Après sa séparation, elle construit une tiny house XXL pour elle et ses deux enfants : trois chambres, un bureau et environ 124 000 euros

En Australie, Sheree a bâti en famille une tiny house de 10,4 mètres avec trois chambres et un bureau. La facture a atteint environ 124 000 euros.

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Trois chambres, un bureau, une cuisine avec un four double et deux escaliers. Le tout tient sur une remorque à quatre essieux, au milieu des arbres, dans le Queensland, en Australie. C'est la maison que Sheree a imaginée pour elle et ses deux enfants après avoir quitté Brisbane. Elle est si grande que Bryce Langston, qui visite des mini-maisons du monde entier depuis plus de dix ans pour sa chaîne YouTube Living Big in a Tiny House, y voit peut-être la plus grande tiny house qu'il ait jamais vue dans le pays.

Le prix a suivi la taille. Sheree visait un budget d'un peu plus de 100 000 dollars australiens. Elle estime avoir fini autour de 200 000, soit environ 124 000 euros.

Une maison sur roues plus large que la limite autorisée

Pour gagner de la place, Sheree a choisi la solution la plus simple : agrandir. Sa maison mesure environ 10,4 mètres de long sur 3 mètres de large, selon ses propres estimations, soit un peu plus de 31 m² au sol, sans compter les mezzanines. Elle le reconnaît volontiers : c'est plus large que la norme. En Australie, une tiny house sur roues ne doit pas dépasser 2,5 mètres de large pour être immatriculée comme une caravane classique. Au-delà, son transport impose des démarches particulières.

Le projet est né d'une séparation. Sheree raconte avoir décidé, d'un commun accord avec son mari, de transformer leur mariage en amitié. Pendant cette période, elle dévorait les épisodes de la chaîne et rêvait de sa propre maison. Elle ne partait pas de zéro : elle avait déjà piloté un chantier de division de terrain, où une maison de récupération avait été déplacée sur la parcelle, et réalisé elle-même une partie des travaux, comme la peinture.

Elle a d'abord trouvé le terrain, puis conçu la maison pour qu'elle se fonde dans le paysage. Un ami a fabriqué la remorque, volontairement surdimensionnée, ainsi que des supports sur mesure. À l'extérieur, un bardage en fibres de bois qu'elle a laissé blondir au soleil, des fenêtres noires et un coffre de fenêtre traité selon une technique japonaise de bois brûlé.

Cuivre, noyer et liège pour une cuisine familiale

Le tout premier objet acheté pour la maison est une lampe aux reflets cuivrés. La décoration entière a été pensée autour d'elle : évier en cuivre, plans de travail en noyer, pour lesquels elle dit avoir beaucoup dépensé, et meubles noirs. Ses proches craignaient que le noir rende la pièce petite et sombre. Elle assure au contraire qu'il la rend plus chaleureuse une fois les lumières allumées.

Au sol, des dalles de liège, choisies pour leurs qualités isolantes : fraîches en été, tièdes en hiver. Passionnée de cuisine, Sheree a placé la cuisinière face à l'évier et choisi un four à deux compartiments pour faire cuire un rôti et un autre plat en même temps. Une banquette sous la fenêtre lui permet de lire face à la forêt. La table en camphrier a été fabriquée par un atelier associatif du coin, un « Men's Shed », et se règle en hauteur. Un vrai atout pour cette femme de petite taille, qui l'abaisse pour dîner et la remonte pour s'en servir comme plan de travail.

Les rangements sont si nombreux que certains placards restent vides, alors qu'elle y stocke aussi le matériel de son cabinet de médecine naturelle, désormais installé dans son bureau à domicile.

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Deux escaliers, deux mezzanines et une chambre d'amis

Chambre Tiny House

Deux escaliers encadrent une grande fenêtre et cachent des rangements. Dans la salle de bains, un mur a été coupé en biais pour gagner de l'espace et la douche est dissimulée dans un recoin. Le lave-linge et le sèche-linge se logent sous l'escalier. Le second était indispensable, explique-t-elle : il pleut beaucoup dans la région et, avec des enfants, il faut que le linge sèche.

Au rez-de-chaussée, une porte mène à la chambre de son fils et à une chambre d'amis. Le garçon vit chez elle à temps partiel et le reste du temps chez son père, à quatre minutes de là. À l'étage, sa fille dispose de la plus grande chambre de la maison, avec quatre fenêtres. De l'autre côté, Sheree s'est aménagé une suite sur deux niveaux : une chambre où elle peut se tenir debout pour s'habiller, et un bureau où elle travaille tard le soir sans déranger personne. La banquette posée au-dessus de l'entrée de la chambre de son fils peut même servir de couchage d'appoint.

Un budget qui a explosé

Sheree

Sheree avait prévu un peu plus de 100 000 dollars australiens. Elle les a largement dépassés, au point d'arrêter de compter face à la hausse du prix des matériaux. Pour limiter la facture, elle a réalisé une partie des travaux elle-même, son fils a participé à la construction et sa fille à la peinture. Son estimation finale tourne autour de 200 000 dollars australiens, un montant que Bryce Langston juge remarquable pour une maison de cette taille et de cette qualité. À titre de repère, un constructeur australien spécialisé, Fred's Tiny Houses, situe le prix d'une tiny house sur roues livrée finie entre 90 000 et 170 000 dollars australiens.

Un dérapage qui rappelle celui de cette Américaine qui a quitté une maison de 280 m² pour une tiny house après son divorce, et dont la facture avait presque doublé.

Après un peu plus d'un an sur place, Sheree ne changerait qu'une chose : le coin repas, d'où il faut parfois ramper pour ressortir quand on a oublié quelque chose. Pour le reste, elle dit se sentir la femme la plus chanceuse du monde (propos traduits de l'anglais) :

C'est un régal de pouvoir me réveiller et me dire : waouh, j'ai fait ça, j'ai créé ça.

La suite se jouera dehors. Elle rêve désormais d'une terrasse couverte et d'un jardin où faire pousser de quoi nourrir la famille.

Source : Living Big in a Tiny House & Shire of Esperance

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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