Direction Hong Kong pour retracer l’incroyable histoire de la Citadelle de Kowloon. Surnommée «la cité des ténèbres», cette enclave fortifiée fut aussi l’une des plus densément peuplées au monde.
Architecture atypique, violence urbaine, gangs, zone de non-droit… Cette ville hors du commun a fasciné autant qu’elle a effrayé avant sa destruction, dans les années 1990. Pourtant, la vie à l’intérieur n’était pas aussi sombre qu’on pourrait le croire.
La Citadelle de Kowloon : un lieu à la sombre réputation
Pendant des années, la Citadelle de Kowloon a souffert d’une sombre réputation. Elle était considérée comme un repaire de mafieux sans foi ni loi, qui dissuadait les touristes et les plus curieux de s’y aventurer.
Il faut dire que cette ancienne citadelle militaire chinoise située à Kowloon, un quartier de Hong Kong, semblait tout droit sortie d’un film dystopique. Et notre petit doigt nous dit que son architecture y est pour quelque chose.
La cité constituait un véritable labyrinthe vertical anarchique. Les immeubles étaient en effet collés les uns aux autres, tandis que les rues étroites étaient privées de la lumière du soleil. Des tuyaux et des câbles s’entremêlaient dans tous les sens et les toits étaient encombrés d’antennes de télévision, explique le site HowStuffWorks.
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Cette structure désordonnée, composée de constructions non réglementées, abritait pourtant une population record. À son apogée, ce bloc urbain comptait environ 50 000 habitants sur 0,026 km², l’équivalent de trois terrains de football.
La Citadelle de Kowloon était alors l’endroit le plus densément peuplé de la planète.
Comment est née cette « ville » ?
Pour comprendre les origines de «La cité des ténèbres», il faut remonter en 1842, après la première guerre de l’opium. À l’époque, la Chine a cédé l’île de Hong Kong aux Britanniques. Néanmoins, l’Empire du Milieu a conservé une forteresse militaire sur la baie de Kowloon pour affirmer sa présence dans la région.
Baptisée la cité fortifiée de Kowloon, elle mesurait 213 mètres de long sur 122 mètres de large. Mais celle-ci a été abandonnée par l’armée chinoise en 1899. Dans la foulée, elle est devenue un abri pour les réfugiés et les occupants sans titre.
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Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement britannique a tenté de déloger les occupants de la cité fortifiée de Kowloon, sans succès. Au fil des années, la ville a attiré des travailleurs, des familles, mais aussi des gangs et des réseaux de prostitution.
Autre fait intéressant : Kowloon se trouvait dans un vide juridique et administratif. En d’autres termes, les autorités chinoises et britanniques peinaient à y exercer leur contrôle, ce qui a fait d’elle une zone livrée à elle-même.
À quoi ressemblait la vie à l’intérieur de la cité ?
Contrairement à la croyance populaire, la citadelle de Kowloon était loin d’être aussi sombre. Derrière ce mastodonte de béton se cachait en réalité un quartier plein de vie, où se côtoyaient les habitants de tous horizons.
Les rues étroites étaient remplies de stands de nourriture proposant des raviolis, de la soupe de boulettes de poisson ou encore des viandes rôties.
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La communauté a même mis en place des écoles improvisées. Des médecins et des dentistes sans licence exerçaient à côté des cafés et des maisons closes.
« Cet endroit était considéré comme une zone interdite, controlée par les triades et remplie de criminalité et de dangers », raconte Fiona Hawthorne, une artiste installée à Londres qui a visité les lieux dans les années 1980.
Avant d’ajouter :
« Les histoires sensationnalistes sur la cité fortifiée de Kowloon sont innombrables et semblent s’être multipliées depuis sa disparition. Je trouve cela frustrant, car mon expérience sur place est très différente ».
Finalement, la citadelle a été entièrement démolie en 1994, tandis que ses résidents ont été évacués progressivement. De cette cité historique est né un jardin de style chinois, ouvert au public.
