Suite à la manifestation qui a eu lieu en France le 17 octobre et aux violences qui ont éclaté, 17 mineurs ont été interpellés à Paris. 14 d’entre eux ont été arrêtés pour des faits de vol aggravé dans un commerce de Saint-Denis. En effet, en marge de la manifestation, de nombreux commerces ont été détruits et pillés. Si ce comportement a indigné de nombreux Français, une influenceuse a récemment lâché "C'est vraiment mignon" face aux commerçants qui ont tout perdu.
Les mineurs ont passé la nuit dans le dépôt du tribunal de Bobigny, du mardi 20 au mercredi 21 octobre. Il s’agit d’un lieu situé dans le sous-sol du palais de justice où sont transférées les personnes en garde à vue qui doivent être jugées.
“Des déchets et des bouteilles d’urine”
Cependant, les adolescents auraient été maintenus dans des conditions “indignes et abominables”, comme l’a dénoncé le barreau de Seine-Saint-Denis ce mercredi 22 octobre. Les adolescents auraient dormi à même le sol, dans le froid, avec seulement 10 matelas pour 86 personnes. Aucune cellule n’était dédiée aux jeunes filles.
“Aucun matelas pour aucun d’entre eux, alors que des cellules collectives étaient vides ; le froid, avec des tremblements chez au moins trois mineurs, des couvertures de survie pour seul équipement ; des cellules sales avec des déchets et des bouteilles d’urine laissés par de précédents occupants ; des banquettes trop courtes pour s’allonger”, dénonce le bureau, d'après une vidéo publiée sur X par France Info.
Crédit photo : @Elsa_Marcel / X
Un rapport de 18 pages
Si certains mineurs ont pu voir un médecin, ce n’est pas le cas de tous car certains n’ont reçu aucune proposition de consultation médicale. Afin d’illustrer les conditions de détention des adolescents, le barreau a fourni plusieurs photos ainsi qu’un rapport accablant de 18 pages. De son côté, le parquet a reconnu des manquements.
“Force est de constater que ces mineurs n’ont pas pu être accueillis au cours de la nuit au dépôt de Bobigny dans des conditions acceptables”, a déclaré Alexandre de Bosschère, le procureur de Bobigny.
Crédit photo : @Elsa_Marcel / X
“Une horreur judiciaire”
Une centaine d’avocats, de professeurs et d’élus se sont rassemblés devant le tribunal pour dénoncer ces conditions de détention inacceptables.
“On est en train de traumatiser des gamins”, “Une horreur judiciaire”, “30 ans que je suis avocate, je n’ai jamais vu ça”, “On veut les marquer pour qu’ils arrêtent de manifester”, ont-ils déclaré.
Ce n’est pas la première fois que le dépôt du tribunal de Bobigny est pointé du doigt. La vétusté du lieu est connue et la construction de nouveaux locaux devrait débuter en novembre prochain.
