Une découverte importante !
Ce n’est un secret pour personne : les récifs coralliens abritent une immense biodiversité. Ces écosystèmes jouent un rôle essentiel dans la protection des espèces marines. Hélas, le réchauffement des océans menace ces milieux naturels et favorise le blanchissement des coraux.
Alors que ce phénomène représente une menace majeure pour leur survie, des scientifiques sont parvenus pour la première fois à inverser ce processus en un temps record.
Cette avancée pourrait ouvrir la voie à d’autres méthodes pour restaurer rapidement les coraux malades, qui, selon certaines estimations, pourraient bientôt disparaître en raison du changement climatique.
Des chercheurs découvrent comment inverser le blanchissement des coraux
Selon Phys.org, des chercheurs de l’Université américaine Stanford ont découvert un moyen de ramener des coraux blanchis au bord de la mort en les mettant en contact avec des coraux sains pendant seulement quelques jours, selon une étude publiée dans la revue Science Advances.
« Les coraux blanchis présentent un taux de mortalité si élevé que beaucoup les considèrent comme une cause perdue. Pourtant, même s'ils sont en train de mourir, ils ne sont pas encore morts », a indiqué Danny Collins, auteur principal de l’étude et doctorant en océanographie dans un communiqué.
Avant d’ajouter :
« La question à laquelle nous voulions répondre est la suivante : une fois qu’un corail a blanchi, que pouvons-nous faire ? ».
Dans le détail, Danny Collins et son équipe ont observé que le contact avec des coraux sains génétiquement identiques permettait aux coraux blanchis de récupérer en seulement sept semaines.
« Ce que nous avons découvert était stupéfiant. Les coraux sains ont rapidement transféré des algues bénéfiques aux coraux blanchis, leur redonnant ainsi leur pigmentation et les aidant à se rétablir en très peu de temps », a ajouté le spécialiste.
Une expérience en laboratoire
Pour parvenir à un tel résultat, le chercheur a mis au point une expérience simple en laboratoire : il a constitué dix paires de fragments de corail provenant du même individu. Chaque paire comprenait un échantillon sain et un autre blanchi.
Une fois cette étape terminée, il a placé les morceaux de cinq paires suffisamment près les uns des autres pour qu’ils se touchent, tandis qu’il a laissé quelques millimètres d’espace entre ceux des cinq paires restantes.
Crédit Photo : Danny Collins
À l’issue de cette expérimentation, les fragments blanchis qui ont touché les coraux sains ont recouvré la santé en sept semaines. De leur côté, ceux restés à l'écart sont morts.
« Les coraux génétiquement identiques se reconnaissent lorsqu’ils entrent en contact. Leurs tissus fusionnent lorsqu’ils proviennent du même clone. On observe un phénomène similaire chez les humains. Les greffes d’organes réussissent souvent lorsque le donneur est un jumeau monozygote », a expliqué Stephen Palumbi, biologiste marin et professeur à l’Université Stanford, en Californie.
Danny Collins, quant à lui, précise que cinq jours de contact ont « suffi pour déclencher le rétablissement, passé ce délai, le corail sain pouvait être retiré et le corail blanchi pouvait poursuivre son rétablissement de manière autonome ».
Comment ça marche ? Les algues transférées par les coraux sains se multiplient dans les tissus des coraux blanchis, et le tour est joué.
Une méthode qui présente une limite
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette technique est une bonne nouvelle pour ces organismes.
« Les coraux blanchis sont souvent considérés comme des cas désespérés, car leur rétablissement après une vague de chaleur est très lent, lorsqu’il se produit », a déclaré Fiorenza Micheli, professeure en sciences marines à Stanford.
Crédit Photo : Danny Collins
Le hic ? Si cette méthode redonne espoir, elle connaît une limite de taille. Comment l’appliquer à grande échelle pour restaurer les récifs ?
Pour pallier ce problème, les chercheurs prévoient d’étudier d’autres moyens d’apporter les algues bénéfiques aux coraux blanchis sans contact prolongé.
« Ces nouvelles découvertes sur la capacité naturelle des coraux à se rétablir donnent de l’espoir pour l’avenir. Elles ouvrent de nouvelles perspectives et pourraient nous conduire à la percée dont nous avons besoin pour accélérer la restauration des récifs », conclut Fiorenza Micheli.
Affaire à suivre…
