Les propriétaires de plus de 75 ans aux revenus modestes ne paient pas de taxe foncière sur leur résidence principale. Pour l'impôt 2026, le plafond à respecter est de 12 793 euros de revenu fiscal de référence pour une personne seule. En 2027, il devrait être relevé de 2,1 %, à condition que le budget soit voté.
Les avis de taxe foncière 2026 sont arrivés ces dernières semaines et, pour beaucoup de retraités propriétaires, la facture pèse lourd sur une petite pension. Tous ne sont pourtant pas logés à la même enseigne. Passé un certain âge et sous un certain niveau de revenus, l'impôt disparaît complètement, ou baisse de 100 euros.
La règle n'a rien de nouveau, mais son seuil bouge chaque année. Et celui qui s'appliquera en 2027 se dessine déjà dans le projet de budget présenté par le gouvernement le 1er octobre. Rien n'est encore définitif : voici ce que l'on sait, et ce qui reste à confirmer.
Zéro euro après 75 ans, 100 euros de moins dès 65 ans
Selon Service Public, plusieurs profils échappent totalement à la taxe foncière sur leur habitation principale. Les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et de l'allocation supplémentaire d'invalidité (Asi) sont exonérés sans condition de revenus. Les bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et les propriétaires âgés de plus de 75 ans au 1er janvier de l'année le sont aussi, mais seulement si leur revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond.
Pour la taxe foncière 2026, calculée sur les revenus de 2025, ce plafond est de 12 793 euros pour une part fiscale en métropole, soit une personne seule. Il monte à 19 625 euros pour un couple (deux parts), chaque demi-part supplémentaire ajoutant 3 416 euros. Les montants sont plus élevés dans les départements d'outre-mer.
Entre 65 et 75 ans, pas d'exonération totale, mais une réduction de 100 euros sur la taxe foncière de la résidence principale, sous les mêmes plafonds. Dans les deux cas, tout dépend donc de deux chiffres : votre âge au 1er janvier et le revenu fiscal de référence inscrit sur votre avis d'impôt sur le revenu.
Pourquoi le plafond devrait monter à environ 13 060 euros en 2027
Ces seuils ne sont pas figés. Ils évoluent chaque année au même rythme que le barème de l'impôt sur le revenu. Or le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, prévoit de relever ce barème de 2,1 %, soit la prévision d'inflation retenue par le gouvernement pour 2026.
Appliquée aux plafonds actuels, cette hausse donnerait, selon notre calcul, environ 13 062 euros pour une personne seule et un peu plus de 20 000 euros pour un couple, avec près de 3 490 euros par demi-part supplémentaire. Autrement dit, un retraité de plus de 75 ans pourrait déclarer environ 270 euros de plus sur l'année sans perdre son exonération.
Ces montants restent des estimations. Le texte doit encore être examiné et voté par le Parlement, et le taux de 2,1 % peut être modifié en cours de route. Le gouvernement prévient d'ailleurs que, sans loi de finances adoptée, la revalorisation du barème ne pourrait pas avoir lieu. Les plafonds officiels sont ensuite publiés par l'administration fiscale : ceux de 2026 l'ont été le 30 juin.
Ce sont vos revenus de 2026 qui compteront
Pour la taxe foncière 2027, le fisc regardera le revenu fiscal de référence de 2026, celui qui figurera sur l'avis d'impôt reçu à l'été 2027. L'année en cours est donc déjà celle qui décidera de votre situation. Côté âge, l'exonération concernera les personnes ayant plus de 75 ans au 1er janvier 2027, donc nées en 1951 ou avant. La réduction de 100 euros visera celles nées entre 1952 et 1961.
À quoi correspond ce plafond dans la vie réelle ? Pour un retraité seul qui ne perçoit que sa pension, 13 062 euros de revenu fiscal de référence représentent environ 1 210 euros de pension imposable par mois, une fois appliqué l'abattement de 10 %. C'est un ordre de grandeur, calculé avec les règles actuelles : un loyer perçu ou des revenus de placements imposables font monter le total.
Le piège est connu : une pension revalorisée ou un revenu exceptionnel peut suffire à dépasser le seuil de quelques euros. La chute n'est toutefois pas immédiate. Service Public précise que le droit à l'exonération est prolongé pendant deux ans, puis remplacé par un abattement sur la valeur locative du logement, des deux tiers la troisième année et d'un tiers la quatrième.
Ce que l'exonération ne supprime pas
Être exonéré ne veut pas dire recevoir un avis à zéro. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même document, reste due. L'avantage vise par ailleurs l'habitation principale. Pour les plus de 75 ans, il peut s'étendre à une résidence secondaire, à condition de l'habiter. Un départ en maison de retraite ne le fait pas perdre non plus, tant que l'ancien logement n'est ni loué ni prêté.
Et au-dessus du plafond ? Un autre mécanisme existe, quel que soit l'âge : le plafonnement. Il efface la part de taxe foncière de la résidence principale qui dépasse 50 % des revenus du foyer. Il faut pour cela ne pas être soumis à l'impôt sur la fortune immobilière et ne pas dépasser 30 083 euros de revenu fiscal de référence pour une part en 2026. Contrairement à la réduction de 100 euros, accordée d'office, il se demande par réclamation auprès du centre des finances publiques, au plus tard le 31 décembre de l'année suivante.
D'ici au vote du budget, le plus utile est de retrouver son revenu fiscal de référence en première page du dernier avis d'impôt sur le revenu, puis de le comparer au plafond correspondant à son nombre de parts. Si vous remplissez les conditions et que votre avis de taxe foncière ne mentionne aucune exonération, une réclamation reste possible auprès des impôts.
Source : Service Public
