Du paradis à l’enfer.
Vous l’ignorez peut-être, mais la Salton Sea est le plus grand lac de Californie. Cette vaste étendue d’eau s’étend sur environ 970 km². Mais c’est surtout son histoire qui retient l’attention.
Le Salton Sea est en effet né à cause d’une erreur humaine. Si ce bassin a fait les beaux jours des habitants par le passé, il est désormais considéré comme un désastre écologique, qui menace la santé des enfants des alentours malades.
Un lac voit le jour en plein milieu du désert californien
Tout commence en 1901, lorsqu’un canal est construit pour détourner une partie de l’eau du fleuve Colorado vers l’Imperial Valley, une région désertique. À l’époque, des agriculteurs souhaitent cultiver cette plaine grâce à l’irrigation.
Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. En 1905, de violentes crues provoquent une brèche dans les installations, déjà fragilisées par les travaux. Le fleuve Colorado quitte son cours habituel et se déverse dans une vaste cuvette naturelle du désert.
Pendant 18 mois, les eaux coulent en continu dans ce bassin. En 1907, les ingénieurs parviennent enfin à refermer la brèche. La Salton Sea venait alors de naître.
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Contre toute attente, cette catastrophe hydraulique se transforme en une « excellente affaire touristique », souligne le site 2tout2rien.
Entre les années 1940 et 1960, la Salton Sea devient une station balnéaire très prisée des vacanciers. Au programme : des plages sont aménagées pour la baignade et des hôtels sont construits autour du lac.
On voit aussi apparaître des clubs nautiques proposant des activités aquatiques, ainsi que des boîtes de nuit et des maisons de vacances. Ce n’est pas tout. Des poissons sont introduits dans la cuvette pour développer la pêche touristique.
Une catastrophe écologique
Le hic ? Cette station surnommée « le miracle du désert » commence à se dégrader à la vitesse de l’éclair dans les années 1970.
Au cours de cette période, de fortes pluies provoquent des inondations. Résultat : les installations situées à proximité du lac se retrouvent inondées.
En parallèle, la Salton Sea voit sa superficie diminuer petit à petit, en raison de l’évaporation importante et de la diminution des apports d’eau issus du drainage agricole. Le lac s’assèche alors et l’eau devient de plus en plus salée.
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Ce phénomène met à nu des sédiments vaseux et des résidus de produits chimiques agricoles issus des grandes exploitations de la région.
Dans les années 1990, la salinité croissante de l’eau provoque la mort de nombreux poissons. Leurs carcasses s’accumulent et dégagent une odeur nauséabonde. Face à cette situation, les vacanciers désertent les lieux.
Des enfants touchés par les poussières toxiques
Pire encore ! Depuis, le vent soulève des poussières contenant des résidus de pesticides et de métaux, qui se dispersent jusque dans les maisons à proximité. Une situation qui a un impact sur la santé des plus jeunes.
Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie du Sud (USC), puis publiée en octobre 2024 dans la revue scientifique Environmental Research, dresse un bilan inquiétant.
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Entre 2017 et 2019, les scientifiques ont recruté 722 enfants vivant près de la Salton Sea. Les résultats montrent que 24 % d’entre eux présentent de l’asthme, un taux bien supérieur à la moyenne nationale (8,4 % chez les garçons et 5,5 % chez les filles).
« Ce taux anormalement élevé inquiète les experts de la santé quant à l'état de santé des enfants de cette communauté majoritairement défavorisée et peuplée de personnes de couleur, située à 240 kilomètres au sud-est de Los Angeles », précise le communiqué de l’USC.
Face à ce problème sanitaire, les autorités locales tentent de limiter la dispersion des poussières toxiques. Cette pollution durable fait écho aux terres contaminées de Palomares, autre héritage d’un accident survenu des décennies plus tôt.
La Salton Sea, quant à elle, ne semble pas être totalement perdue. Un centre d’extraction de lithium, métal utilisé pour fabriquer les batteries, pourrait voir le jour juste à côté.
