J'ai remplacé ma bougie parfumée par une casserole d'écorces d'orange et de cannelle : toute la maison sent bon pendant des heures, sans flamme

Des écorces d'orange et de la cannelle qui frémissent dans l'eau suffisent à parfumer la maison. Voici la méthode, les variantes et les limites de l'astuce.

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Les écorces de votre orange du matin n'ont rien à faire à la poubelle. Mises à frémir dans une casserole d'eau avec deux ou trois bâtons de cannelle, elles parfument la maison pendant des heures, sans flamme, sans mèche et sans spray.

Le geste revient chaque automne. Les Américains l'appellent « simmer pot », une sorte de pot-pourri qui mijote doucement sur le feu. Il ne coûte presque rien, puisqu'il recycle des épluchures promises au compost.

Le parfum de l'orange est dans sa peau

L'essentiel de l'odeur d'une orange ne se trouve pas dans son jus. Il est dans le zeste, criblé de minuscules glandes remplies d'huile essentielle. Cette huile est composée à plus de 90 % de limonène, la molécule qui sent l'agrume. La chaleur la libère et la vapeur d'eau l'emporte dans la pièce.

La cannelle ajoute une note plus chaude et plus épicée, qui tient plus longtemps. Les deux ensemble donnent l'odeur typique des cuisines d'automne.

La méthode, étape par étape

Mettez les écorces d'une ou deux oranges dans une casserole avec deux ou trois bâtons de cannelle. Couvrez avec 70 cl à 1 litre d'eau. Portez à ébullition, puis baissez le feu pour laisser frémir doucement, sans couvercle.

Toutes les 30 minutes environ, rajoutez de l'eau. La casserole ne doit jamais se retrouver à sec. Quelques clous de girofle, une étoile de badiane, des pelures de pomme, une tranche de gingembre frais ou une branche de romarin font varier le parfum. Le mélange se garde une nuit au réfrigérateur et peut resservir le lendemain.

La casserole sert aussi à couvrir une odeur de friture, de poisson ou de chou, ou à accueillir des invités dans une maison qui sent bon.

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Une alternative aux bougies parfumées

Ici, rien ne brûle. En 2017, le CSTB et l'Ineris ont mesuré, pour l'Ademe, ce que rejettent 9 bougies parfumées et 9 encens vendus en France, dans une pièce meublée d'une maison expérimentale. Les bougies libèrent notamment du formaldéhyde, jusqu'à 11,8 microgrammes par mètre cube après leur extinction, et des particules très fines, de moins de 100 nanomètres. L'encens fait bien pire. Pendant sa combustion, le benzène grimpe jusqu'à 199 microgrammes par mètre cube.

Les chercheurs ne jugent pas préoccupant un usage courant de ces produits. Ils conseillent surtout d'aérer après utilisation, de ne pas en abuser et de redoubler de vigilance avec les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes asthmatiques.

Ce que la casserole ne fait pas

Elle parfume l'air, elle ne le nettoie pas. Elle ne retire ni la poussière, ni la fumée, ni les microbes. Malgré ce qu'affirment certaines publications, rien ne permet de dire qu'elle « assainit » la maison.

Elle ajoute aussi de la vapeur d'eau. En hiver, quand le chauffage assèche l'air, ce n'est pas désagréable, mais il y a une limite. L'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) recommande de garder l'humidité intérieure sous les 60 %, idéalement entre 30 et 50 %, pour éviter la condensation et les moisissures. Si les vitres se couvrent de buée, coupez le feu. Le même problème se pose avec le linge qui sèche à l'intérieur.

Reste une évidence : c'est une casserole sur le feu. Selon la NFPA, l'association américaine de prévention des incendies, la cuisson laissée sans surveillance est la première cause des feux de cuisine. Ne sortez jamais avec le feu allumé, programmez un minuteur pour vérifier le niveau d'eau et gardez la casserole loin des rideaux, des torchons, des enfants et des animaux.

Source : Ineris & EPA

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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