Fourrière : l'enlèvement d'une voiture passe à 135 euros le 1er octobre, voici ce que vous paierez vraiment

Enlèvement à 135 euros, garde à 7,15 euros par jour : la fourrière coûte plus cher dès le 1er octobre. Voici le coût jour par jour et comment payer moins

Ajoutez-nous à vos sources préférées

À partir du jeudi 1er octobre 2026, faire sortir sa voiture de la fourrière coûtera plus cher. L'enlèvement d'une voiture particulière pourra être facturé jusqu'à 135 euros, contre 127,65 euros aujourd'hui, et chaque jour de garde jusqu'à 7,15 euros, contre 6,75 euros. Pour trois jours de fourrière, la note peut atteindre 179,25 euros, sans compter l'amende.

La hausse vient d'un arrêté du 13 septembre 2026, publié au Journal officiel le 22 septembre. Elle fait suite à un protocole signé le 3 septembre entre l'État et les représentants des dépanneurs et gardiens de fourrière. Ces professionnels jugeaient leurs tarifs réglementés trop éloignés de leurs coûts réels.

Paris fait exception : son barème, déjà beaucoup plus élevé, ne bouge pas. Et le texte prépare un autre changement, plus discret mais durable, pour les années à venir.

135 euros l'enlèvement, 7,15 euros par jour de garde

Une facture de fourrière n'a pas un prix unique. Elle additionne plusieurs lignes, et deux seulement augmentent au 1er octobre. Voici les plafonds applicables à une voiture particulière, hors Paris :

  • immobilisation matérielle (pose d'un sabot) : 7,60 euros, sans changement ;
  • opérations préalables à la mise en fourrière : 15,20 euros, sans changement ;
  • enlèvement : 135 euros au lieu de 127,65 euros ;
  • garde : 7,15 euros par jour entamé au lieu de 6,75 euros ;
  • frais de mise en vente : 100 euros, sans changement.

Ces montants sont des maximums. Une commune ou un gardien de fourrière peut facturer moins, jamais plus. Détail étonnant relevé par les professionnels : l'enlèvement d'une voiture coûte déjà plus cher que celui d'un petit poids lourd de 3,5 à 7,5 tonnes, plafonné à 122 euros. Les motos et deux-roues restent à 45,70 euros.

Jour par jour, ce que coûte vraiment une sortie de fourrière

Le chiffre qui compte, c'est le total réclamé au guichet. Si l'on additionne toutes les lignes (sabot, opérations préalables, enlèvement et jours de garde), voici le montant maximal pour une voiture, hors Paris :

  • 1 jour : 164,95 euros, contre 157,20 euros avant le 1er octobre ;
  • 3 jours : 179,25 euros, contre 170,70 euros ;
  • 7 jours : 207,85 euros, contre 197,70 euros ;
  • 10 jours : 229,30 euros, contre 217,95 euros.

La hausse paraît modeste, quelques euros par facture. Le vrai coût, c'est le temps qui passe : chaque semaine au parc ajoute désormais 50,05 euros de garde. Si la voiture n'est pas récupérée dans les trois jours, des frais d'expertise (jusqu'à 61 euros pour une voiture) peuvent aussi s'ajouter.

Enfin, ces frais ne comprennent pas l'amende qui a motivé l'enlèvement : 35 euros pour un stationnement gênant, 135 euros pour un stationnement très gênant. Une voiture récupérée le lendemain peut donc facilement coûter plus de 300 euros au total.

À Paris, la garde reste quatre fois plus chère

Les plus grandes villes ont leur propre barème, fixé par un arrêté de 2003 que le nouveau texte modifie aussi. À Lyon, Marseille et Toulouse, l'enlèvement passe de 127,65 à 135 euros, comme ailleurs, mais la garde reste à 10 euros par jour. Une semaine de fourrière y revient donc à 205 euros pour l'enlèvement et la garde seuls.

À Paris, rien ne change au 1er octobre, mais les tarifs restent les plus lourds de France : 150 euros pour l'enlèvement et 29 euros par jour de garde. Une semaine de fourrière parisienne coûte ainsi 353 euros rien que pour ces deux lignes, contre 185,05 euros dans la plupart des communes.

Comment limiter la facture

Le premier réflexe se joue dans la rue. Si la dépanneuse n'est pas encore là, vous pouvez repartir avec votre voiture sans frais de fourrière. Si elle est arrivée mais que l'enlèvement n'a pas commencé, seuls les frais d'opérations préalables (15,20 euros) sont dus. Si l'enlèvement a commencé, il reste possible de récupérer le véhicule sur place en réglant les frais d'enlèvement et en libérant l'emplacement.

Si la voiture est déjà partie, chaque jour compte, puisque la garde est facturée par jour entamé. Un service en ligne de l'administration permet de savoir, à partir de la plaque d'immatriculation, si le véhicule est en fourrière, et de télécharger l'autorisation de sortie. Le gardien ne rend la voiture qu'une fois tous les frais réglés. Pensez à vérifier la grille tarifaire affichée à l'entrée du parc et à noter d'éventuels dégâts sur le bon de sortie avant de partir.

Mieux vaut ne pas compter sur l'assurance auto : elle prend en charge un remorquage après une panne ou un accident, pas un enlèvement décidé par les autorités. En revanche, la mise en fourrière peut être contestée auprès du procureur de la République ou du préfet, comme indiqué sur la notification envoyée au propriétaire. En cas de relaxe, les frais d'enlèvement et de garde peuvent être remboursés.

Surtout, il ne faut pas laisser traîner. Un véhicule non réclamé est considéré comme abandonné 15 jours après la mise en demeure du propriétaire, et 10 jours seulement si sa valeur est jugée trop faible. Il est alors vendu ou détruit, et les frais restent dus. Un automobiliste en a fait l'amère expérience en rentrant de vacances.

Et ce ne sera pas la dernière hausse. L'arrêté prévoit désormais une révision chaque année des tarifs d'enlèvement et de garde, en fonction notamment du coût des carburants, de la main-d'œuvre et des assurances. Cette révision annuelle s'appliquera à partir du 22 septembre 2027. Jusqu'ici, le barème n'était revu que tous les deux à six ans.

Source : Légifrance

Suivez-nous sur Google

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

À lire aussi