Sausage Party : non, les dessins animés ne sont pas que pour les enfants... et ça ne date pas d'hier ! La preuve

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Au lendemain de sa sortie dans les salles françaises, le dessin animé 3D américain « Sausage Party » a subi de violentes critiques quant à son caractère trash, violent et sexe.

Le point de départ ? Le collectif de la Manif pour Tous et les associations familiales catholiques qui ont jugé inadmissible qu'« un film d'animation pornographique » soit visible par des jeunes adolescents. Twitter s’est vite emballé, la médiasphère aussi. Ah bon ?

@NitrogenStudios

Une réaction surprenante (voire extrême, parfois) provoqué par le fait que le film ne soit interdit en France « qu’aux moins de 12 ans », alors qu’il est « Rated-R » aux États-Unis.
« Aujourd'hui sort #SausageParty, film d'animation porno+++, interdit aux -17ans aux US et... -12ans en France.#SOS » tweetait hier le compte officiel de la Manif pour Tous.

Mais une précision s’impose : cette mention propre aux États-Unis signifie que le film est interdit aux personnes dont l’âge est inférieur à 17 ans… sauf si celles-ci sont accompagnées d’un individu âgé d’au moins 17 ans. Une hypocrisie donc qui, en réalité, indique que la situation en France et aux USA est quasiment la même.

Enfin, interrogeons-nous : les parents qui ont emmené leurs enfants, ne se sont pas renseignés avant ? La bande-annonce est pourtant plus qu’explicite, les affiches aussi, et la mention « interdit aux moins de 12 ans » auraient dû leur mettre la puce à l’oreille, non ?

De plus, rappelons à celles et ceux qui l'ignoraient jusque-là, que les films et séries d’animation destinés aux adultes, voire jeunes adultes, existent depuis déjà longtemps. Le terme « dessin animé » n’est pas lié à l’âge de l’audience visée, mais tout simplement à un type d’œuvre audiovisuelle. Une conception que beaucoup de personnes, et notamment les parents Français, ne saisissent pas. Et ce débat ne date pas d’hier : souvenez-vous des remous causés par la diffusion dans Recré A2 de Goldorak, en France… en 1978, déjà !

Alors, pour rafraîchir la mémoire à pas mal de personnes outrées depuis hier, voici une sélection de 15 films et séries d’animation, spécifiés sur leur jaquette et autres outils promotionnels comme « réservés à un public mature », qui existent depuis un moment, et sont « passés crème », comme disent les djeuns :

1. American Dad (6 février 2005 - aujourd’hui)

American Dad, c’est Stanley, le père, agent de la CIA. Son épouse Francine Smith, femme au foyer. Et tous deux élèvent leur fille aînée Hayley Smith et leur fils cadet Steve Smith, lycéen. La série suit leur quotidien riche en événements sur un ton très sarcastique signé Seth McFarlane, humoriste sulfureux à l’humour trash et sans langue de bois, aux États-Unis. Votre enfant y pigera que dalle.

2. Les Griffin ­ (31 janvier 1999 - aujourd’hui)

Autre création de Seth McFarlane, « La famille Griffin » est un dessin animé à l’humour trash composé de multiples gags. On y suit les Griffin qui habitent Quahog, une petite ville américaine. Peter, le père, a érigé la fainéantise en philosophie de vie. Lois, la mère, est à la fois la bonne à tout faire et le cerveau de la famille. Chris, le fils, a hérité des préoccupations favorites de son père : manger, surfer sur le web et manger. Megan, la fille, est le stéréotype de l’adolescente en crise. Stevie, le petit dernier, a pour ambition de conquérir le monde. Et Brian, le chien, est très intelligent : il parle, débat, donne son avis, etc. Intelligent, mais pas accessible aux plus petits, non.

3. Futurama (28 mars 1999 - 4 septembre 2013)

Créée par l’équipe des Simpson, Futurama est un mix entre les Simpson et Star Trek (si on veut simplifier). Fry, jeune livreur malchanceux de pizzas à New York, est accidentellement cryogénisé le 1er janvier 2000 juste après minuit. Il se réveille 1000 plus tard à New New York, à l'aube de l'an 3 000. Fry retrouve l'un de ses descendants (le professeur Hubert Farnsworth, ndlr) qui l'embauche lui et ses nouveaux amis, Leela et le robot Bender, chez Planet Express, une entreprise de livraison interstellaire. Ensemble, ils vont devoir faire face à de périlleuses et délirantes missions dans un monde aussi fou que surprenant.

4. Daria (3 mars 1997 - 21 janvier 2002)

La jeune Daria Morgendorffer est une adolescente brillante et sarcastique qui peine à s'adapter au monde tristement banal (selon elle) qui l'entoure. Accompagnée de Jane, son amie artiste, Daria jette un regard désabusé et ironique sur la société et ses tares. Elle n'est pas "cool", n'est pas non plus populaire et n'est surtout pas branchée. Elle s'en fiche totalement… et c'est ce qui la rend si intéressante ! Tout le contraire de sa propre sœur, Quinn, populaire, égoïste et superficielle. Une série qui, mine de rien, a inspiré pas mal d’adolescentes à la fin des années 90.

5. Lascars (21 juillet 1998 - 2007)

Cette série illustre avec beaucoup d’humour le quotidien des jeunes de banlieue. Tous les thèmes qui touchent de près ou de loin la jeunesse des quartiers populaires sont traités : l’amitié, la galère financière, le désir sexuel, l’ennui, les rêves grandioses, la musique, la danse, le langage, les codes gestuels, les relations avec la police, etc. Des thèmes d’ados, peut-être pas super-accessibles pour des enfants de moins de 12 ans, c’est sûr.

6. Valse avec Bachir (25 juin 2008)

Ari Folman a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami. Ce dernier fait des cauchemars au cours desquels il se retrouve pourchassé par 26 chiens. Exactement le nombre de chiens qu'il a dû tuer… au cours de la guerre du Liban, au début des années 80. La guerre du Liban, au cinéma, en version animée. On est loin des Pixar. Et pourtant, ce film a été salué par la critique.

7. Bojack Horseman (22 août 2014 - aujourd’hui)

Dans cette série, humains et animaux (qui parlent) vivent ensemble. Ce show raconte l’histoire de BoJack, un cheval-acteur qui était, dans les années 90, la star d’une sitcom « Horsin’ Around ». Mais ce dernier, devenu has-been, tente de retrouver la célébrité avec une autobiographie mais jongle plutôt entre une vie de débauche et des amis souvent encombrants. Dont Mr. Peanutbutter, son ami et éternel rival, héros d'une sitcom diffusée à la même époque que BoJack, mais dont le succès est toujours d’actualité. Une série produite par Netflix qui nous propose de nous pencher sur les affres de la célébrité. Pas vraiment un sujet enfantin.

8. Archer (17 septembre 2009 - aujourd’hui)

Au sein d'une agence internationale d'espionnage, des agents (Sterling, Malory, Cyril, Lana, etc) surentraînés n'ont de cesse de déstabiliser, humilier et tromper leurs collègues. Sexe, conflits, manipulation… non, ce dessin animé n’est pas pour vos petites têtes blondes. Et pourtant, ça passe sur France 4.

9. Les Simpson (17 décembre 1989 - aujourd’hui)… et Itchy & Scratchy

Sans doute la série d’animation la plus connue au monde ! Elle met en scène les Simpson, stéréotype d'une famille de classe moyenne américaine. Leurs aventures dans la ville de Springfield sont une satire du mode de vie à l’américaine. Une série « accessible », à la double-lecture, autant pour les enfants que pour les adultes.
Mais on peut en douter, parfois... surtout quand Bart et Lisa regardent Itchy et Scratchy, leur dessin animé hyper violent et sanguinolent favori, qui nous fait hurler de rire à chaque fois. Mais voir un chat se faire découper vivant, est-ce bien pour les enfants ? Depuis 1988, personne ne s’insurge…

10. South Park (13 août 1997 - aujourd’hui)

La série met en scène les aventures de quatre enfants d'école primaire : Stan Marsh, Kyle Broflovski, Eric Cartman et Kenny McCormick qui vivent à South Park, petite ville du Colorado. Des phénomènes surnaturels ou des événements politiques motivent un grand nombre de leurs aventures. L'humour de la série se veut parodique, sarcastique, graveleux voire scatologique. Et on ne compte plus le nombre de gros mots à la minute et les scènes gores.

11. Beavis and Butt-Head (1993-1997. De retour depuis 2011)

Le quotidien de deux adolescents azimutés, adorateurs de musiques rock et métal, Beavis et Butt-Head, vivant dans la ville de Highland, au Texas. Ils ne sont sous aucune surveillance parentale, manquent de maturité et n'ont aucun scrupule. Ils associent ce qui est « cool » à ce qu'ils adorent comme la violence, le sexe ou la morbidité. Malgré leur expérience nulle avec les femmes, ce sont de gros obsédés sexuels. De l’humour pipi-caca, des gros losers en puissance, mais ça fait tout, sauf rêver. D’où le succès auprès des ados.

12. Les Chevaliers du Zodiaque (1988 - 1997)

De jeunes chevaliers de Bronze ont été investis d’une mission : protéger Saori Kido, la réincarnation d’Athéna, la Déesse de la Guerre. Et devront se battre contre le mal qui ronge la Terre, par la violence… Un dessin animé cultissime, qui a fait rêver énormément d’enfants, mais qui a été charcuté par la censure en France, tant on ne comptait plus les scènes de violence et de sang à l’écran (un épisode 22 minutes pouvait facilement durer 15 minutes !). Un pur produit japonais avec une bonne morale (l’amitié, l’union et la force), mais qui visuellement n’était pas fait pour les tout-petits. Précision : 30 ans après sa diffusion, ça n’a pas engendré des serial-killers, hein.

13. Les Happy Tree Friends (24 décembre 1999 - aujourd’hui)

Cette série humoristique est une parodie des séries animées destinées aux enfants. Elle peut sembler soft au premier abord mais présente des éléments de violence très forts (électrocution, mutilations, amputation, etc) qui contrastent avec l'aspect candide des personnages. D’où… l’effet comique. La fin de chaque épisode aboutit presque toujours à la mort horrible et dans des souffrances atroces de la plupart des personnages.

14. Ken le Survivant (1990)

Dans un futur proche, après une attaque nucléaire dévastatrice, la Terre est devenue un vaste désert où l'eau est un bien plus précieux que l'or ou l'argent. Ken, héritier de l'école d'arts martiaux Hokuto, est à la recherche de sa bien-aimée. Il utilise son don du combat et sa force pour défendre les innocents face à de redoutables experts en arts martiaux. Sorte de « Mad Max » japonais hyperviolent, ce dessin animé a été programmé, avec une erreur d’appréciation flagrante, à une heure de grande écoute… le mercredi après-midi ! Ségolène Royal, ministre à l’époque, avait hurlé. Et le CSA avait sanctionné. Comme quoi, c’est peut-être des dessins qui s’animent, mais quand on y mêle sexe et violence (et des gens qui explosent après la phrase de Ken « Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort »), ce n’est pas pour tous les publics. Non, non.

15. Urotsukidoji (21 janvier 1989 - 28 décembre 1996)

Le pitch : « Selon la légende, trois univers coexistent sur notre planète (le monde des humains, le monde des hommes-bêtes, et le monde cauchemardesque des démons, ndlr) capables de se fondre dans le corps de jeunes filles. Tous les 3000 ans naît un démon qui a le pouvoir d'unir ces trois mondes. Niki, dont la folie et du meurtre lui sert à se venger de tous ceux qui ont douté de sa virilité et Nagumo, un jeune homme avec qui tout contact sexuel libère les démons de son corps vont tenter de percer son mystère ». Bon, en gros, c’est un dessin-animé véritablement porno, avec des monstres dotés de tentacules-phallus qui adorent s’en prendre à des étudiantes. C’est violent, c’est trash, c’est porno, et c’est bien évidemment interdit aux moins de 18 ans. C’est marqué sur la jaquette (si, si).
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