Cela n’aura échappé à personne. L’été 2026 a été difficile à vivre en France, en raison des vagues de chaleur intenses. Le mois de juillet 2026 a notamment été le mois le plus chaud jamais enregistré dans l’Hexagone.
Ces nombreux épisodes de canicule ont causé près de 8 000 décès, selon les données provisoires des autorités de santé. Ce n’est pas tout. Certaines régions ont aussi été frappées par de violents feux de forêt.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces événements liés au réchauffement climatique peuvent avoir un impact sur l’immobilier. Un habitant du Var songe à se séparer de sa villa car il a peur que celle-ci ne perde sa valeur à cause des risques climatiques.
Interrogé par Figaro Immobilier, il fait part de ses doutes, tandis que des spécialistes donnent leur avis.
Un propriétaire hésite à vendre sa villa dans le Var
Propriétaire d’une maison à Carcès (Var), Éric se souvient avec émotion des incendies qui ont sévi dans la région il y a quelques semaines.
« Entre les incendies et la chaleur, l’été a été particulièrement compliqué. J’ai peur que ça devienne la norme », explique-t-il à nos confrères.
Depuis lors, cet enseignant âgé d’une cinquantaine d’années est face à un dilemme. Il est déchiré entre le fait de vendre tout de suite sa maison, par crainte que le changement climatique n’affecte son prix, ou de rester jusqu’à la retraite, à savoir dans six ans.
Si ce choix est aussi compliqué, c’est parce qu’il est très attaché à sa propriété de 167 m². Et pour cause : il l’a fait construire en 2003 sur un terrain de 3 000 m² entouré d’oliviers. Une villa chargée d’émotions où il a vu grandir ses deux filles.
« Je suis tiraillé entre l’envie de vendre et de rester, car c’est un endroit qui compte pour moi », confie-t-il.
La maison peut-elle perdre sa valeur à cause des incendies ?
Alors que les incendies de cet été ont été ravageurs, le quinquagénaire a vu les flammes se rapprocher de son terrain, bordé d'arbres particulièrement inflammables.
Aujourd’hui, il craint que les feux de forêt et les épisodes caniculaires ne deviennent la norme. Une situation qui pourrait inciter ses voisins à partir. Résultat : cela pourrait faire baisser le prix de sa maison à l’avenir.
De son côté, Éric n’en tirerait donc aucun bénéfice. C’est pour cette raison qu’il hésite à la mettre en vente pour éviter d’en arriver là.
« Je pense à mes filles. Si ma maison perd trop de valeur, je ne pourrai pas leur laisser grand-chose », ajoute-t-il.
Comme le souligne Figaro Immobilier, le Varois a déboursé près de 200 000 euros pour acquérir le terrain et la construction de la villa. En 2011, elle a été estimée à 350 000 euros par un agent immobilier suite à son divorce.
Pour réaliser une plus-value supplémentaire, il compte diviser sa parcelle en deux. Selon les estimations de Figaro Immobilier, la maison avec une partie du terrain vaudrait 445 000 euros. La seconde moitié, elle, de 1 500 m² pourrait être vendue pour 150 000 euros.
Des spécialistes répondent
Face à toutes ces interrogations, des spécialistes se sont penchés sur le cas d’Éric. Parmi eux, Maître Ronan Saizou, notaire à la Chambre des notaires du Var. Il se veut plutôt rassurant quant à la situation du propriétaire.
S’il comprend son questionnement, il assure que ce n’est pas encore le moment de tirer des conséquences. Selon lui, le sud reste une région très prisée par les acheteurs.
« Peut-être qu’un jour, les gens vont le fuir mais ce n’est pas encore le cas », poursuit-il, cité par Figaro Immobilier.
Alexandre Lopez, conseiller immobilier basé dans le Var, partage ce point de vue.
« Le Haut-Var est un marché qui reste dynamique. C’est très convoité par les touristes et les acheteurs étrangers », explique-t-il.
Avant d’ajouter :
« Quand on leur explique qu'il y a eu des incendies dans le coin, ils font le rapprochement parce que ça a été un événement médiatisé. Mais ça ne va pas bloquer leur projet d’achat ».
Néanmoins, les experts pensent que les futurs acheteurs feront désormais plus attention à l’endroit où ils achèteront et privilégieront les lieux constitués de pare-feux naturels, ce qui pourrait entraîner une dépréciation des biens les plus exposés.
À bon entendeur !
