« Une idée géniale » : Stephen King recommande cette mini-série Netflix en 4 épisodes où tout un quartier se met à entendre ses morts

Stephen King recommande Mes morts tristes, une mini-série Netflix en quatre épisodes signée Pablo Larraín, où une médecin à la retraite voit les morts.

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Le 18 septembre, Stephen King a publié sur X un message largement repris par la presse argentine. Il commence par deux mots, « Cool idea! », soit « une idée géniale ! », puis résume en une seule question le point de départ d'une mini-série qui sortait six jours plus tard sur Netflix : Mes morts tristes (Mis muertos tristes en version originale).

L'auteur de Carrie et de Shining conclut avec une touche personnelle : c'est son « vieil ami » Pablo Larraín qui l'a réalisée. Il a même glissé le mot « amigo » en espagnol dans son message. Disponible depuis le 24 septembre, la série ne compte que quatre épisodes et adapte les nouvelles de l'Argentine Mariana Enriquez, que son éditeur français présente comme une reine de l'horreur.

La question de King en dit d'ailleurs un peu trop : elle dévoile un rebondissement important, que nous garderons pour nous. Voici en revanche tout ce qu'il faut savoir avant de lancer le premier épisode.

Une médecin qui voit les morts depuis toujours

L'héroïne s'appelle Emma (Ema en version originale). Incarnée par Mercedes Morán, cette médecin d'une soixantaine d'années vient de prendre sa retraite à Buenos Aires. Elle voit et entend les défunts depuis toujours. Elle a appris à vivre avec ces « présences », comme elle les appelle, en évitant de trop s'en approcher.

Son fragile équilibre vacille après la mort de sa mère. Emma accueille chez elle sa sœur, son beau-frère et sa nièce Julie, une jeune femme étrangement perturbée, jouée par Carolina Álvarez. Julie possède le même don que sa tante, mais sous une forme beaucoup plus intense et plus trouble.

Au même moment, le meurtre de trois jeunes secoue Piedrabuena, un quartier de Buenos Aires marqué par la violence. L'arrivée de Julie et ce drame déclenchent un phénomène étrange : ce qui n'était que le fardeau d'Emma se propage à tout le quartier. Les morts se manifestent, et plus personne n'échappe à ses propres fantômes. Selon Netflix, ce sont des milliers de vies qui basculent.

Comme dans les livres de Mariana Enriquez, l'horreur surgit au milieu de la vie ordinaire : un deuil, une maison familiale soudain trop pleine, un quartier oublié. Son réalisateur le résume ainsi dans la présentation officielle de Netflix :

Mes morts tristes nous montre une ville, une pauvreté, une violence, des gens et des classes que l'on a oubliés. Il y a de l'abandon, de la mort et de l'amour, mais au fond, la terreur est dans le quotidien.

Ces mots de Pablo Larraín sont traduits de l'espagnol.

Pourquoi Stephen King parle de son « vieil ami »

Le clin d'œil n'a rien d'un hasard. En 2021, Pablo Larraín a réalisé Lisey's Story, la mini-série d'Apple TV+ tirée d'un roman de Stephen King, avec Julianne Moore et Clive Owen. L'écrivain en avait lui-même signé l'adaptation. Le cinéaste chilien est aussi connu pour ses portraits de femmes célèbres, Jackie, Spencer et Maria.

Ce n'est pas non plus la première fois que le romancier fait la promotion d'une série d'horreur venue d'ailleurs. En 2019, il avait encensé la série française Marianne, elle aussi diffusée sur Netflix. Et son nom va bientôt revenir dans l'actualité des séries, avec l'adaptation en mini-série de son premier roman, Carrie.

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Une série née des nouvelles de Mariana Enriquez

La série part de la nouvelle Mes morts tristes, publiée dans le recueil Un lieu ensoleillé pour personnes sombres, paru en France à l'automne 2025 aux éditions du Sous-sol. Elle emprunte aussi des personnages et des passages à d'autres textes de l'autrice, comme Julie, tirée du même recueil. Mariana Enriquez a coécrit l'adaptation avec Guillermo Calderón, Anastasia Ayazi et Pablo Larraín.

Connue pour son roman Notre part de nuit, couronné du prix Herralde en 2019, l'écrivaine argentine mêle depuis des années les fantômes, le folklore et la violence bien réelle de son pays. Pour elle, le plus terrifiant n'est pas le surnaturel, mais ce que la société préfère cacher.

Quatre épisodes, un peu plus de trois heures

Le format est court : quatre épisodes de 47 à 56 minutes, soit 3 h 21 au total. Avant d'arriver sur Netflix, Mes morts tristes a été projetée sous la forme d'un long-métrage de 187 minutes en compétition officielle au Festival de San Sebastián, en Espagne. C'était la première fois que Pablo Larraín concourait dans la sélection principale de ce festival. La série en est toutefois repartie sans récompense.

À l'écran, Mercedes Morán donne la réplique à Dolores Fonzi, Alejandra Flechner et Carolina Álvarez. Interrogée par le quotidien argentin La Nación, l'actrice décrit une histoire imprévisible et très perturbante, qui ne cherche pas à tout expliquer au spectateur. Côté critique, le site argentin OtrosCines la place bien au-dessus de la moyenne des séries formatées du catalogue Netflix, tout en exprimant des réserves.

La mini-série est déconseillée aux moins de 16 ans. Elle est disponible en version originale espagnole sous-titrée et en version française, avec une audiodescription.

Source : Netflix & La Nación

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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