Retraité seul : la classe moyenne commence à 1 748 euros par mois, la pension moyenne reste en dessous

Pour un retraité seul, la classe moyenne commence à 1 748 euros par mois après impôts. Or la pension moyenne, 1 705 euros bruts, reste en dessous.

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Pour un retraité qui vit seul, la frontière passe à 1 748 euros par mois. En dessous, l'Observatoire des inégalités le range dans les classes populaires, c'est-à-dire parmi les 30 % de la population au niveau de vie le plus modeste. Au-dessus, et jusqu'à 3 232 euros, il appartient aux classes moyennes. Ces seuils viennent d'être actualisés à partir des dernières données de l'Insee, qui portent sur l'année 2024.

Le chiffre surprend quand on le rapproche des statistiques de la Drees, le service statistique des ministères sociaux. Fin 2024, la pension moyenne de droit direct des retraités résidant en France atteignait 1 705 euros bruts par mois. Autrement dit, même avant la CSG et les autres prélèvements, le montant moyen versé reste 43 euros sous la porte d'entrée de la classe moyenne.

Un seuil calculé après impôts, pas sur la pension brute

La comparaison mérite une précision. L'Observatoire ne raisonne pas en pension, mais en niveau de vie : il additionne toutes les ressources du foyer (pensions, revenus de l'épargne, loyers perçus...), ajoute les prestations sociales, puis retire les impôts directs. Pour une personne seule, ce total doit atteindre 1 748 euros par mois.

Or une pension brute n'arrive jamais entière sur le compte. Fin 2023, dernière année pour laquelle la Drees a publié un montant net, la pension moyenne s'élevait à 1 666 euros bruts, soit 1 541 euros nets après prélèvements sociaux. En appliquant ce même écart, un retraité seul doit percevoir environ 1 890 euros bruts pour disposer de 1 748 euros nets, avant un éventuel impôt sur le revenu. C'est un ordre de grandeur, car le taux de CSG varie selon les revenus. À l'inverse, un livret bien garni ou un loyer encaissé peuvent compléter la pension et faire franchir le seuil.

Le haut de la fourchette est encore plus éloigné. Au-delà de 3 232 euros par mois pour une personne seule, l'Observatoire fait basculer le foyer dans les catégories aisées, soit les 20 % de la population aux niveaux de vie les plus élevés.

Hommes et femmes, deux réalités très différentes

La moyenne masque de fortes disparités. Fin 2023, selon la Drees, les femmes percevaient en moyenne 1 306 euros bruts de pension de droit direct, contre 2 089 euros pour les hommes. Fin 2024, l'écart atteignait encore 36 %. Il se réduit à environ un quart lorsqu'on ajoute les pensions de réversion, versées après le décès du conjoint.

Concrètement, une retraitée vivant seule avec la pension féminine moyenne se situe nettement sous le seuil de 1 748 euros, même sans tenir compte des prélèvements. Un homme vivant seul avec la pension masculine moyenne se trouve, lui, au-dessus de ce seuil, même une fois les prélèvements sociaux déduits.

En couple, le calcul change tout

La situation familiale pèse autant que le montant de la pension. Pour un couple sans enfant, les classes moyennes commencent à 2 623 euros par mois pour l'ensemble du foyer et s'arrêtent à 4 848 euros. Le seuil n'est pas doublé, car deux personnes partagent le même logement, les mêmes factures d'énergie et une partie des dépenses : les statisticiens comptent le premier adulte pour une part et le second pour une demi-part.

Résultat : un couple dont les deux pensions correspondent aux moyennes masculine et féminine relevées par la Drees dispose d'environ 3 400 euros bruts par mois. Même après les prélèvements sociaux, il se situe confortablement dans la classe moyenne. Seule, la même retraitée figurerait pourtant parmi les classes populaires.

C'est l'une des raisons pour lesquelles la Drees rappelle que le montant des pensions ne résume pas le niveau de vie des retraités :

Le niveau de vie médian des retraités est équivalent à celui de l'ensemble de la population.

Selon le service statistique, des pensions en moyenne plus faibles que les revenus des actifs sont compensées par le fait que les retraités ont beaucoup plus rarement des enfants à charge.

Des seuils qui montent avec les revenus

Ces frontières ne sont pas figées. L'Observatoire les recalcule à chaque nouvelle publication de l'Insee : les classes moyennes regroupent toujours la moitié de la population, située entre les 30 % les plus modestes et les 20 % les plus aisés. Quand les revenus progressent, les bornes suivent. Avec les données 2023, la classe moyenne d'une personne seule commençait à 1 683 euros par mois. Elle démarre désormais 65 euros plus haut, tandis que le niveau de vie médian de la population atteint 2 228 euros.

Pour les retraités, la course est difficile à suivre. D'après la Drees, la pension nette moyenne a reculé de 1,9 % en euros constants entre fin 2013 et fin 2023, les revalorisations n'ayant pas compensé l'inflation sur la période.

Pour savoir de quel côté de la ligne vous vous trouvez, le calcul est simple : additionnez les ressources mensuelles du foyer après impôts, puis divisez le total par 1 si vous vivez seul, ou par 1,5 si vous vivez en couple. Si le résultat dépasse 1 748 euros, vous faites partie de la classe moyenne. Pour les familles avec enfants, les fourchettes détaillées par type de foyer figurent dans notre article sur les nouveaux seuils de la classe moyenne.

Source : Observatoire des inégalités & Drees

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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