Il y a plus de 60 ans, le 17 janvier 1966, l’Espagne a connu l’un des accidents nucléaires les plus graves de la guerre froide. Alors qu’ils effectuaient une manœuvre de ravitaillement, deux avions américains de l’US Air Force sont entrés en collision au-dessus de Palomares, un village espagnol de près de 700 habitants.
Lors de l’accident, l’un des avions a perdu quatre bombes thermonucléaires qui sont tombées près du village.
50 000 m3 de terre contaminée
Alors que ce scientifique veut faire exploser une bombe nucléaire pour sauver la planète, les bombes américaines avaient une capacité de destruction 75 fois supérieure à celle d’Hiroshima. Si deux d’entre elles ont été récupérées intactes, les charges conventionnelles des deux autres ont explosé, sans explosion nucléaire. Elles ont alors libéré des matières radioactives qui ont contaminé environ 226 hectares.
D’après El Diario, la zone autour du village a été polluée par le plutonium et l’américium. Cependant, plus de 60 ans après cette catastrophe, les 50 000 m³ de terre contaminée attendent toujours d’être retirés. Ce volume serait réduit à 6 000 m³ après traitement, ce qui est non négligeable.
L’inaction des gouvernements
En 2015, une déclaration d’intention a été signée entre les États-Unis et le gouvernement espagnol, prévoyant de négocier un accord contraignant pour réhabiliter les terres contaminées et les stocker aux États-Unis. À l’époque, le coût était estimé à 640 millions d’euros.
Cependant, des détails importants manquaient dans cet accord. Aucun délai d’exécution n’a été indiqué, ni le pays qui financerait ce programme de réhabilitation. En définitive, rien n’a été fait.
La situation est bloquée
Depuis près de 10 ans, les associations écologistes tentent de faire avancer les choses mais se retrouvent bloquées face à l’obstination du gouvernement. Cette situation divise les habitants, car certains estiment qu’il pourrait être dangereux de toucher aux terres contaminées.
« Je ne suis pas scientifique, mais je suis lucide : si on remue le sol, il y aura forcément un problème car des substances vont se libérer dans l’air », « Ce type de contamination est dangereux pour l’être humain. On a 60 ans de retard », ont indiqué des habitants.
Une situation délicate qui n’a pour le moment pas de solution.
