20 000 tonnes de guano extraites, une île laissée sans végétation pendant plus d'un siècle : après 20 000 plantations, 100 000 oiseaux y nichent chaque année

L’île Lady Elliot abritait des milliers d’oiseaux jusqu’à ce qu’un mineur décime tout pour récolter du guano. Aujourd’hui, la végétation et les oiseaux sont revenus grâce aux efforts d'un aviateur.

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L’île Lady Elliot, d’une superficie de 45 hectares, est située en Australie, à l’extrémité sud de la Grande barrière de corail. Pendant des milliers d’années, cette île n’était habitée que par des oiseaux marins.

Cependant, leur présence a attiré les mineurs de guano, un fertilisant naturel très recherché produit à partir des excréments d’oiseaux. Sur l’île, le sol était recouvert d’environ deux mètres de guano, une aubaine pour les mineurs.

Un mineur extrait tout le guano et défriche l’île

Le guano était une ressource très précieuse au milieu du 19ème siècle pour fabriquer de l’engrais. Riche en azote, en phosphate et en potassium, elle intéressait beaucoup les mineurs. L’un d’eux, Jack Askunas, a reçu l’autorisation de s’installer sur l’île pour en extraire du guano en 1863.

L'île sans aucune végétationCrédit photo : ABC

Ainsi, le mineur a défriché tous les arbres de l’île ainsi que les arbustes et les herbes pour récupérer le guano. Au fil du temps, il a détruit l’habitat naturel des oiseaux. 20 000 tonnes de guano ont été extraits de l’île en 10 ans, soit l’équivalent de 30 millions de dollars.

L’île sauvée par un aviateur

Après le passage du mineur, l’île Lady Elliot est restée sans végétation, abandonnée et inhabitable pour les hommes comme pour les oiseaux. Mais c’était sans compter sur l’arrivée de l’aviateur Don Adams, qui a décidé de réhabiliter cette île magnifique.

Pour cela, l’aviateur a recensé toutes les espèces qui poussaient sur des îles similaires pour les planter à nouveau sur Lady Elliot. Comme le rapporte ABC, il a commencé par récolter des noix de coco sur l’île de Drunk, qui se trouvait à proximité, et a fait pousser des cocotiers, toujours existants aujourd’hui.

Mais le projet de Don Adams qui a sauvé l’île est sa pépinière, installée dans le jardin de sa maison. Cette installation lui a permis de cultiver des filaos, des pandanus et des arbres parasols. Il a par la suite transporté par avion des centaines de jeunes plants sur l’île, qu’il a planté et arrosé à la main.

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Le retour de la végétation et des oiseaux

Aujourd’hui, l’île est redevenue un havre de paix grâce à sa faune marine abondante, ses spectaculaires récifs corraliens, sa végétation à perte de vue et le retour des oiseaux. Au coucher du soleil, il est possible de voir des milliers d’oiseaux à l’horizon qui partent pêcher. On trouve des puffins, des founs bruns, des sternes huppées et des phatéons à queue rouge. Les oiseaux sont tellement présents sur l’île que des bouchons d’oreilles sont proposés aux touristes.

La végétation de retour sur l'îleCrédit photo : ABC 

Par la suite, le projet a été confié à Peter et Julie Gash, un couple qui est devenu le gardien de l’île en 2005. Ils ont décidé de créer un complexe touristique encore plus respectueux de l’environnement.

“Nous pensons qu’il est de notre responsabilité de préserver la beauté et la pureté de cet endroit, aujourd’hui comme demain. Nous souhaitons vraiment minimiser notre empreinte écologique et opérer une transition progressive depuis notre dépendance traditionnelle aux énergies fossiles”, a expliqué Amy Gash.

Le complexe touristique fonctionne à 100% à l’énergie solaire. Au cours de ces 20 dernières années, plus de 20 000 arbres ont été plantés sur l’île, que ce soit à la main ou par les oiseaux qui ont disséminé des graines. On compte aujourd’hui 22 espèces d’arbres, d’arbustes et d’herbes indigènes.

Un véritable paradis pour les oiseaux, qui ont retrouvé leur territoire.

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Lisa Guinot

Au sujet de l'auteur :

Journaliste web avec 5 ans d'expérience en rédaction print et digitale, j'assure actuellement le suivi de l'actualité généraliste et des faits de société pour Demotivateur. Spécialisée dans les thématiques liées à l'environnement et à la cause animale, je m'attache à décrypter les enjeux climatiques et sociétaux avec rigueur. Mon expertise couvre également la vie pratique et le journalisme de solutions (Good News).

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