Aux Pays-Bas, rester sur la voie de gauche sans dépasser coûte 280 euros depuis le 1er janvier et la loi ne fixe aucune durée : c'est l'agent qui décide

Les Pays-Bas ont fait le choix de durcir les règles du Code de la route, notamment en ce qui concerne la circulation à gauche. Et l’amende est salée.

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Aux Pays-Bas, rester inutilement sur la voie de gauche d’une autoroute ou d’une voie rapide expose à une amende de 280 euros depuis le 1er janvier 2026. Mais attention à la distinction : l’agent constate l’infraction en fonction de la circulation, il ne choisit pas librement le montant à payer.

La règle n’interdit pas toute présence sur la voie de gauche en dehors d’un dépassement. Elle impose de tenir sa droite autant que possible, avec des exceptions, notamment dans les embouteillages. Pour les automobilistes, l’enjeu est donc de comprendre quand leur position sur la chaussée devient injustifiée, plutôt que de compter les secondes.

280 euros pour une règle qui existait déjà

Comme le rappelle le site de l’ANWB, le tarif applicable depuis le 1er janvier 2026 atteint 280 euros pour une circulation inutile sur la gauche d’une autoroute ou d’une voie rapide. Le barème officiel du ministère public néerlandais confirme ce montant sous le code R301, pour les voitures comme pour les motos.

Ce n’est donc pas une nouvelle interdiction apparue avec le changement d’année. L’article 3, alinéa 1, du RVV 1990, le règlement néerlandais de circulation, impose aux conducteurs de :

« se tenir autant que possible à droite »

Les 280 euros ne constituent pas nécessairement la somme finale figurant sur l’avis. Selon le site spécialisé Autoverzekering.nl, il faut y ajouter 9 euros de frais administratifs, soit 289 euros au total. Ce supplément est distinct du montant prévu pour l’infraction elle-même.

Autre tarif à connaître : un dépassement irrégulier par la droite est sanctionné de 320 euros en 2026, selon l’ANWB et le barème officiel. La mauvaise position d’un autre automobiliste ne doit donc pas être considérée comme une invitation à le contourner de ce côté.

L’agent apprécie la situation, pas le montant de l’amende

La règle de placement à droite ne repose pas sur une durée chiffrée. Les « dix secondes » parfois évoquées ne doivent pas être prises pour un délai légal garantissant de pouvoir rester à gauche jusque-là. Le critère déterminant reste la possibilité de circuler plus à droite compte tenu de la situation.

Autoverzekering.nl explique que la constatation passe par l’observation du trafic par un agent, par exemple depuis un pont ou une voiture en circulation. Le site distingue notamment un dépassement en cours, une voie droite obstruée ou la nécessité de suivre une direction accessible depuis une voie de gauche. Ces circonstances ne se résument pas à un chronomètre.

En pratique, une fois le dépassement terminé et la voie droite disponible, il faut se rabattre lorsque cela est possible en sécurité. À l’inverse, une voie occupée ou un obstacle doivent être pris en compte. C’est cette appréciation des faits qui revient à l’agent, et non l’invention d’un tarif personnel.

Les contrôles ne sont pas seulement théoriques. Dans un bilan publié le 5 juin 2026, la police néerlandaise rapporte sept verbalisations pour circulation inutile à gauche lors d’une opération menée le 2 juin dans les secteurs de Noord-Holland, Amsterdam et La Haye. Elle souligne que ce comportement gêne la fluidité du trafic et peut provoquer des situations dangereuses.

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Embouteillages et voies supplémentaires : les cas à connaître

Police des Pays-BasCrédit photo : DutchScenery/ iStock

Dans les embouteillages, l’article 13 du RVV prévoit une exception : lorsque la chaussée comporte plusieurs voies dans le même sens, les conducteurs ne sont pas obligés de suivre celle située le plus à droite. L’ANWB rappelle également que le dépassement par la droite est autorisé dans une file. Il faut distinguer cette situation d’une circulation fluide où un véhicule reste inutilement à gauche.

Les voies supplémentaires ouvertes aux heures de pointe méritent aussi de l’attention. Rijkswaterstaat, le gestionnaire des infrastructures routières, précise qu’une telle voie située à droite doit être utilisée lorsqu’elle est ouverte et que de la place y est disponible. Sa présence ne permet donc pas de conserver systématiquement la voie habituelle située à sa gauche.

Lorsque cette voie supplémentaire de droite est ouverte, Rijkswaterstaat autorise le franchissement de la ligne continue pour y accéder ou la quitter, notamment afin de dépasser. Cette possibilité est liée à son ouverture : elle ne constitue pas une autorisation générale de franchir les lignes continues. Le gestionnaire rappelle aussi l’interdiction d’utiliser cette voie pour dépasser irrégulièrement par la droite.

Enfin, face à un conducteur qui tarde à se rabattre, l’ANWB déconseille de réduire dangereusement la distance de sécurité. Une occupation injustifiée de la voie gauche ne rend pas le fait de coller le véhicule précédent acceptable. Le retour à droite et le maintien des distances restent deux obligations distinctes.

Sources : Ministère public néerlandais, barème 2026 et Rijkswaterstaat

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Camille V.

Au sujet de l'auteur :

Titulaire d'un Master en Communication/Cinéma, Camille V. est journaliste spécialisée dans les intersections entre culture et écologie. Auteure d’un mémoire remarqué sur la Cli-fi (Climate Fiction) au cinéma, elle décrypte pour Demotivateur l'actualité du divertissement (films et séries) sous un angle sociétal et environnemental. Passionnée par l'art et la protection animale, elle apporte une expertise académique et critique à la rédaction de ses dossiers.

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