À Atlanta, aux États-Unis, Precious Price a transformé un simple abri de jardin en une tiny house cosy de 27 mètres carrés. Cinq ans plus tard, cette petite maison est devenue bien plus qu'un investissement : un véritable cocon familial.
En 2020, en plein cœur de la pandémie, Precious Price, entrepreneuse dans l'immobilier, prend une décision inattendue : installer une tiny house dans son jardin.
À l'époque, elle gère plusieurs locations de courte durée, dont des chambres au sein de sa propre maison de trois chambres. Mais le Covid-19 rend la location classique compliquée et risquée. Son idée : emménager dans une structure plus petite et mettre sa maison principale sur Airbnb pour continuer à générer des revenus, tout en restant en sécurité.
Elle se lance alors dans la conception d'un « accessory dwelling unit » (ADU), une petite habitation indépendante bâtie sur le même terrain qu'une maison. Cette mini-maison de 27 mètres carrés a été convertie à partir d'un abri de jardin surélevé, puis raccordée aux réseaux de sa maison principale. Coût total : environ 32 000 euros, structure préfabriquée, main-d'œuvre et matériaux compris.
« Comme souvent avec les grandes idées, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Et finalement, c'est ce qui a tout changé. »
1. Une location courte durée sur Airbnb
La tiny house est achevée en mars 2021. Après un budget dépassé et des délais rallongés, Precious décide de la proposer en location courte durée pour amortir les coûts, à un tarif compris entre 82 et 119 euros la nuit.
Elle devient rapidement l'un des logements les plus prisés de son portefeuille, portée notamment par sa web-série « Going Tiny », qui documente toute la construction, du croquis à la première réservation.
Ses hôtes vont de l'ouvrier du bâtiment aux couples, en passant par les voyageurs solo en quête d'une expérience plus personnelle qu'un hôtel. Un vrai bonheur pour elle de voir des inconnus s'approprier un espace qu'elle avait imaginé et bâti de zéro.
2. Des locations plus longues pour les habitants du coin
En 2022, Precious tourne le dos à Airbnb. Comme elle l'explique dans son TEDx consacré à l'insécurité du logement, elle se sent tiraillée : offrir de beaux espaces à des touristes alors que de nombreux habitants peinent à se loger durablement.
Elle bascule donc vers des locations de moyenne et longue durée, proposant l'ADU à des étudiants en master, des infirmiers en mission ou d'autres professionnels, pour environ 1 200 euros par mois. Des personnes qui avaient besoin d'un pied-à-terre proche de la ville, mais souvent exclues du marché immobilier.
« La mini-maison générait toujours des revenus, mais désormais, elle était en accord avec mes valeurs. »
3. Son tour de vivre dans le tout petit
Début 2023, Precious traverse une période de transition. Elle vient de mettre fin à une longue relation et aspire à la solitude et à un nouveau départ. C'est là qu'elle décide d'emménager elle-même dans l'ADU.
Pendant six mois, elle adopte pleinement la vie en tiny house au fond de son propre jardin, tout en louant les chambres de sa maison principale à des étudiants pour environ 2 500 euros par mois au total. De quoi réduire ses dépenses et redécouvrir un espace qu'elle avait jusque-là vu comme un simple investissement.
« C'est devenu un refuge, qui soutenait à la fois mes finances et ma guérison après la rupture. »
4. Un espace pour aider sa sœur

Plus tard cette année-là, sa sœur cadette s'installe à Atlanta avec son fiancé. Le couple attend son premier enfant. Precious leur propose alors de vivre dans l'ADU, un cocon paisible pour aborder sereinement l'arrivée de bébé, sans la pression d'un loyer élevé. Une démarche qui rappelle celle de ce couple qui a construit une tiny house dans son jardin pour y loger sa mère. Ils y vivent gratuitement les premiers mois, avant de contribuer à hauteur de 1 100 euros par mois.
C'était la première fois depuis près de dix ans que Precious vivait dans la même ville qu'un membre de sa famille. Depuis son départ pour l'université et son installation en solo à Atlanta, elle s'était fait des amis et avait bâti sa communauté, mais avoir sa sœur à ses côtés lui apportait un ancrage qu'elle n'avait jamais connu.
« Avoir ma sœur tout près m'a ancrée comme rien d'autre ne l'avait fait auparavant. »
Leur organisation n'a rien de traditionnel, mais elle est profondément épanouissante. Elles partagent les repas, veillent l'une sur l'autre et vivent en véritable communauté. Quand Precious enchaîne les longues journées de travail, c'est sa sœur qui s'assure qu'elle mange. Et dans les moments plus doux — soirées tardives autour du feu, séances ciné improvisées, petits mots pour prendre des nouvelles, c'est un peu comme grandir de nouveau ensemble, mais cette fois en femmes qui construisent, côte à côte, stabilité, sororité et un vrai foyer.
En 2024, leur plus jeune sœur rejoint elle aussi la ville pour étudier au Spelman College. Résultat : deux sœurs, un neveu, un beau-frère devenu comme un frère, et une belle dose de joie et de soutien à portée de main.
Une tiny house devenue déclencheur
Aujourd'hui, l'ADU abrite toujours sa sœur et sa famille. Mais au-delà de ça, elle est devenue le symbole de ce qui est possible quand on repense la manière d'utiliser l'espace qu'on possède déjà.
À l'heure où la solitude touche de plus en plus de monde et où le coût du logement ne cesse de grimper, ces petites habitations offrent une solution puissante : de la flexibilité, la possibilité de faire vivre plusieurs générations ensemble et de générer des revenus quand c'est nécessaire.
Forte de cette expérience, Precious a d'ailleurs lancé son entreprise, Gather ADU, pour aider d'autres propriétaires à construire ce type de logement. La plupart de ses chantiers se trouvent en Californie, mais elle vient tout juste de démarrer sa première construction en Géorgie, pour une amie proche vivant à quelques rues de chez elle.
« Il y a cinq ans, quand j'ai construit cette tiny house, je n'avais aucune idée que cela donnerait naissance à une entreprise. Mais j'ai surtout appris que les ADU ne parlent pas seulement de logement : elles parlent de possibilités, de lien et d'espace pour grandir. »
