Elle achète un lac et deux maisons dans le Lot-et-Garonne pour 370 000 € : 48 particuliers lui prêtent 215 000 € à 4 % pour les aménager

Dans le Lot-et-Garonne, Alice a acheté un lac de 3 hectares et deux maisons. Pour les aménager, 48 personnes lui ont prêté 215 000 euros à 4 %.

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Un lac privé, trois hectares de terrain, deux maisons et un vieux hangar agricole. C'est ce qu'Alice, 30 ans, a acheté en 2026 dans le Lot-et-Garonne pour 370 000 euros, hors frais de notaire, alors que le bien était affiché à 398 000 euros. Pour le payer, cette investisseuse originaire de Lille a emprunté 300 000 euros à la banque. Pour le transformer, elle a dû convaincre 48 personnes de lui prêter de l'argent.

Son projet n'a rien d'une retraite au calme. Alice veut faire de ce coin de campagne un lieu habité, partagé et rentable, avec du coliving, des cabanes sur l'eau, des tiny houses et, à terme, des séminaires d'entreprise.

Tout est parti d'une nuit en van

Sur ses réseaux, la jeune femme se présente comme une investisseuse qui aurait « pris sa retraite à 27 ans grâce à l'immobilier ». Hyperactive de son propre aveu, elle enchaîne les projets. Le déclic est venu lors d'un voyage en van, a-t-elle raconté au Figaro Immobilier :

Le premier arrêt que j'ai fait avec mon van, c'était à côté d'un lac. Je me suis sentie apaisée.

Elle se met alors à éplucher les annonces de lacs à vendre. Celui qu'elle finit par acheter se trouve dans une région qu'elle connaît : enfant, elle venait y passer ses vacances chez sa grand-mère, écrit-elle sur la page de présentation de son hébergement.

Alice van

Sur le terrain, deux maisons. La plus petite, 70 m², est devenue sa résidence principale. La seconde, 130 m² et quatre chambres, est destinée à la location. Sur l'eau, deux cabanes flottantes en bois complètent le décor.

215 000 euros prêtés par 48 personnes

Le prêt bancaire couvrait l'achat, pas les travaux. Pour rénover les maisons, Alice a puisé dans ses économies et reçu l'aide de sa famille, sans que cela suffise. Elle s'est donc tournée vers un financement participatif d'un genre particulier : un prêt entre particuliers. Chaque participant signe un contrat de prêt avec elle, remboursable sur cinq ans, avec un taux d'intérêt de 4 %.

La différence avec une cagnotte est importante. L'argent n'est pas donné : il doit être rendu, intérêts compris. Et comme pour tout prêt, les participants comptent sur la réussite du projet pour être remboursés.

En octobre 2025, le site Neozone indiquait qu'elle avait déjà réuni plus de 200 000 euros sur un objectif de 250 000 euros. Au bout du compte, 48 prêteurs lui ont confié 215 000 euros. Environ 70 % d'entre eux étaient des proches ou des connaissances, selon elle. Les autres l'ont découverte sur LinkedIn et Instagram, où elle documente son projet, baptisé « On achète un lac ».

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Coliving, cabanes flottantes et tiny houses : le plan pour atteindre 140 000 euros

Cabane flottantes

Pourquoi ne pas simplement profiter du lac en solitaire ? Parce qu'Alice se décrit comme très extravertie et redoutait de s'isoler en pleine campagne. Elle a donc imaginé un lieu où l'on vient vivre, travailler et se rencontrer.

La grande maison accueille un coliving destiné à des entrepreneurs ou des artistes, qui peuvent louer une chambre de quelques nuits à trois mois. D'après la présentation de l'hébergement, une colocation de quatre jeunes actifs y vit déjà. Les deux cabanes flottantes sont proposées aux voyageurs à partir de 112 euros la nuit sur la plateforme GreenGo. On les rejoint à la rame. Elles sont autonomes, alimentées par des panneaux solaires, avec des toilettes sèches sur la plateforme et une salle de bain à terre.

La suite doit venir du hangar agricole, qu'Alice veut transformer en espace pour les groupes : coworking à la journée, séminaires, salle de formation, salle de sport et peut-être des dortoirs. Trois tiny houses doivent aussi s'installer sur le terrain pour de la location saisonnière. Ces constructions exigent des autorisations d'urbanisme. Pour l'instant, la mairie a seulement donné un accord de principe.

Pour cette première année, la propriétaire vise 40 000 euros de chiffre d'affaires, sachant que les locations n'ont démarré qu'en avril 2026. Une fois le site entièrement aménagé, d'ici 2028 selon ses estimations, elle espère atteindre 140 000 euros par an, répartis ainsi :

  • 45 000 euros pour les trois tiny houses ;
  • 35 000 euros pour le coliving ;
  • 30 000 euros pour les cabanes flottantes ;
  • 30 000 euros pour le hangar.

Il s'agit bien de chiffre d'affaires, et non de bénéfice. Sur ces recettes, il faudra rembourser le crédit de 300 000 euros et les 215 000 euros prêtés par les particuliers, sans compter l'entretien et les futurs travaux.

L'idée rappelle d'autres projets d'habitat partagé, comme celui de cette Américaine de 70 ans qui a vidé son plan retraite pour créer un village de tiny houses réservé aux femmes seules. Pour Alice, le pari est aussi personnel que financier :

Je peux à la fois profiter de la nature et de la campagne, tout en créant un lieu où se développe une vraie sociabilité.

Source : Le Figaro Immobilier

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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