Devenir propriétaire n’est pas une mince affaire. Pour contourner cette difficulté, certains Australiens ont trouvé une solution : acheter des maisons au Japon, où des millions de logements abandonnés sont vendus à bas prix.
Jaya Thursfield a fait ce choix. Dans une interview accordée à SBS Dateline, il partage son expérience.
Trop cher en Australie, ils achètent une maison au Japon
Désireux d’acquérir un bien immobilier, Jaya Thursfield, 47 ans, s’est retrouvé face à un dilemme : acheter une maison en Australie, sa terre natale, ou bien au Japon, d’où est originaire sa femme Chihiro.
Finalement, le couple a opté pour le pays du Soleil-Levant car les prix de l’immobilier à Melbourne dépassaient leur budget.
Le quadragénaire et sa compagne ont pris cette décision après avoir entendu parler des « akiya », des maisons vacantes ou abandonnées au Japon qui se trouvent généralement dans des zones rurales.
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L’archipel nippon compterait environ neuf millions de logements de ce type. Selon une récente étude, ces habitations se trouvent aussi dans les grandes villes.
Comme le précisent nos confrères australiens, les «akiya» sont des logements qui ont été délaissés en raison du déclin démographique important du pays et de la tendance des habitants à privilégier la vie urbaine.
Pour lutter contre ce phénomène, ces maisons sont répertoriées dans des «banques d’akiya» gérées par les autorités. Il est alors possible de les acquérir à des prix très avantageux. La famille Thursfield a elle aussi sauté sur l’occasion.
« Nous avons décidé de nous installer dans la ville natale de ma femme pour trouver un logement moins cher », a expliqué Jaya.
Ils déboursent 30 000 dollars pour une ferme abandonnée
Jaya et Chihiro ont trouvé leur «akiya» dans la préfecture d’Ibaraki, à environ une heure de route au nord-est de Tokyo, grâce à une annonce dans un journal.
Le couple a acheté cette ancienne ferme pour 30 000 dollars australiens (environ 18 700 euros), alors que le prix médian d’une maison en Australie atteint 890 000 dollars australiens (environ 554 500 euros).
La bâtisse affiche des dimensions impressionnantes : elle mesure 250 m² et abrite trois chambres, une salle de bain, ainsi qu’une chambre d’amis. Elle se trouve sur un vaste terrain de 1 800 m².
Dissimulée derrière de hautes herbes, la propriété est restée vide pendant plusieurs années. C’est son style traditionnel qui a séduit les Thursfield.
La maison possède en effet un toit en pente, caractéristique des temples japonais, et sa véranda, appelée « engawa », renforce son charme d’antan.
Le hic ? À l’intérieur, Jaya et sa femme ont été mal à l’aise en découvrant les affaires des anciens propriétaires. Malgré tout, ils étaient ravis d’avoir saisi cette belle opportunité.
D’importants travaux de rénovation
Depuis l’achat de la ferme, les nouveaux propriétaires ont dépensé 250 000 dollars australiens (environ 155 750 euros) en rénovations.
Jaya, qui n’avait encore jamais réalisé de tels travaux, a documenté le chantier sur sa chaîne YouTube. À ses yeux, chaque dollar investi en valait la peine.
« Par-dessus tout, ce que je voulais vraiment dans une maison, c’était un grand jardin. J’ai grandi dans un jardin et je voulais offrir la même chose à mes enfants. J’ai le sentiment d’avoir réussi à réaliser le rêve australien ici, au Japon. Et c’est quelque chose qui devient de plus en plus difficile en Australie aujourd’hui », a-t-il confié.
Dans son témoignage, le père de famille a mis en lumière un autre point : les maisons japonaises perdent de la valeur avec le temps. Résultat : il ne laissera probablement pas un patrimoine immobilier conséquent à ses enfants.
« Je ne sais pas si mes enfants choisiraient de vivre dans cette maison lorsqu’ils en hériteront, plus tard. Elle deviendra peut-être une akiya », a-t-il conclu.
