps modernes. Heureusement, le collectif 50 Assos contre l'exclusion a décidé de combattre les contrevérités par des faits, les élucubrations par des chiffres — bien réels, tangibles, vérifiables par tout un chacun.

Avec « l'Autre Campagne », ce collectif associatif a réalisé des affiches percutantes, données et textes de loi à l'appui, pour lutter contre les idées reçues et autres « faits alternatifs » qui pourrissent les débats. Il cherche ainsi à démystifier ces idées reçues, qui sont parfois avancées comme seuls arguments, et qui s'appuient sur les fantasmes et les jalousies des Français.

Contre les fantasmes, voici les chiffres, clairs, nets et précis. Voilà pourquoi il peut paraître urgent de rappeler ce qui se passe « dans la vraie vie » à des personnes qui en sont apparemment totalement déconnectées. 
Loin des grands discours de certains politiciens, ce collectif rappelle la réalité du terrain, telle qu'elle est vécue par les associations.

Toutes les sources correspondantes sont disponibles dans cet article : vous pouvez vérifier la véracité de chacune de ces informations par vous-mêmes, et former votre propre opinion.

Image : 50 Assos contre l'exclusion


En dépit des fantasmes véhiculés notamment par l'extrême droite, mais aussi par certains médias, les étrangers sont loin, très loin d'être des privilégiés en France ! En effet, avant de pouvoir prétendre au RSA, ils doivent auparavant avoir vécu pendant 5 ans en France, de façon régulière, sans rien recevoir (et, au passage, en contribuant comme vous et moi à l'État français, en étant eux aussi taxés et en payant leurs éventuels impôts sur le revenu). Les accuser de profiter, c'est quand même un peu gros !

Pour mémoire, le RSA est une aide permettant à 1,8 million de ménages de sortir de la grande précarité. Selon Eurostat, plus de 56 % des étrangers extra-européens sont sous risque de pauvreté et d’exclusion en France, même après avoir touché des aides. De plus, la France est l’un des pays où la différence de taux de pauvreté entre les nationaux et les étrangers est la plus marquée !

Loin d'être cette terre de providence trop généreuse, exploitée par des étrangers cupides attirés à cause de ses aides sociales trop avantageuses, la France a en réalité un bilan assez peu reluisant, pour ne pas dire mauvais — surtout en comparaison de nos voisins Européens comme l'Allemagne ou l'Italie.

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


Ah, la fraude aux allocations… Encore un beau fantasme savamment entretenu, et qui permet notamment de désigner un bouc émissaire pour protéger au passage les véritables responsables des trous dans les finances publiques, à savoir ceux qui se rendent coupables de fraude fiscale (et on ne vous parle même pas de l' « optimisation » / évasion fiscale).

D’après la Délégation Nationale à la Lutte Contre la Fraude, la fraude à l’ensemble des allocations familiales représentait en 2013 environ 143 millions d’euros, un montant dérisoire. Sur le RSA seul, la CAF estime que seulement 1 % des ménages fraudent.

En comparaison, la fraude aux cotisations patronales représente à elle seule en 2012 près de 20 milliards d’euros par an, soit 6 % des cotisations selon la Cour des Comptes. La fraude à l’impôt sur les sociétés est, quant à elle, estimée de 23 à 32 milliards d’euros par an, soit 40 à 55 % des montants collectés ! Enfin, la fraude à l’impôt sur le revenu s’élèverait à 19 milliards d’euros, soit 20 à 25 % des montants. Bref, non seulement la fraude fiscale joue sur des montants beaucoup plus gros, mais elle est aussi beaucoup plus largement répandue !

Alors ? Qui sont les vrais voleurs ?

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


N'en déplaise à certains, être chômeur en France est beaucoup moins plaisant et agréable que ce qu'ils aiment bien imaginer. Non, on n'est pas chômeur par choix ou par fainéantise ! Le chômage en France résulte avant tout d’un déficit structurel d’emplois à pourvoir, et non d’un supposé comportement oisif volontaire. Il est, dans la très vaste majorité des cas, subi. Notons aussi qu’en France, un chômeur sur deux seulement est indemnisé.

Ceux qui ont vraiment vécu le chômage prolongé et la précarité qu'il entraîne savent bien que se retrouver sans emploi est une épreuve extrêmement dure que l'on ne souhaite à personne, et rejeter la faute sur les chômeurs eux-mêmes est proprement hypocrite.

Selon la Direction des Statistiques de Pôle Emploi, 6,2 millions demandeurs d’emploi sont inscrits sur les listes, pour quelque 190 000 emplois disponibles (chiffres de février 2017). Ceux qui accusent les chômeurs d'être seuls responsables de leur situation font preuve au mieux d'une méconnaissance la plus totale des réalités, au pire d'une mauvaise foi sans limites !

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


« Les pauvres » pompent la majeure partie des dépenses de l'argent public, vraiment ?

En réalité, 88 % de l'argent destinés aux prestations sociales sont versés à l'ensemble des Français, pour couvrir les dépenses de santé, les allocations familiales, et payer les retraites. En comparaison, la lutte contre la pauvreté (RSA, prime pour l’emploi, aides des CCAS) ne représente que 3 % à peine (chiffres 2014) et 2,6 % pour les prestations logement.

Rappelons aussi que ces 3 % servent à assurer des ressources minimums à des personnes qui n’ont rien. C’est cela qui leur permet de se loger, de se nourrir, d’équiper leurs enfants pour l’école, d’acheter les médicaments qui ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie.

Assurer cette aide minimum, refuser de laisser des hommes, des femmes, des enfants mourir de faim devant soi, c'est le minimum de ce que l'on peut attendre d'un être humain un tant soit peu conscient de ses actions. C'est une chose vitale. Pas un luxe, et encore moins une dépense superflue qu'il faut pointer du doigt — surtout lorsqu'elle représente un montant aussi dérisoire pour la société.

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


Comme évoqué plus haut, oui, la fraude au RSA existe. Elle représente même… 1 % des bénéficiaires, soit un manque à gagner de 143 millions d’euros, selon la CAF.

En revanche, l’Observatoire des Non Recours aux Droits et Services évalue à 5 milliards d'euros le montant des « économies » faites par l'état grâce aux personnes qui, par peur d'être étiquetées, par honte de se sentir assistées, ou simple méconnaissance de leurs propres droits, refusent ou oublient de recourir au RSA alors que leur situation plus que précaire devrait l'exiger.

C'est sans commune mesure.

Le RSA, c'est 535 euros par mois pour une personne seule. Qui peut vivre avec de si maigres sommes en France aujourd’hui ? Qui peut envier la situation des allocataires du RSA, qui peut encore les stigmatiser ?

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


Ceux qui s'imaginent des allocataires du RSA décidant de choisir le statut d'« assistés » plutôt que de chercher du travail semblent connaître bien mal la loi en vigueur à ce sujet ! En effet, et même en s'imaginant un instant que l'on puisse préférer vivre dans la grande précarité plutôt que de se voir offrir l'opportunité de travailler dignement, cela ne peut pas être le cas… car c'est tout simplement impossible.

En effet, en échange du RSA, les allocataires ont en retour des devoirs explicites, qu'ils s'engagent à remplir par contrat sous peine de voir leurs aides tout bonnement et simplement supprimées. Ainsi, même si peu de gens le savent, ce contrat prévoit notamment l'obligation de chercher un travail (et la suspension des allocations s’ils refusent deux offres d’emploi dites « raisonnables »).

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Eh oui ! Cela vous surprend ? Et pourtant, 25 % des SDF que vous voyez dans la rue sont salariés. Ils sont même, en majorité, en contrat CDI ! En 2017, ce n'est pas parce qu'on a un emploi que l'on peut nécessairement garantir son logement. Pour s'en sortir, beaucoup sont contraints de dormir dans leur véhicule, dans des squats, ou encore dans des campings.

Souvent, il s'agit d'emplois à temps partiel, qui ne leur permettent pas de trouver à se loger dans les zones où la concurrence pour se loger est très forte. Problème, les possibilités de trouver un emploi sont justement en grande majorité dans ces zones à forte concurrence ! Il leur faut donc parfois choisir entre accepter un emploi au risque de ne pas trouver de logement à proximité, ou rester dans son logement, mais sans emploi…

Et vous, vous feriez quoi à leur place, pour sortir de la rue ?

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


Selon l'OLAP, les loyers des logements privés ont augmenté de 57 % entre 2000 et 2014. Aujourd'hui, et à cause du décalage entre le marché du logement privé et les ressources d'une bonne partie des Français, plus de 4 millions de personnes sont mal logées. Bref, le logement social est plus que jamais nécessaire. Pour en bénéficier, la file d'attente est longue : aujourd'hui, 1,8 million des ménages est encore en attente de logement.

N'oublions pas que les prestations logement ne représentent que 2,6 % du budget de dépenses des administrations publiques dédiées aux prestations sociales. Dire que l'État dépense trop relève d'une hypocrisie sans nom !

Et puis, n'oublions pas que le logement social, loin d'être un fonds perdu, contribue aussi à l’essor économique de la France : D’une part, il pourvoit 80 000 emplois non délocalisables, d'autre part il permet d’accompagner la mobilité de salariés qui hésiteraient à déménager dans des zones où le logement privé est inaccessible.

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


L'aide médicale de l'État (AME) est un dispositif permettant aux étrangers sans titre de séjour de bénéficier d'un accès aux soins de santé, ce qui constitue un droit inconditionnel. Le budget de l’AME est extrêmement marginal par rapport aux dépenses de la branche maladie de la Sécurité Sociale : il ne représente que 0,5 % des dépenses d’Assurance Maladie !

Par ailleurs, les démarches à entreprendre pour en bénéficier sont extrêmement complexes, longues et laborieuses : les étrangers doivent constituer un dossier solide, comportant de nombreux formulaires et justificatifs à fournir en français. De plus, la démarche doit être renouvelée chaque année.

Bref, si vous avez peur que l'on pille l'argent de vos impôts pour soigner des étrangers, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles…

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Image : 50 Assos contre l'exclusion


Déclarer vouloir retirer le droit à une école libre et gratuite aux enfants étrangers, ce n'est pas seulement une réflexion d'une stupidité sans nom : c'est aussi aller directement à l'encontre de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, dont la France est à la fois l'une des inspiratrices et l'une des signataires.

Refuser l'accès à l'éducation à une personne en raison de sa nationalité ou de son origine va directement à l'encontre de l'article 26 de ce texte.

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