Une histoire qui fait ressurgir un terrible pan du passé.
En 2013, l’affaire Cornelius Gurlitt a fait parler d’elle. Et pour cause : une collection de plus de 1 400 œuvres d’art a été retrouvée dans l’appartement de cet Allemand. Certaines pourraient avoir été spoliées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Des enquêteurs du fisc découvrent 1 406 œuvres d’art dans un appartement de Munich
Tout a commencé en 2010 lorsque des agents du fisc allemand se sont intéressés à Cornelius Gurlitt dans le cadre d’une enquête pour suspicion de fraude fiscale.
Après avoir obtenu un mandat, ils se sont rendus chez l’octogénaire en février 2012, dans son appartement situé à Munich. À l’intérieur, ils ont découvert un logement encombré de détritus.
Plus surprenant encore : ils ont trouvé 1 406 œuvres d’art. Certaines d’entre elles auraient été conservées à l’abri des regards pendant des décennies. Parmi les trésors mis au jour, des créations signées Pablo Picasso, Marc Chagall, Henri Matisse ou encore Pierre-Auguste Renoir.
Crédit Photo : Lostart.de/parquet d’Augsburg/AFP/File
Des toiles estimées à plusieurs millions d’euros
Interrogée par nos confrères de TF1, Meike Hofmann, historienne de l'art à l'Université libre de Berlin, se souvient de cette scène. À l’époque, des policiers présents sur place lui avaient demandé son expertise.
« Je suis arrivée dans un tout petit appartement. Je suis entrée... waouh, quelle collection. Il y a des œuvres absolument partout, sur chaque étagère, accrochées sur les murs, vraiment partout », a-t-elle raconté.
Selon elle, les tableaux, les estampes et autres toiles étaient en excellent état, d’une « qualité musésale », a ajouté la spécialiste.
Crédit Photo : Lostart.de/parquet d’Augsburg/AFP/File
Dans un premier temps, la valeur de cette collection hors norme a été estimée à 1 milliard d’euros. Mais ce chiffre a été revu à la baisse : elle vaudrait en réalité moins de 50 millions d’euros.
Mais comment Cornelius Gurlitt a-t-il pu accumuler autant de pièces de cette valeur ?
Des œuvres spoilées sous le régime nazi
Comme le précisent nos confrères, le vieil homme, décédé le 6 mai 2014, avait hérité de cette collection de son père, le marchand d’art Hildebrand Gurlitt.
Proche du régime nazi, ce dernier aurait récupéré des œuvres volées à des familles juives ou cédées sous la contrainte.
Crédit Photo : Wikimédia
Ce n’est pas tout. Il était également chargé de vendre à l’étranger des pièces confisquées aux musées allemands, qualifiées d’« art dégénéré » par les autorités du Troisième Reich.
Après la guerre, Hildebrand Gurlitt a indiqué que les toiles spoliées avaient été détruites lors des bombardements alliés sur Dresde. Il s’agissait en réalité d’un mensonge destiné à les garder.
Il les a ensuite confiées à son fils et lui a fait jurer de les cacher. Finalement, Cornelius Gurlitt a tenu sa promesse pendant près de 70 ans.
